Premier soleil de printemps... photographie ratée!
Les sujets d'articles s'entrechoquent dans ma petite tête! Sans compter que les "photos du jour" refont enfin surface, avec le retour des fleurs et des insectes.
Qui dit printemps, rêve beau temps et soleil!... Mais soleil et photographie ne font pas toujours bon ménage. J'ai donc eu envie de rédiger un billet sur le sujet.
Cet article s'adresse à tous ceux qui sont tentés par la macrophotographie ou la "proxi": la photographie en gros plan, que l'on utilise un compact, un bridge ou un réflex numérique. Je ne vais pas me lancer dans les généralités, mais rentrer immédiatement dans le vif du sujet: la lumière naturelle en macro et proxi.
Qui dit printemps, rêve beau temps et soleil!... Mais soleil et photographie ne font pas toujours bon ménage. J'ai donc eu envie de rédiger un billet sur le sujet.
Cet article s'adresse à tous ceux qui sont tentés par la macrophotographie ou la "proxi": la photographie en gros plan, que l'on utilise un compact, un bridge ou un réflex numérique. Je ne vais pas me lancer dans les généralités, mais rentrer immédiatement dans le vif du sujet: la lumière naturelle en macro et proxi.
Photographie en plein soleil: ombre bouchée et lumière cramée
Lorsque l'on fait des gros plans, on se heurte souvent à deux difficultés: gérer la lumière et gérer les ombres.
Trop de lumière (trop de soleil) provoque immanquablement les redoutées "lumières cramées". Ce sont de véritables "trous blancs" dans l'image. Par temps ensoleillé, on réalise des photos très (trop) contrastées: les ombres sont noires, les végétaux sont d'un vert pas très vif, et le moindre reflet sur un brin d'herbe devient blanc. Une situation qui pardonne rarement en photographie rapprochée, comme ailleurs.
Trop de lumière (trop de soleil) provoque immanquablement les redoutées "lumières cramées". Ce sont de véritables "trous blancs" dans l'image. Par temps ensoleillé, on réalise des photos très (trop) contrastées: les ombres sont noires, les végétaux sont d'un vert pas très vif, et le moindre reflet sur un brin d'herbe devient blanc. Une situation qui pardonne rarement en photographie rapprochée, comme ailleurs.
Démonstration en image avec cette photographie d'insecte.
Un syrphe (ou une mouche? j'ai un doute) photographié dans une posture intéressante, en équilibre sur son brin d'herbe. Cette photo a été réalisée au printemps 2008, par un beau temps ensoleillé.
Côté cadrage et netteté, pas de problème. Mais côté lumière et couleur...

Macrophotographie nature d'insecte au jardin: un syrphe (ou une mouche?) en équilibre sur un brin d'herbe par temps (trop) ensoleillé
Le soleil délave les couleurs: les verts deviennent blanchâtres, de même que le corps de l'insecte. pas du tout l'ambiance d'un beau jour de printemps! L'herbe réfléchit les rayons du soleil: le brin d'herbe en haut à gauche est "cramé" (tout blanc), sans compter la tache de lumière cramée sur la tête de l'insecte. J'aurais pu sous-exposer davantage... mais le résultat n'aurait pas été mieux: les zones les plus sombres sont ce que l'on appelle des "ombres bouchées": des zones avec beaucoup de bruit, et impossibles à "rattraper" en post-traitement sur l'ordinateur.
Côté cadrage et netteté, pas de problème. Mais côté lumière et couleur...

Macrophotographie nature d'insecte au jardin: un syrphe (ou une mouche?) en équilibre sur un brin d'herbe par temps (trop) ensoleillé
Le soleil délave les couleurs: les verts deviennent blanchâtres, de même que le corps de l'insecte. pas du tout l'ambiance d'un beau jour de printemps! L'herbe réfléchit les rayons du soleil: le brin d'herbe en haut à gauche est "cramé" (tout blanc), sans compter la tache de lumière cramée sur la tête de l'insecte. J'aurais pu sous-exposer davantage... mais le résultat n'aurait pas été mieux: les zones les plus sombres sont ce que l'on appelle des "ombres bouchées": des zones avec beaucoup de bruit, et impossibles à "rattraper" en post-traitement sur l'ordinateur.
Gros plan sur les ombres bouchées et la lumière cramée:
Voilà un recadrage sur les zones à problèmes: J'ai foncé le brin d'herbe blanc. Mais "lumière cramée" signifie que le capteur de l'appareil n'a justement pas capté son sujet. Au lieu de devenir verte, la zone blanche devient grise.
J'ai également éclairci les zones les plus sombres: mais là encore, pas de bons résultats. On obtient bien un vert plus clair, mais en regardant de près, on s'aperçoit que cette zone est devenue une tache de "bruits" (des petits points).

