photographe macro et oiseaux: Des relations saisonnières
L'hiver, on remplit la mangeoire en échange de quelques photos
Ceux d'entre vous qui passaient de temps en temps dans mon ancien blog le savent: les oiseaux et moi entretenons des relations ambiguës!Chaque hiver, c'est la même histoire: invisibles l'été, tourtereaux, passereaux et autre volaille pointent le bout du bec, piaillent et réclament à corps et à cri la ration quotidienne.
N'étant pas dénuée de tout sentiment, je cède à leur requête et ouvre le self-service dès les premières gelées. Graines, pommes et boules de graisse à volonté!
Mais ma générosité a des limites! Et il me faut bien apprendre à cette bande d'affamés que rien n'est gratuit en ce bas-monde. C'est ainsi que de temps en temps, je me poste dans le jardin et je viens réclamer mon dû: quelques heures de pose! Je considère que ça n'est pas trop cher payer!
Photo d'oiseau: mésange bleue et mésange charbonnière

La mésange bleue est sans conteste la plus conciliante: poseuse, confiante et toujours prête à se donner en spectacle: crête ébouriffée de plumes sur la tête, jonglage avec une graine ou chamailleries avec ses comparses, elle a répondu présent à chacune de mes séances photo de cet hiver.

La mésange charbonnière, plus discrète que sa cousine bleue, et aussi plus difficile à photographier en raison de ses couleurs plus contrastées, s'est malgré tout pliée de bonne grâce aux séances de prise de vue
Photo d'oiseau: un rouge-gorge au crépuscule

Le rouge-gorge solitaire de mon jardin... Il a fini par céder lui aussi à ma requête et faisait fréquemment une étape sur cette branche en fin d'après-midi: une branche qui était l'une des seules à jouir des derniers rayons du soleil bas d'hiver.
Si les sujets photos sont plus rares, et les conditions de prise de vue plus difficiles, la lumière d'hiver demeure la plus belle!
Si les sujets photos sont plus rares, et les conditions de prise de vue plus difficiles, la lumière d'hiver demeure la plus belle!
Au printemps: fin du nourrissage
Au printemps vient l'heure de solder les comptes: j'ai quelques photos dans mon disque dur, et les oiseaux entament dans la saison des amours le ventre bien rempli. Je coupe donc les vivres, et j'oublie tous ces facétieux emplumés jusqu'à l'automne suivant pour me consacrer à leurs proies: le petit peuple des insectes.Mais voilà que les oiseaux en réclament toujours plus! Non contents que l'on veille à leur garnir la mangeoire l'hiver, voilà qu'ils nous mettent à contribution dès le mois de juin!
Photo d'oiseau sur fond de fleurs roses: la viorne d'hiver

Honte à moi, inculte en ornitho: j'ignore le nom de cet oiseau!
Il est posé sur une branche de viorne d'hiver, un arbuste qui n'aurait rien de spectaculaire s'il fleurissait en été. Mais il a la bonne idée de fleurir dès le mois de décembre: de petites fleurs roses bien avant les feuilles qui se renouvellent jusqu'en mars et offrent un décor coloré aux photos d'oiseaux.
Il est posé sur une branche de viorne d'hiver, un arbuste qui n'aurait rien de spectaculaire s'il fleurissait en été. Mais il a la bonne idée de fleurir dès le mois de décembre: de petites fleurs roses bien avant les feuilles qui se renouvellent jusqu'en mars et offrent un décor coloré aux photos d'oiseaux.
Le couple de merles du jardin et l'oisillon:
Le premier oiseau à être venu frapper à la fenêtre en ce mois de juin fut un merle:Chaque hiver, un couple fréquente assiduement la mangeoire, avec une nette prédilection pour les quartiers de pomme. En réalité, il n'a même pas besoin de tenter une percée à la mangeoire: je lui dépose graines et fruits en haut d'un mur, d'où il peut dîner tranquille.
Au printemps, les merles suivent pas à pas les travaux au jardin: un peu de terre retournée, et les voilà qui s'y précipitent pour nettoyer le sol de toutes ses larves.

