Fin de l'été les pieds dans l'eau et l'appareil photo en bandoulière:
Retour le long de l'étang. Petit matin. Herbes doucement brassées par une brise légère. Le soleil a déjà séché les fleurs d'inule (si je ne me trompe pas?...). Je plisse les paupières. Pas le choix: l'étang n'offre qu'une seule berge accessible, et celle-ci est orientée au levant. Tant mieux! J'ai toujours aimé photographier les contrejours.Papillon blanc: piéride à contrejour sur fleur jaune d'inule des marais
Les piérides, ces papillons blancs de chou, de rave ou encore de navet, sont légions en cette saison en Champagne. Si les chenilles trouvées sur mes capucines ont sombré dans les mandibules de quelque prédateur sans aller jusqu'au bout de leur métamorphose, il existe apparemment ailleurs des pouponnières protégées pour piérides! De bonne heure ou en fin de journée, ces papillons se laissent approcher.Le matin, ils sont comme tout le monde: mal réveillés, ankylosés, ils émergent avec difficulté, volètent sur une fleur ou une feuille bien exposée, et rechargent leurs batteries à l'énergie solaire. Peu farouches, ils posent de bon cœur, et s'ils finissent par se lasser, ils ne s'enfuient généralement pas bien loin.

Petit déjeuner au soleil jaune d'une fleur d'inule des marais pour ce papillon blanc piéride rencontré en bord d'étang (Photo nature Champagne-Ardenne, Marne)
Papillon blanc: piéride à contrejour, contreplongée et vue sur le ciel

Papillon blanc qui laisse le soleil passer à travers ses ailes poudreuses: papier de soie, aile effilochée... Le papillon n'est plus très jeune et a déjà de longues heures de vol estival dernière lui... Encore un signe que l'automne approche?
(Photo nature Champagne-Ardenne, Marne)
Photo nature: libellule, demoiselle et goutte de rosée (macrophotographie)
Au bout de l'étang, plus d'inule, mais des herbes, des joncs et des roseaux à perte de vue. On s'agenouille, pieds mouillés. On fouille du regard l'enchevêtrement de lignes vertes. Et l'on finit par découvrir deux points bleus qui nous fixent. La demoiselle ne semble pas particulièrement ravie de l'intrusion. Pourtant, elle aussi a du mal à émerger. Reste à trouver un cadrage qui intègre les lignes gravées par les herbes. Mais il n'y a pas que les herbes pour composer l'image. Il y a également de minuscules gouttes de rosée, qui vont dessiner des trouées de lumière dans les ombres, des halos de fraicheur dans les verts saturés des herbes transpercées par l'astre solaire.
Une demoiselle au réveil: plan large, lignes dessinées par les herbes, et cercles de lumière esquissés par les gouttes de rosée qui répondent aux cercles bleus des yeux de l'insecte. Format horizontal dans un blog au déroulement vertical... Impossible de faire tenir mon image dans la largeur de colonne. Donc pour une fois:
Cliquez pour agrandir
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(Pour l'anecdote, cette série de photos a été réalisée au bord de l'étang qui m'a offert ma première belle rencontre photographique 2009: l'émergence de libellules cordulie bronze au printemps)
Pratique Photo: les gouttes de rosée dessinent des halos de lumière en contrejour
Jouer avec le fond autant qu'avec le sujet, voilà un petit jeu que j'affectionne. Concrètement, comment composer avec ces gouttes d'eau en photo? Voilà quelques conseils sans autre prétention que le partage de ma propre expérience sur le sujet.Ne pas fixer le soleil!
Composition photo: Placer les gouttes dans l'image
Chercher des taches de lumière bien rondes:
Petit rappel: plus on ouvre le diaphragme, plus cette ouverture est circulaire. Dans ce jeu de lumière, la forme du halo lumineux sera celle de votre diaphragme. Un diaphragme fermé (= une petite ouverture pour une grande zone de netteté) dessinera des taches de lumière qui ne seront plus circulaires mais polygonales. (On verra des angles.) Fini la photo nature, on passe dans le fond géométrique, graphique, pop (qui peut être une recherche très intéressante également).
Profondeur de champ et yeux des libellules proéminents: trouver le compromis
Dans ma dernière image, je n'ai pas pu ouvrir autant que je l'aurais voulu, et l'on devine les angles du diaphragme. La faute aux yeux des libellules!
Certains insectes, comme les libellules et demoiselles, ont les yeux très proéminents. Et pour obtenir une netteté suffisante sur ces yeux, il faut se résoudre à augmenter la zone de netteté... donc à fermer le diaphragme... et hélas, à perdre le côté parfaitement circulaire des halos de lumière.
Un plan large... si c'est possible!
Mais rien n'est si simple en photo! Et comme par hasard, lorsque l'on se recule, on repère toujours dans un coin de l'image une gouttelette qui nous fait un clin d'oeil moqueur: celle-là même qui n'est pas bien orientée, qu'il faut éliminer de la composition parce-que son reflet ne demande qu'une chose: crever le capteur d'une belle tache de lumière cramée!
