Précédemment sur ce sujet:
Libellule immature en train de sécher: Épisode 3
Cette fois, fini les créatures aux allures de monstres de SF, et retour en territoire plus familier: la libellule a achevé de s'extraire de son enveloppe, et va peu a peu se parer de teintes parfois somptueuses.
Dans cet article, pas encore de couleurs vives, mais des odonates obligés d'exposer leur corps translucide au maigre soleil le temps d'un séchage qui va durcir leurs ailes et leur donner leurs couleurs.
Dans cet article, pas encore de couleurs vives, mais des odonates obligés d'exposer leur corps translucide au maigre soleil le temps d'un séchage qui va durcir leurs ailes et leur donner leurs couleurs.
Libellule immature à contre-jour en image:
J'ai passé beaucoup de temps à choisir quelles photos publier dans mon blog, et (plus tard) quelles photos insérer dans la galerie libellule de mon site. Ce ne sont d'ailleurs pas toujours les mêmes: si le blog se prête bien à des documentaires en images, je sélectionne des photos plus personnelles ou plus artistiques pour le site.
Pour inaugurer la série "Libellules au séchage", voilà une première image à contre-jour.

La fragilité de cet insecte m'a fascinée. Adultes, les libellules ont tout l'air de petits bijoux inoxydables, carrossés de métal ou émaillés. Dans les pays anglo-saxons, elles s'appellent d'ailleurs "dragonfly": de petits dragons volants et voraces. Mais à ce stade de développement, elles paraissent impalpables, vulnérables au moindre courant d'air...
Côté prise de vue, la transparence et le contre-jour font souvent bon ménage. Un bon moyen de mettre en évidence le corps diaphane de la libellule, et les feuilles de roseaux ou rubaniers qui bordent étangs et plans d'eau offrent de beaux fonds graphiques.
Pour inaugurer la série "Libellules au séchage", voilà une première image à contre-jour.

Une photo macro (105mm) de libellule immature incolore. Elle restera encore un long moment dans cette position, son corps et ses ailes trop mous pour se déplacer. On distingue sur son oeil un fil blanc. Dans mon jardin, j'aurai tout de suite soupçonné mon chien d'en être la cause, mais ici, il s'agit plus probablement d'un vestige des filaments qui lient la libellule à la "chrysalide" (voir les photos d'exuvies de l'épisode 2).
La fragilité de cet insecte m'a fascinée. Adultes, les libellules ont tout l'air de petits bijoux inoxydables, carrossés de métal ou émaillés. Dans les pays anglo-saxons, elles s'appellent d'ailleurs "dragonfly": de petits dragons volants et voraces. Mais à ce stade de développement, elles paraissent impalpables, vulnérables au moindre courant d'air...
Côté prise de vue, la transparence et le contre-jour font souvent bon ménage. Un bon moyen de mettre en évidence le corps diaphane de la libellule, et les feuilles de roseaux ou rubaniers qui bordent étangs et plans d'eau offrent de beaux fonds graphiques.
Seconde macrophotographie de libellule cordulie bronzée immature à contre-jour:
Toutes les photographies qui suivront ont été prises à partir du même individu: cette toute première libellule repérée alors qu'une martre m'épiait. La séance photo a duré à peine deux heures alors que le soleil jouait à cache-cache avec quelques nuages. Je suis revenue régulièrement photographier cette libellule. Je n'ai hélas pas pu assister à son envol...

Même position que la photo précédente, et conditions lumineuses très proches. J'ai dû ouvrir un peu plus pour estomper et créer du flou, car l'arrière-plan n'était pas aussi joli que celui dessiné par les longues feuilles de rubanier. On distingue ici aussi les filaments blancs qui lient encore la libellule à sa "chrysalide". La lumière qui traverse le tout dessine un duvet doré sur sa tête. Le contre-jour est plus franc et la lumière plus blanche que dans la première photo, car ici, aucune végétation ne filtre les rayons.