Les années passées, nos relations s'arrêtaient là. Mais la semaine dernière, les merles et moi avons été forcés de renouer le contact:
Six heures du soir. Les chats devenus vieux rentrent et se schotchent à la porte du placard qui contient leurs croquettes, miaulant à faire pleurer.
En bruit de fond, un piaillement indistinct. Trop obsédés par l'idée d'une gamelle bien remplie, les matous n'entendent rien. Rompue à leurs minauderies en vue d'avancer l'heure du souper, je leur lance un laconique "C'est pas l'heure..." et je quitte la pièce.
Dans le salon, les miaulements s'estompent... mais les piaillements s'affirment. Des cris inconnus, déterminés, presque excédés. Je me dirige à l'oreille, j'ouvre la fenêtre... pour y découvrir une petite boule de plumes montée sur ressort qui réclame pitance à bec déployé!
Branle-bas de combat côté maison: les chats ont gagné. On verse la ration du soir et on ferme tous les accès à l'extérieur. Petit tour par le jardin, histoire de voir qui se cache effectivement sous la fenêtre. Il s'agit tout simplement d'un jeune merle aventureux qui a décidé de quitter le nid familial avant de pouvoir voler!
L'un sur le pignon de la maison la plus proche, l'autre dans le vieux poirier du jardin, les parents veillent. Tout va bien, l'oisillon n'est pas abandonné.
Un jeune merle tombé du nid sous le regard de ses parents:
Retour à l'intérieur, histoire de vérifier quelle est la conduite à tenir en pareille situation. Merci internet! En quelques clics, j'ai confirmation de ce que je pensais: il est tout à fait normal que de jeunes merles passent les derniers jours de nourrissage famillial au sol: les parents se relayent jusqu'à l'envol.
Jeune merle tombé du nid dans le jardin
(Pour info: j'ai réalisé cette photo avec l'objectif monté sur l'APN: mon objectif macro. L'oisillon était dans un coin très sombre, j'ai donc dû monter en ISO + un petit coup de flash très sous-exposé par peur de l'aveugler. (J'ignore si les oiseaux sont sensibles à un flash trop intense?)
Surveillance discrète: quelques minutes plus tard, les parents se rapprochent, et la première béquée ne tardera pas. Tout va bien, il ne reste plus qu'à espérer qu'aucun prédateur ne le trouvera durant la nuit.
J'ignore ce qu'est devenu ce petit merle, mais je veux y croire: le lendemain, plus de traces, pas de plumes non plus dans le jardin. On a aperçu très tôt des merles volants: l'ado? les parents?... difficile à dire, mais aucun signe d'affolement, tout le monde était très calme.
Fin de l'histoire?... Pas vraiment! Quelques jours plus tard, la volaille a remis ça: même signal, même endroit, seul l'oiseau avait changé. Pas un jeune merle, cette fois, mais un petit choucas lui aussi tombé du nid! (Article à venir)
La photo d'oiseaux et moi:
Lorsque j'observe les oiseaux, je pense aux superbes photos que certain(e)s parviennent à réaliser. J'en comprends d'autant mieux la difficulté, les longues heures d'affut discret (JiPehel ou d'autres se reconnaîtront). Les photos de cet article n'ont d'autres prétentions que de m'avoir permis quelques séances photos hivernales, une saison où mes sujets de prédilection se font rares. Les photographies ont été réalisées avec un vieux zoom téléobjectif sigma rescapé d'un équipement argentique et non optimisé pour le numérique. Manque de piqué, manque de luminosité, une bague de mise au point manuelle imprécise, mais avant tout un plaisir à partager quelques instants l'intimité de ces emplumés affamés.___________________________________________________________________
Dans le blog: Histoires d'oiseaux tombés du nid:
J'ai lu avec beaucoup de plaisir le récit de tes relations avec le petit monde des oiseaux du jardin!
RépondreSupprimerTes petits quémandeurs hivernaux vivent à tes côtés et te préparent de nouveaux sujets pour l'automne!
Le bel oiseau, très discret sur ta viorne est un accenteur mouchet.C'est une espéce protégé!Très belle photo!
Les merles se débrouillent en général très bien pour surveiller leurs petits.J'ai vu une merlette faire avancer son petit avec des vers de terre dans le bec! Quand le petit était proche d'avoir la récompense, elle avançait de 4 à 5 sautillements! Et le petit l'a suivi dans un fourré bien dense!
Mais c'est bien sûr aussi le moment où ils sont le plus vulnérables : une pie avait ainsi attaqué un jeune merle et toute la famille du jeune: parents mais aussi d'autres adultes, s'est dressée en face de la pie! Hélas, l'issue fut tout de même tragique.