Recadrage et tentative de retouche des lumières cramées et des ombres bouchées (J'ai un peu forcé la retouche pour une meilleure mise en évidence des problèmes liés à la photographie rapprochée en plein soleil)
J'ai également éclairci les zones les plus sombres: mais là encore, pas de bons résultats. On obtient bien un vert plus clair, mais en regardant de près, on s'aperçoit que cette zone est devenue une tache de "bruits" (des petits points).

Recadrage et tentative de retouche des lumières cramées et des ombres bouchées (J'ai un peu forcé la retouche pour une meilleure mise en évidence des problèmes liés à la photographie rapprochée en plein soleil)
Comment éviter les lumières cramées et les ombres bouchées?
En macrophotographie nature, ces problèmes sont permanents: les végétaux et les insectes ont souvent des surfaces réfléchissantes qui "brillent" au soleil et "crament" à la prise de vue. Au printemps, la végétation n'a pas encore poussé et la terre nue est fréquente. Cette terre nue est très sombre et est une source fréquente d'ombre bouchée sur les photographies au ras du sol. Si une petite tache d'ombre bouchée ne pose pas de problème pour un tirage photographique de petite taille, un développement en 30 sur 40 cm ou un affichage plein écran ne pardonnent pas! Quant aux taches de lumière cramée, là encore, tout est question de proportion: un point blanc sur les élytres d'une coccinelle ou sur une goutte d'eau est acceptable et peut même mettre en évidence l'atmosphère ensoleillée. Mais une une feuille entière ou un coin de ciel cramés sont plus problématiques.
Trouver des boites à lumière en pleine nature:
Impossible de faire des photographies rapprochées par une belle journée de printemps? Pas tout à fait! L'avantage du gros plan, c'est que l'on se contente d'une très petite zone de prise de vue. Un carré de 10 cm de côté peut devenir un véritable paysage vivant. Il faut observer la lumière, avant de chercher à shooter un insecte: trouver une zone sans trop de reflets, éviter de viser le sol pour ne pas avoir de taches noires... et attendre qu'un insecte veuille bien passer par là. Pour la photographie de fleurs, prendre là encore tout son temps pour choisir la fleur qui bénéficie d'une lumière douce, filtrée par la végétation alentours. Et parfois se résoudre à ne pas faire la photo tout de suite, mais revenir une heure plus tard, le temps que le soleil ait tourné.
A force d'observation, on repère très vite ces petites zones qui permettent de belles photos: de véritables "boîtes à lumière" qui adoucissent les ombres et renforcent les couleurs. On se sert de "diffuseurs naturel" (la végétation environnante) qui vont filtrer les rayons trop violents du soleil. (J'ai détaillé l'utilisation d'un diffuseur naturel dans l'article "Le syrphe du persil")

Macrophotographie d'insecte au jardin: un syrphe en train de butiner une fleur jaune de fenouil officinal. Journée ensoleillée, mais la zone de prise de vue ne reçoit pas de lumière directe: les rayons du soleil sont filtrés par les ombelles des fleurs environnantes.
A force d'observation, on repère très vite ces petites zones qui permettent de belles photos: de véritables "boîtes à lumière" qui adoucissent les ombres et renforcent les couleurs. On se sert de "diffuseurs naturel" (la végétation environnante) qui vont filtrer les rayons trop violents du soleil. (J'ai détaillé l'utilisation d'un diffuseur naturel dans l'article "Le syrphe du persil")

