Sortie photo libellule dans une prairie naturelle:
Les mots bleus d'hier se sont mués en pixels automnaux: plus de ciel d'orage, mais un petit matin qui fait scintiller de rosée les pâtures dans une fraicheur sucrée qui sent la mûre et le chèvrefeuille.Au dessus de ma tête, un noisetier aux feuilles déjà couleur maïs. Au sol, des herbes encore vertes grâce à l'humidité de l'étang. Entre les herbes, un éclair bleu sur une tache rouge: Bleu azur d'une demoiselle. Pourpre veiné de vert d'une feuille fanée de pissenlit.
Caché derrière une feuille de pissenlit, l'agrion ne montre que ses yeux bleus. Mais le plan large permet de composer avec l'ombre de l'insecte qui transparait à travers la feuille de pissenlit.
Je plonge vers le sol à la rencontre de cette petite fée des prairies. C'est elle qui a choisi la lumière: un demi-contrejour qui mêle un camaïeu de verts au brun de la terre. Un brun sombre qui fait écho au pourpre qui déjà se dessèche et craque sur les bords.L'heure de la toilette chez les demoiselles:
(J'espère qu'un tel titre ne va pas amener ici trop de visiteurs en quête d'une autre sorte de "demoiselle"...)J'en connais une qui aurait sans doute apprécié autant que moi la scène (Lucie, tu te reconnaitras sans doute, toi qui nous a montré tant d'insectes "au nettoyage"). Ce petit agrion bleu m'a offert toute une série d'images: on frotte l'oeil gauche, on fait pivoter la tête, on mord sa patte, on passe à l'oeil droit.

Une photo extraite de la série d'images "agrion à la toilette"
Un plan un peu plus rapproché mais qui permet de conserver le jeu d'ombre du corps de l'insecte, sans qu'il ne soit trop à l'étroit.
Gros plan sur les yeux bleus d'un agrion (photographie libellule et demoiselle 105 mm macro- Champagne Ardenne)

Là, je triche... Je ne suis pas adepte des cadrages serrés. D'ailleurs, les objectifs donnent rarement le meilleur d'eux-mêmes lorsque l'on est au plus près de la bête. Cette photo est donc un recadrage qui montre bien que l'on peut être une charmante demoiselle, et ne pas prendre le temps de s'épiler... Sans compter que la belle a perdu l'une de ses antennes.
Photographier les libellules au petit matin (pas trop tôt quand même...):
Dans la grande famille des libellules (les odonates), les petits agrions sont peu farouches. En début de matinée, encore engourdis par la fraicheur de la nuit, ils se laissent facilement approcher. Je marche tout doucement dans les herbes. Dès que je repère une demoiselle qui s'envole sur mon passage, je tente d'évaluer son tempérament: assez réchauffée pour se montrer hyperactive, ou au contraire assez indolente pour tolérer ma présence. Plutôt que de suivre un même insecte jusqu'à parvenir à le fixer sur le capteur, je préfère arpenter un même endroit jusqu'à trouver l'insecte qui manifeste de bonnes dispositions à mon égard. (Un endroit se résume souvent à 1 mètre carré, en macro.) A chacun sa méthode, et je sais les avis partagés sur le sujet, certains photographes préconisant de s'attacher prioritairement à l'insecte.Les yeux bleus d'un agrion à contrejour: conditions de prise de vue, gestion des contrastes et de la lumière
Toutes les photos prises au ras du sol, avec angle de vue plongeant, exigent une gestion soignée de la profondeur de champ. Si une touffe d'herbes longilignes crée un fond graphique intéressant, orienter son viseur vers le sol procure un arrière-plan souvent confus, sombre et inesthétique. Difficile d'y trouver des lignes de construction, et d'éviter les zones d'ombre bouchée. La solution? travailler à grande ouverture, pour avoir la plus petite zone de netteté possible et fondre l'arrière-plan dans le flou.Autre difficulté: la lumière. La fameuse "balance des blancs" de l'APN a tendance à perdre les pédales dans ces conditions. Un développement RAW permet de rectifier si nécessaire cette balance des blancs, et d'éviter ainsi une dominante colorée inadaptée ou irréaliste sur l'image.
