La clématite vigne blanche en "proxi" photo
Dans le prolongement de l'article précédent sur la comparaison d'une focale fixe 50mm lumineux et d'un objectif 105 macro en matière de flou, voilà un exemple de sujets que je préfère traiter au 50mm plutôt qu'en macro: La clématite vigne blanche.
Clématite vigne blanche (Clematis vitalba): une lueur en plein hiver
La clématite vigne blanche (Clematis vitalba) ou Herbe aux gueux est bien connue par tous les photographes macro nature qui refusent de ranger leur objectif macro durant l'hiver. Très commune dans toute la France, sauf en région méditerranéenne, cette plante grimpante présente un intérêt photogénique tout au long de l'année. Mais on passe souvent à côté de sa floraison estivale, ses petites fleurs blanches subissant la rude concurrence de nombreuses fleurs d'été plus colorées. En hiver, en revanche, alors que les sujets macro se font rares, on redécouvre la Clématite vigne blanche. Ses fleurs depuis longtemps fanées se transforment en fruits au duvet arachnéen. En lisière d'un bois, le long d'un vieux grillage, en bordure d'une route, partout, la Clématite Vigne blanche vaporise un brouillard de plumeaux étoilés, et tout photographe macro vient s'y frotter un jour ou l'autre, attiré par la clarté.
Fruits évanescents sur fond de tiges ligneuses
La Clématite Vigne blanche et moi n'étions pas parvenu à trouver un terrain d'entente jusqu'à aujourd'hui. Si je me livre parfois à des essais d'abstraction, j'aime avant tout portraitiser mon sujet: laisser le minimum de détails pour que l'image raconte la plante. Raconter la vigne Blanche, c'est raconter des lianes qui escaladent un grillage et retombent en lourd rideau de branches enchevêtrées, c'est parler fouillis de rameaux, inextricables tiges enlacées. Un sac de noeuds dont je ne parvenais à tirer que quelques gros plans sur les fruits plumeux. Trop blanc, pas assez d'écorce, trop évanescent alors que la clématite vigne blanche évoque la rusticité bien plus que la sophistication.

Une macrophotographie de Clématite vigne blanche réalisée à l'automne. Pas de vue d'ensemble de la plante, mais un jeu de contraste entre la texture des plumeaux et celle du grillage, un jeu de similitude entre la couleur encore rouge des fruits et la rouille.

Une macrophotographie de Clématite vigne blanche réalisée à l'automne. Pas de vue d'ensemble de la plante, mais un jeu de contraste entre la texture des plumeaux et celle du grillage, un jeu de similitude entre la couleur encore rouge des fruits et la rouille.
Le 50mm focale fixe remporte la mise sur ce sujet proxi (ou macro?)
Il y a quelques jours, armée non pas de mon objectif macro mais d'un objectif à focale fixe 50mm, j'ai refait une tentative. De retour à la maison, j'ai visualisé mes images... et regretté de ne m'être contentée que de quelques clichés en coup de vent: cet objectif m'a permis de réaliser le fond flou que j'avais en tête depuis toujours. On y lit l'embrouillamini de tiges ligneuses, alors que deux grappes de fruits plumeux se détachent au premier plan, avec un piqué impossible à obtenir avec un zoom. Pour ce sujet précis (et pour répondre à mon intention), le 50mm a fait mieux et du premier coup que mon 105 macro.

Photographie au 50mm: un fond très suggestif, (voir l'article précédent), qui permet de rendre compte du treillis de branches qui sert d'écrin aux fruits duveteux. En grand format, les grappes de fruits sont nettes, et se détachent sur le fond graphique. Je voulais raconter l'ambiance hivernale, et même le ras-le-bol de cet hiver 2009 qui a commencé le 15 aout 2008!
Désolée, mais voilà une photo-type qui ne "passe pas" en petite taille. Je suis en train de mûrir un article sur l'influence de la taille de la photo sur son interprétation.

Un recadrage d'un détail de la photographie ci-dessus: le fond est beaucoup moins estompé qu'avec mon objectif macro, plus graphique, plus texturé. Les duvets, au contraire, se détachent et émergent de l'arrière-plan.

Photographie au 50mm: un fond très suggestif, (voir l'article précédent), qui permet de rendre compte du treillis de branches qui sert d'écrin aux fruits duveteux. En grand format, les grappes de fruits sont nettes, et se détachent sur le fond graphique. Je voulais raconter l'ambiance hivernale, et même le ras-le-bol de cet hiver 2009 qui a commencé le 15 aout 2008!
Désolée, mais voilà une photo-type qui ne "passe pas" en petite taille. Je suis en train de mûrir un article sur l'influence de la taille de la photo sur son interprétation.