Bref, comme souvent en photo, tout est question de compromis! Et c'est là qu'est toute le plaisir : inventer des images en composant avec les contraintes de la nature, plutôt qu'avec les performances d'un APN ou d'un logiciel de retouche!
Pratique Photo débutant:
Vous débutez en photo? Vous n'avez pas de reflex, mais un bridge ou même un compact? Vous pouvez tout à fait réaliser ce genre de photo. Pas forcément en visant une libellule (la macrophotographie est vraiment facilitée par l'utilisation d'un reflex et d'un objectif spécial "macro"), mais avec n'importe quel sujet un peu plus gros: fleur sur fond de pâture humide...Il vaut mieux abandonner le mode "automatique" et choisir le mode "A"=priorité ouverture. On sélectionne alors son ouverture (plus le nombre est petit, plus l'ouverture est grande, et donc circulaire). L'APN calcule automatiquement la vitesse.
Plus de détails sur la notion d'ouverture et de profondeur de champ ? Suivez le lien... On y parle de flou, mais ce sont exactement les mêmes notions que celles traitées ici: Dans cet article, la seule différence, c'est que je ne cherche pas le flou, mais un diaphragme qui s'ouvre de façon circulaire. Cercle ou flou, il faut emprunter le même chemin pour y arriver...
Pratique photo - Ces articles peuvent vous intéresser:
- Macrophotographie au soleil, ombre bouchée et lumière cramée (pour débutant proxi-macro)
- Macro au soleil: utiliser un diffuseur naturel
- Une autre image qui joue avec des cercles de lumière: demoiselle aux yeux rouges (ceriagrion tenellum)
- Photo de libellule: composer avec l'arrière-plan (flou, halo lumineux...)
Le jeu de lumière sur les ailes est vraiment magnifique!
RépondreSupprimer@ Coralie: Merci. C'est en contemplant un jour une photo de piéride signée Ghislain Simard que j'ai entrevu toutes les possibilités qu'offrait la macro, au delà de la simple représentation d'un sujet. A chaque rencontre avec ces papillons blancs, j'ai une pensée pour cette première rencontre avec la macro.
RépondreSupprimerJe ne suis pas très bon pour les photos artistiques et j'apprends beaucoup en te lisant (même si cela ne produit pas encore son effet).
RépondreSupprimerJ'aime comment tu as composé la seconde photo.
De belles photos, et de bons conseils.
RépondreSupprimerTiens, les paons du jour sont de retour chez moi, je veux dire les nouvelles générations, j'ai surpris de très belles scènes, dommage que tu n'aies pas été là.
LOL
Charmant! Dans les beaux spectacles de lumière:)
RépondreSupprimerCathy, tu es une bible à coeur ouvert! Ben si ca existe, la preuve... Rien de mieux que de lire ce message pour se rappeler les bases à la composition de bonnes photos, moi j'ai tendence à les oublier car je suis souvent trop attirés par le sujet... Tes photos sont comme toujours superbes et le texte très enrichissant.. Merci!
RépondreSupprimerlovely butterflies!
RépondreSupprimerLe contre-jour est une exercice toujours payant ... surtout tôt le matin ou tard le soir !
RépondreSupprimerCdt,
Jma
Bonjour Cathy,
RépondreSupprimermerci de ton passage sur mon blog, j'y fais des photos alors que toi tu fais de la photo !
Superbes piérides, j'aime beaucoup ces photos. Je suis impressionné par tes explications sur la réussite de la libellule aux gouttes de rosée ; je dispose d'un ancien compact, je n'y ai pas découvert la priorité à l'ouverture, mais je mémorise les informations pour le jour où j'aurai un réflex...
Amicalement
Merci pour ces superbes photos et tous ces conseils, c'est déjà moins flou !!!
RépondreSupprimerTes pierrides sont superbes , ce sont des papillonS qui se pretent a merveille aux petits jeux de lumiere
RépondreSupprimernous offrant leurs ailes comme des voiles transparents , ne laissant passer que ce qui nous interesse ...
le sujet sur les gouttes comme composantes du fond est tres interessant ...
@ Darthmagus: Merci, et contente que tu y trouves un intérêt. Et vu ton travail en images de synthèse, il ne reste qu'un tout petit pas pour l'adapter à la photo nature ;-)
RépondreSupprimer@ La sauvagine: Oui, ici aussi les paons du jour sont de retour...
@ Zmorka: Merci
@ Chris: On a tous tendance à oublier... En situation, on ne pense souvent qu'à "capturer la bête". Et si j'écris, c'est pour ne pas oublier de l'appliquer moi-même ;-)
@ Around Scoltand: Thank you :-)
@ Jma: Oui, le contrejour et les effets de transparence, c'est aussi la lumière que je préfère.
@ Thierry: Merci pour ce commentaire... Je ne m'y connais pas trop en compacts, je sais que le mien a un petit "A" dans un coin.
@ Xavier: ... et pourtant, il te faudra du flou pour ces gouttes ;-)
@ Laubaine: Merci. Comme je le disais à Coralie, les piérides en pleine lumière et moi, c'est une longue histoire. Et ils sont particulièrement nombreux, en ce moment!