Enfin, une dernière difficulté (qui me faisait jusque là souvent renoncer d'emblée à ce genre de photo): la gestion des contrastes lumineux par l'appareil photo: entre les zones les plus sombres complètement à l'ombre de l'image, et les contrejours... Un véritable grand écart est demandé à l'APN pour concilier une telle amplitude. Le résultat en est hélas souvent soit des zones cramées dans les hautes lumières, soit des ombres bouchées. Là encore, la solution , c'est souvent la prise de vue au format RAW: on surexpose à la limite des lumières cramées (en vérifiant les courbes sur son écran LCD). La surexposition permet de limiter le bruit dans les zones les plus sombres. Au postraitement, il suffit de réajuster la luminosité.
Bien sûr, si la photographie est destinée à un affichage web, inutile de paniquer: le bruit, qu'il soit chromatique ("bruit de couleur") ou numérique (bruit dû à la montée en ISO) ne pose généralement pas de problème et le redimensionnement+la compression le rendent souvent invisible.
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Le capteur du D300 (ou du D300S) et la gestion des hautes et basses lumières:
Une dernière remarque à ceux qui seraient tentés de profiter des derniers D300 avant la mise sur le marché du D300S (= un D300 avec vidéo -Très réducteur... je sais- et j'ignore en réalité si le D300 sera encore longtemps commercialisé?).C'est dans ce genre de conditions que je mesure la liberté que m'offre ce nouvel APN: Il gère beaucoup mieux la balance des blancs et propose une sortie JPEG de très bonne qualité. Mais ces deux éléments sont un petit plus que je compensais par un développement RAW avec mon précédent APN: le D80. (Je prends toujours en RAW+JPG)
Le principal avantage, c'est la meilleure qualité du capteur: des photos plus piquées, avec plus de détails, et surtout une bien meilleure gestion des hautes et basses lumières. Plus d'ombres bouchées à craindre (ou presque...), des détails dans les zones sombres ou très claires. On joue réellement à photographier la lumière, plutôt que de sans cesse réfléchir à éviter le bruit. (... Et j'attends avec impatience que le vent tombe, pour continuer à jouer!)
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Ton article est très intéressant et ta demoiselle est si jolie :)
RépondreSupprimer@ Darthmagus: Merci! Je suis toujours en phase "expérimentation", alors, je risque de raconter encore plus que d'habitude mes déboires et mes bonnes surprises... J'espère que les visiteurs tiendront le coup ;-)
RépondreSupprimerDe retour de "vacances" (curieux mot pour un retraité !), où j'étais privé de mon ordinateur, je constate, Cathy, que l'été brûlant n'a pas ralenti ton ardeur et ta "production". J'ai donc quelques leçons de retard par rapport à tous les élèves de la classe !
RépondreSupprimerQuelle divine surprise, pour commencer, avec les yeux bleus-de-chez-bleu de cette sympathique demoiselle ! Outre l'aspect esthétique et la qualité des informations à laquelle tu nous as habitués, je suis bluffé par ta technique de prise de vue. Tu me surprendras toujours...
Merci pour cette "rentrée" toute en douceur et en beauté.
mazette quel regard ! comment résister a des yeux si bleus, superbe...
RépondreSupprimerJe vois que tu le maîtrises déjà bien !!
RépondreSupprimerBon week-end
Oh MY Goodness!! That is one of the coolest images I've ever seen. A bug with blue eyes...fantastic!!
RépondreSupprimerOn ne résiste pas à de si beaux yeux!Et en plus si tu as assisté au spectacle de la toilette! La demoiselle est vraiment douée car elle s'occupe en même temps de ses pieds et de ses yeux!Quel artiste!
RépondreSupprimerJe vois que le D300 t'apporte beaucoup de satisfactions.C'est dans les situations difficiles que l'on mesure le mieux les progrès accomplis.Tu vas nous régaler avec de superbes images!!
Bonsoir Cathy,
RépondreSupprimerJe me demande juste comment une si petite créature peut être si impressionnante.
Quant à la stratégie que tu évoques pour capturer un insecte, pour moi, ce qui est important, c'est finalement la nature du terrain: trop en pente ou bourré de cavités, voilà que je deviens plutôt prudente. Pragmatique en fait.
Coucou Cathy...
RépondreSupprimermerci pour ta visite et ravie de decouvrir ton espace...ou se baladent de bien belles demoiselles...
super ton blog...je reviendrai pour une visite plus prolongée ...
bonne semaine...:o)
Salut Cathy,
RépondreSupprimerOuah les 3 photos sont magnifiques. Tu as l'air de t'amuser avec ton nouveau joujou! Je rêve moi aussi de pouvoir passer en gamme supérieure, mais ce sera pas pour tout de suite, c'est encore un peu cher pour moi!!