Macrophotographie d'insecte au jardin: un syrphe en train de butiner une fleur jaune de fenouil officinal. Journée ensoleillée, mais la zone de prise de vue ne reçoit pas de lumière directe: les rayons du soleil sont filtrés par les ombelles des fleurs environnantes.
Improviser une boîte à lumière au jardin:
Avec très peu de matériel, on peut aussi s'amuser à se fabriquer une "boîte à lumière" en extérieur autour de son sujet. C'est ce que j'ai fait la semaine dernière pour prendre mes photographies de primevère vue d'en dessous et de mouche. (Le prochain article donnera tous les détails).
Le format RAW
Les photographes plus expérimentés gagnent à prendre leurs macrophotographies au format RAW: Une photographie ratée en JPG le restera en RAW, mais on peut quand même rattraper certaines parties si elles ne sont pas trop cramées. Pour les ombres bouchées, le RAW ne fait pas de miracles. Si l'on se décide à prendre en RAW, il est préférable de surexposer très légèrement (sans atteindre la lumière cramée!): on évite ainsi les ombres bouchées, et on réajuste l'exposition des parties claires en post-traitement si nécessaire. (Je reparlerai du format RAW et du post-traitement sur ordinateur plus en détail dans un prochain article).
___________________________________________________________________
Articles liés: Ces articles peuvent vous intéresser:
Kikou !
RépondreSupprimerPasse un bon mardi !
A bientôt !
Merci Cathy,
RépondreSupprimeril ne me reste plus qu'a mettre en application ....
@+
bon là j'avoue c'est trop technique pour moi alors je me contenterais de te dire que la 1ere photo est trop rigolotte à mon avis hihi
RépondreSupprimerbon mardi
bisous bisous
lajemy
merci pour cet article!
RépondreSupprimerc'est vrai que jen'ai pas ta patience a choisir la fleur qui "va bien" et attendre l'insecte! hihi
et c'est vrai que souvent, j'ai des photos "cramées"!
Bon article, réaliste et bien écrit.
RépondreSupprimerJe rajouterai, mais ce n'est plus naturel, que placer une feuille de papier calque entre le sujet et le soleil peut aussi faire l'affaire, mais la mise en oeuvre est bien souvent délicate et fait fuir les insectes...
Bref, la solution d'attendre le bon moment est probablement la meilleure.
Merci pour le commentaire, Olivier, et pour la remarque très pertinente sur la feuille de calque: C'est justement le sujet de mon prochain article! (A venir demain... si tout va bien)
RépondreSupprimerDes choses que normalement l'on sait lorsqu'on pratique un peu la macro mais qu'on oublie sur le terrain dans l'empressement du cliché à ne pas rater et qui se révèle souvent être un véritable bide....
RépondreSupprimerMerci Cathy pour la piqure de rappel que tu as rudement bien fait de m'administrer dans cet article particulièrement réussi.
un peut technique pour moi itou... mais finalement, je ne la trouve pas mal du tout moi ta 1ère photo !
RépondreSupprimermerci cathy de tes judicieux conseils techniques. J'aime bcq la 2ème photo, la évidemment si le jaune avait été en plein soleil, c'était foutu!... On peut aussi mémoriser son exposition en fonction spot sur le sujet plus clair, et après réouvrir un peu avec la touche +ou -, pour éclaircir les zones qui seraient trop sombres. Peut-être un peu ardu mon explication..
RépondreSupprimerEt puis il y a 2 démarches différentes, il y a ceux qui veulent une photo pour identifier l'animal et ceux qui veulent une photo artistique, ils n'auront pas évidemment pas du tout la même façon de les prendre.
Très agréable échange, j'aime bien discuter photo, @+
Merci Haude, pour ces précisions. Pas de problème, je comprends tes précisions sur la fonction spot qui fonctionne... tant qu'il n'y a pas trop de contraste!
RépondreSupprimerPar contre, je ne comprends pas le rapport entre réussir l'éclairage d'une photo et sa fonction documentaire ou artistique: plus une photo sera bien éclairée, plus l'animal sera facile à identifier (une petite tache blanche de lumière cramée au bout d'une aile de libellule peut empêcher son identification! OK, les libellules, c'est ce qu'il y a de pire à identifier!). Ta remarque s'applique plutôt au choix de la profondeur de champ et du flou qu'il engendre. (Même si c'est bien sûr lié à la lumière. En plein soleil, on peut souvent fermer autant que l'on le souhaite si l'on veut une photo documentaire).
En tout cas, merci d'enrichir cet article par tes réflexions. J'aime moi aussi échanger sur nos pratiques photos.