J'espère que tes petits protégés pourront venir goûter pommes et graines à l'automne!
@ Lucie: je me doutais bien que mon oiseau inconnu ne le resterait pas bien longtemps! Cet accenteur mouchet est venu se poser à trois mètres de moi en fin d'hiver. J'ai eu le temps de faire cette unique photo (qui manque un peu de netteté sur l'oeil, hélas. Je me suis sans doute mise à trembler d'émotion ;-))et il s'est envolé. J'ai trouvé sa silhouette très gracieuse. Je l'ai aperçu de temps en temps par la suite, mais cette fois, beaucoup plus distant!
RépondreSupprimerEt c'est vrai que les merles font de très bons parents. Quant à nous, on essaye de faire ce que l'on peut si nécessaire, mais on ne peut pas éviter une sélection naturelle. Dans ce cas là, le petit était vraiment sous nos fenêtres, et les parents n'osaient pas venir si près de la maison.
Et j'espère que tout ce petit monde me laissera quelques cerises et groseilles: sinon, je me vengerais cet hiver!
SAlut Cathy,
RépondreSupprimerEt bien, surprise, des bêtes à plumes sur ton blog. Tu te débrouilles très bien aussi avec les oiseaux et ton talent de photographe y fait pour beaucoup. Ces photos sont magnifiques et j'aimerai bien les avoir dans ma boite!!!
Ton oiseau non identifié semble être un accenteur mouchet. Tu devais pouvoir le trouver facilement sur un guide ornitho!
Amitiés,
Chris
comme chris je fut surpris par cette publication , nostaligie de l'hiver ? non j'en doute :) l'histoire du petit merle est bien venue, car souvent le premier reflex est de le mettre a l'abris et de l'isoler alors qu'en fin de compte ce souci de protection peut se reveler etre une erreur ...
RépondreSupprimertu racontes aussi bien les oiseaux que les insectes, et j'ai pris plaisir à suivre les aventures de tes amis ailés... j'aime beaucoup le rouge gorge sur les branches nues.
RépondreSupprimerCe petit accenteur, on ne peut pas le manquer, il a un des chants les plus mélodieux du jardin, il s'entraine beaucoup en chorale avec la grive musicienne dont il n'a rien à envier.
RépondreSupprimerIl niche dans les buissons, souvent dans les branches basses, on l'appelle aussi traine-buisson, mais il chante perché en hauteur, parfois sur les fêtières des maisons, un peu comme les troglodytes.
...beautiful little birds! In the first photo it looks as if he's balancing a seed on his bill--very cute!
RépondreSupprimer@ Chris:Merci! Mais les bêtes à plume resteront denrée rare sur ce blog... C'est seulement que depuis une semaine, les petits tombent des nids comme des mouches!
RépondreSupprimer@ Laubaine:Aucune nostalgie! Juste une rencontre imprévue avec les futurs quémandeurs de cet hiver... Et c'est vrai que l'on n'a pas toujours les bons réflexes dans ces situations. Je vais d'ailleurs mettre en lien dans le blog les différents conseils que j'ai trouvé.
@ Anne-Marie:Merci! Le rouge-gorge à la lumière du soir a été mon sujet préféré pour ses couleurs chaudes, mais les mimiques des mésanges bleues m'ont également séduite. Suite dès l'hiver prochain...
@ Kelly:Thank you! The first bird was a little clown!
@ La sauvagine: Un grand merci pour ces précisions. Je suis encore novice en observation d'oiseaux, mais j'ai tout de suite repéré celui-là: tout en délicatesse. Mais il n'est que rarement présent au jardin, il a du y faire une étape quelques temps avant de repartir ailleurs.
RépondreSupprimerTu as là une belle série de ces petits oiseaux.
RépondreSupprimerPour le merle, tout va pour le mieux et c'est le principal.
Je te souhaite un bon week-end
A très bientôt
hier, lors d'un apéritif dinatoire avec des amis, nous entendons un bruit suspect sous le laurier...un merle "ado" est tombé du nid ; son frère , pas de chance est lui tombé dans le seau d'eau à coté ! et notre jeune piou-piou s'en va d'un virevoltage echoué ...dans notre chambre dont la porte est ouverte ...fichtre !gant en latex, et zou exit le piou-piou. la mère fait diversion en me "fonçant dessus".nous replaçons son petit dans un pot de fleurs vide calé dans les branches...3secondes plus tard superman avait encore loupé son envol!!!au grand mot, les grand moyen cette fois-ci dans un seau (vide!)et accroché à une branche!la nuit tombe, plus un bruit...et ce matin, piou-piou est ressorti du seau et perché sur une branche ! ouf ! papa et maman merle guêtte et encourage le piou- piou belle histoire non?
RépondreSupprimer@ Anonyme: Merci pour cette belle histoire, et longue vie à ce jeune intrépide ;-)
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