@ Marc: Quel plaisir de te retrouver! Oui, fin de vacances avec la surprise d'un nouveau boîtier, qui me permet d'aller un peu plus loin dans la quête de nouvelles images. Pour l'instant, c'est la bonne volonté de mon nouvel APN qui me bluffe!
RépondreSupprimer@ Nadège: Oui, une vraie midinette, la demoiselle ;-)
@ Xavier: Oui, ça y est: je suis à l'aise avec!
@ Kelly: Thank you :-)
@ Lucie: Même si l'insecte (elle ou ses cousines) est commun, ses beaux yeux méritent que l'on renouvelle sans cesse les compositions et angles de prise de vue. Et comme tu l'as deviné, je boude un peu les images "standard" en ce moment, pour tester l'APN en conditions + difficiles. Et je lui reconnais de se sortir sans mal des difficultés que je lui impose. Tant mieux: je pourrais profiter de l'automne et de ses lumières si belles, mais aussi si capricieuses.
@ Monic: La demoiselle si charmante est aussi une véritable prédatrice impitoyable!
@ Clo: Merci à toi et bonne semaine :-)
@ Chris: Oui, je m'amuse! C'était aussi un rêve, et merci à mon magasin photo préféré! La photo numérique, c'est la ruine, et je me suis rendue compte que j'avais payé + cher mon précédent APN il y a quelques années.
Mais ce nouveau boîtier, ça n'est pas que pour moi. Maintenant qu'il y a 2 réflex à la maison, j'en connais un qui n'a plus aucune excuse pour ne pas se remettre à la photo!
Encore une belle série et quel portrait!
RépondreSupprimerVous êtes une belle libellule go:) Great shot:)
RépondreSupprimerLe D300 est sûrement le meilleur apn de sa catégorie, et comme il se situe sur un segment supérieur au D80, c'est normal qu'il t'en donne plus !
RépondreSupprimerEt je dis cela en toute objectivité puisque j'ai un apn d'une autre marque en entrée de gamme : il n'y a pas "photo" sur la capacité à traiter les images entre un apn d'entrée de gamme et un appareil semi-pro : cela justifie donc bien les différences de prix !
Cdt,
Jma
PS : la demoiselle semble être un agrion à larges pattes ...
@ Coralie: Merci :-)
RépondreSupprimer@ Zmorka: Merci... et vive google translation ;-)
@ Jma: En petit capteur, je crois que le D300 se place effectivement bien (et pas envie de passer en grand capteur: cela impliquerait un nouvel objectif macro avec le changement de focale).
Avec le recul, le D80 se défend vraiment bien dans de bonnes conditions, et la qualité de l'objectif compte autant que la qualité du boîtier, je crois. Et je n'aurais sans doute pas su tirer partie du D300 si je n'étais pas allée jusqu'aux limites du D80. Côté prix, c'est toujours trop cher, mais à part si l'on cherche le dernier cri, ça baisse quand même.
Merci pour l'agrion à larges pattes. Je vais essayer de confirmer, mais je ne crois pas avoir les bons plans en archive.
je suis subjuguée par ce regard bleu !
RépondreSupprimerj'ai découvert ce blog par hasard, et vraiment adoré ! Et complétement craqué sur la première photo ou la demoiselle est cachée par la feuille et où l'on ne voit que ses yeux...
RépondreSupprimerMoi pour l'instant je me contente de mon bridge pour la macro, même si j'avoue qu'un réflex me tenterait bien, mais étant encore étudiante je n'en ai pour l'instant pas les moyens. Je ne me compare pas du tout à vous, mais c'est juste pour dire que c'est possible quand même. ;-p
(je peux vous montrer quelques photos de p'tites bêtes que j'ai prise avec un vulgaire compact ou mon bridge si ça vous dit)
En tous cas je mets votre blog dans mes favoris et je reviendrai bientôt !
Elise, de Courtisols (51), passionnée de photo Nature et scrappeuse
@ Elise: bienvenue et merci pour cette visite de voisinage ;-)
RépondreSupprimerJe dis souvent dans le blog que l'on peut faire beaucoup de choses avec un bridge ou un compact: il faut en connaitre les limites techniques et faire avec. Ce qui fait souvent le plus défaut: la luminosité de l'optique (ou l'ouverture), qui est rarement suffisante pour travailler le bokeh d'arrière-plan.
Très bonne continuation et à bientôt.