Un recadrage d'un détail de la photographie ci-dessus: le fond est beaucoup moins estompé qu'avec mon objectif macro, plus graphique, plus texturé. Les duvets, au contraire, se détachent et émergent de l'arrière-plan.
Chacun fait la photo qui lui plait...
Dans cet article, je parle de ma démarche personnelle sur un sujet précis. Je ne veux surtout pas donner l'impression d'émettre un jugement de valeur sur la façon plus ou moins floue de photographier la Clématite Vigne Blanche. Il n'y a pas de "bonne" façon de photographier un sujet, mais en connaissant les possibilités de son appareil photo et de son objectif, on acquiert la liberté de faire une photographie qui répond à une intention précise, qui correspond à l'objectif que l'on s'est fixé (dans les deux sens du terme).

Toutes les photographies de l'article sauf la première ont été réalisées au sein d'un buisson dense de clématite vigne blanche en lisière d'une forêt, dans une zone protégée. J'y ai vu plusieurs agglomérats de ce genre: des boules de mousse et de vestiges de fruits plumeux, tous accrochés à 1 ou 2 mètres du niveau du sol. Hasard d'un vent qui tourbillonne, ou nid de rongeurs? (Je n'ai pas osé ouvrir le "nid". Trop peur d'avoir sur la conscience la mort par arrêt cardiaque d'un souriceau trop brusquement sorti de l'hibernation). Si quelqu'un a la réponse?...
___________________________________________________________________
Articles liés: Ces articles peuvent vous intéresser:
Appel à témoin. Hors-sujet insolite: quelle est cette chose?

___________________________________________________________________
Articles liés: Ces articles peuvent vous intéresser:
bonsoir encore un article tres interessant , pour l'aglomera de la derniere image , je pense que ce sont des mulots , un jour ou je me promenais avec mon chien , elle m'en a defait un avant que j'intervienne et effectivement c'etait des mulots , tous etant intacts j'ai remis le nid comme j'ai pu en forme et a sa place ,je pensais que les mulots naissaient sous terre , mais apparement je pense que quand la periode de faire le nid est humide ils trouvent d'autres solutions ...
RépondreSupprimerJ'aime beaucoup ta première photo de clématite : l'opposition entre la raideur agressive des tiges rouillées et la douceur suggérée par les arabesques plumeuses de la clématite...
RépondreSupprimerBonjour Cathy, je me suis promenée aujourd'hui dans un bois et moi aussi je me suis posée la question à propos de ces boules bizarres. Ne seraient-elles pas des pelotes de réjection des oiseaux?
RépondreSupprimerTon article très intéressant amène bien à réfléchir sur le rendu que l'on souhaite d'une image.Je vois à travers tes recherches le constant souci de l'artiste qui recherche le Beau.
RépondreSupprimerMoi qui suis très peu artiste, mais qui souhaite rendre hommage à la beauté de la nature, je cherche toujours à mettre en avant le sujet vivant et le fond, que je veux joli, est un élément second.Il ne doit pas prendre le pas sur l'élément premier!
Je trouve ces réflexions sur la finalité de nos images très intéressantes et grâce au numérique et à l'informatique nous avons une palette d'outils qui nous permettent de nous exprimer!
Mais la formation artistique est indéniablement une richesse et supplante tous les moyens techniques que nous avons à notre disposition.
Bonne continuation et merci de ton importante et variée production que tu mets à disposition de tes lecteurs!
Merci à tous pour vos messages, et concernant le nid, je penche vers la réponse de Laurent: Pas assez dense pour être une pelote de rejection. La prochaine fois (s'il fait moins froid, je me poste à l'affut pour avoir le fin mot.
RépondreSupprimer@ Lucie: Merci pour ce long commentaire: j'ignore si mes "réflexions" esthétiques sont susceptibles d'intéresser. J'ai beaucoup de mal à dissocier le sujet de son environnement, et j'ai du mal à réaliser une photo sans intention préalable (= sans une émotion à transmettre). Je photographie comme l'on peint: un fond esquissé qui doit servir le sujet. Mais toi qui te dis très peu artiste, tu as une intuition esthétique très développée, qui se retrouve dans les émotions qui passent par tes photos.
RépondreSupprimerAlien, je suis sur... cela à démarré comme ça, on est mal.
RépondreSupprimer