Une libellule immature photographiée à contre-jour (Macrophotographie nature d'insecte odonate).
Ce n'est qu'en visualisant mes images sur l'ordinateur que j'ai pris conscience de la disproportion: comment un si grand insecte peut tenir dans une enveloppe si petite?
Même position que la photo précédente, et conditions lumineuses très proches. J'ai dû ouvrir un peu plus pour estomper et créer du flou, car l'arrière-plan n'était pas aussi joli que celui dessiné par les longues feuilles de rubanier. On distingue ici aussi les filaments blancs qui lient encore la libellule à sa "chrysalide". La lumière qui traverse le tout dessine un duvet doré sur sa tête. Le contre-jour est plus franc et la lumière plus blanche que dans la première photo, car ici, aucune végétation ne filtre les rayons.
Libellule immature: les ailes nacrées d'une cordulie bronzée émergente (photo macro 105 insecte)
A ceux qui en douteraient encore, voilà la preuve que la photographie n'est pas un moyen de représenter la réalité, mais bien de dessiner avec la lumière: cette photographie a été prise au même moment que la précédente, dans les mêmes conditions lumineuses. La seule différence? la position du soleil: soleil de face et contre-jour pour la première, et soleil dans le dos pour celle-ci. On y perd la transparence et le relief du duvet, on y gagne les premières dorures sur le thorax de la libellule et les reflets très particuliers sur les ailes. En photo comme ailleurs, on peut difficilement avoir le beurre et l'argent du beurre. Il faut savoir choisir en fonction de ce que l'on veut mettre en avant. Cette photo est plus "documentaire" mais sans atmosphère particulière, la première esquisse d'emblée l'ambiance, mais le contre-jour cache des détails.


Une libellule émergente qui laisse son corps et ses ailes durcir au soleil (photo macro nature libellule - Etang de la Marne Champagne-Ardenne)
Photo de libellule métallisée: Emergence d'une cordulie bronzée (macrophotographie insecte)
Ces deux photographies ont été prises juste avant mon départ. Il s'agit toujours du même individu. La libellule s'est peu à peu parée d'une belle teinte métallisée, couleur cuivre rouge. Ses ailes présentent encore les reflets caractéristiques des libellules immatures tout juste sorties de l'exuvie: à la fois très transparentes et presque irisées. Inutile de préciser combien les conditions lumineuses modifient ce genre de sujet...
(Pour info: dans ces conditions: soleil versatile et photos qui passent du contre-jour à l'éclairage de face, je mets ma balance des blancs sur automatique et je développe en RAW).
(Pour info: dans ces conditions: soleil versatile et photos qui passent du contre-jour à l'éclairage de face, je mets ma balance des blancs sur automatique et je développe en RAW).

Macrophotographie d'odonate: le séchage de la libellule est presque achevé, et les teintes apparaissent progressivement.
J'ai "enfermé" la libellule dans un recadrage au format carré pour alléger le poids de l'image, en rognant une bande en haut et en bas. La photo d'origine est plus aérée.

Un dernier plan large, qui intègre une fleur jaune de pissenlit en arrière-plan. Malheureusement, j'aurais aimé un fond encore plus flou, mais impossible de l'obtenir sans perdre le délicat travail d'orfèvre des ailes et du corps de la libellule.
Je pourrais retravailler cette photographie avec photoshop pour obtenir plus de flou... mais cela ne serait plus de la photo nature.
Articles liés: Ces articles peuvent vous intéresser:
- Episode 1: une sortie photo iréelle: découverte d'un champ de libellules émergentes
- Episode 2: naissance d'une libellule: émergence hors de l'exuvie (chrysalide)
- Episode 4: libellule jaune émergente à l'avenir compromis
- Episode 5: Dans les yeux des demoiselles et libellules
- Episode 6: Diverses photos de libellules et demoiselles (conseils macro)
- Episode 7: la lumière transforme une libellule métallique en bijou (macro insecte)
- La libellule: inspiratrice d'artistes: Art nouveau, Victor Hugo, Hokusai...
- Une demoiselle immature photographiée en 2008: une naïade aux yeux rouges (Le seul odonate immature jamais rencontré avant aujourd'hui!)
Il faut que je te l'avoue, Cathy : ton "reportage" (je n'aime pas ce mot, mais je n'en ai pas d'autres sous la main actuellement) suscite en moi, à travers ton regard et ta manière toute personnelle de capter l'instant, une réelle émotion face à cette vie si fragile, si inventive, si vraie, qui se transmet et renaît sous nos yeux.
RépondreSupprimerTa libellule, devenue aussi la nôtre désormais, a pris son envol. Mais elle fait partie de nos souvenirs...
Marc
Je trouve fréquemment des exuvies, et vu des immatures en train de sécher mais mon rêve est d'assiter à une émergence. C'est un moment crucial pour elles et très émouvant.
RépondreSupprimerLes 3 dernieres images mo'ont laissé pantois , elle sont magnifique
RépondreSupprimerj'aimerais bien voir l'avant derniere en grand ... SUBLIME l'aspect de l'armure contraste avec les premiere images en contre jour
beau reportage ...
Salut Cathy,
RépondreSupprimerEncore un très beau reportage sur une tite bête que je n'ai pas l'habitude de suivre (ben oui ici, il n'y en a pas). Comme Laurent, les 3 dernières m'ont quelque peu laissé bouche-bée!!! Mais ce que j'ai le plus aimé, c'est la phrase "La séance photo a duré à peine deux heures". Quand je pense que je me plains quand je mets 30 minutes à essayer de faire un oiseau, qui se fait un malin plaisier à me montrer ses plumes arrières alors que j'essaie de faire le focus sur son oeil!!!
@ Marc: J'étais moi-même émue d'assister à ces premiers instants. Et c'est un vrai plaisir de le partager.
RépondreSupprimer@ Marc: J'étais comme toi, et quelques jours avant, je disais la même chose à haute voix. Et voilà qu'enfin, j'y ai assisté.
@ Laubaine: C'est ce qui est le plus spectaculaire: ce corps mou et transparent qui devient métallique, et la libellule qui positionne ses ailes à l'horizontale lorsqu'elles sont assez dures.
@ Chris: Cette journée était vraiment spéciale... Les immatures sont immobiles, et je n'en avais jamais vu autant! Je crois que je ne suis pas prête de revivre ça.
Bonjour,
RépondreSupprimerAujourd'hui jeudi et un grand weekend dès ce soir...
Alors direction la campagne !!!
En plus il fait super beau et même chaud aujourd'hui.
Mais il annonce de l'orage pour la fin d'aprèm...d'ailleurs les nuages arrivent !!!! pffff
Gros Bisous et bon weekend ! A+
LAETI
elles sont splendides tes photos !!!
RépondreSupprimerEnfin !
RépondreSupprimerT’ite libellule
A réussi à s’extraire,
Non sans mal,
De ce corset
Trop étroit à son goût !
Et là, stupéfaction
De notre t’ite libellule
Tellement étonnée
De voir cette étrange
Boîte si étroite !
« Mais comment diable
Ai-je pu y tenir à l’aise
Pendant aussi lontemps ? »
Et elle termina sa séance de séchage
Sans passer par la phase essorage !
Biseeeeeeeeeeeees de Christineeeeeeeeeee
PS / SUPER !
NB. Pour un séchage plus efficace,
Penser aux pinces à linge !
Cf. notre ami Gérard :
http://photoplap.over-blog.com/article-31111418.html
quelle fragilité dans ces corps de libellules... je n'en vois pas beaucoup au jardin, car il n'y a pas beaucoup d'eau par ici...
RépondreSupprimerBonjour Cathy, je n ai pas encore vu de libellules au cours de mes promenades, les endroits ne sont peut être pas propices. Je vais observer avec plus d'attention...
RépondreSupprimerBonne journée !
j'aime beaucoup cette série, très poétique !!!
RépondreSupprimerBonjour Cathy,
RépondreSupprimerImpressionnante cette série. Je ne connaissais pas et autant te dire que je reste bouche bée. C'est vraiment bien réalisé. Bravo à toi.
@ Foise: Pour moi aussi, c'était un rêve, que j'exprimais à haute voix quelques jours avant cette sortie! Je te souhaite la même rencontre.
RépondreSupprimer@ Laëtitia: Profite bien de ton week-end! Bisous
RépondreSupprimer@ Christineeee: Merci pour la belle ritournelle!
@ Anne-Marie: c'est vrai qu'il faut souvent s'approcher de zones humides pour les voir.
@ Isabelle: Il suffit d'être là au bon moment: elles commencent à émerger. J'espère que tu en rencontreras
@ Pauline: Merci et bon week-end
@ Les petits bretons: J'ai moi aussi appris des tas de choses, en quelques jours. c'est vraiment impressionnant! Merci pour la visite et bonne soirée
Très bel article, et non moins belles photos de la Cordulie bronzée (Cordulia aenea) pour les 3 dernières. Une belle rencontre mise en image !
RépondreSupprimer@ Jma: Merci pour la visite, et pour la confirmation d'identification. La seconde photo est également une cordulie bronzée, c'est le même spécimen que les suivantes. (Je suis attentive à tout ça, depuis que des spécialistes d'entomo m'ont fait gentiment remarquer qu'il ne fallait pas lâcher son sujet des yeux pour pouvoir affirmer qu'il s'agit d'un même spécimen d'une photo à l'autre...)
RépondreSupprimerTrès belle cordulie.
RépondreSupprimer