Cet article parle de l'utilisation d'un réflecteur pour photographier la partie ombragée d'une plante. Il s'adresse à tout photographe (compact, bridge, débutant...), pas seulement aux détenteurs d'appareils photos sophistiqués!
Sortie nature d'automne: Utiliser un réflecteur pour photographier les fleurs et les insectes
La carotte sauvage n'en finit pas de me fournir matière à écrire! Il faut dire que si elle se prête si bien à la photographie, elle a aussi quelques inconvénients... Surtout lorsqu'elle est fanée.Une fois montée à graines, l'ombelle se replie sur elle même et s'assombrit. Elle sert souvent de perchoir aux papillons bleu azur de la famille des lycènes, ou aux petits colliers de corail oranges si jolis à contrejour, avec un rayon de soleil qui traverse leurs ailes. Son coeur à l'ombre sert de cachette à de nombreux insectes: punaises ou coccinelles. Pour réussir à photographier la face sombre de la carotte sauvage fanée, mieux vaut avoir sous la main un réflecteur. J'ai sélectionné cette image de coccinelle prise en septembre 2009, pour montrer à quoi peut bien servir un réflecteur en photo de fleur ou d'insecte.
Rappel: un réflecteur est tout simplement une surface réfléchissante (ou même une simple feuille de papier blanc) que l'on place face au soleil, pour renvoyer de la lumière sur les parties à l'ombre. Pour en savoir plus, voir l'article qui détaille tout ça: Photographie: utilisation d'un diffuseur et d'un réflecteur
Une coccinelle à sept points cachée dans une carotte sauvage:
Dans cette photo, contrairement aux apparences, le soleil est face à moi. La fleur fanée était totalement à l'ombre, et la coccinelle impossible à photographier.
Trois solutions: déplacer la tige pour l'orienter en pleine lumière, utiliser un réflecteur, ne pas faire la photo et passer à autre chose. J'aurais sans doute opté pour la troisième solution, si je n'avais pas eu la bonne idée d'emporter mon réflecteur. (Je ne cite pas l'utilisation du flash incorporé aux appareils photos: il crée une lumière peu naturelle, même sous-exposé, et n'est pas adapté à des surfaces réfléchissantes comme les élytres brillantes de cette coccinelle.)
J'ai orienté le réflecteur de façon à ce qu'il éclaire le coeur. J'obtiens ainsi un double éclairage: le soleil éclaire par derrière, et fait ressortir toute la texture velue de la carotte sauvage. Le réflecteur éclaire la coccinelle et débouche toutes les ombres.

Une coccinelle à sept points (coccinella septempunctata) nichée dans l'ombre d'une fleur fanée
Et si vous regardez bien, une créature inconnue pointe la tête (orange) dans le coin en haut à droite...
Détails des conditions lumineuses: photo prise au soleil rasant de toute fin d'après-midi, et utilisation d'un réflecteur "lumière du jour" (intermédiaire entre doré et argenté), courbé (coincé entre le sol et mon coude, on se débrouille comme on peut!) pour renvoyer la lumière sur la coccinelle. A cette heure-ci, le soleil étant très bas, un réflecteur éclaire énormément. Mais un "réflecteur fait maison" aurait tout aussi bien fait l'affaire!
Trois solutions: déplacer la tige pour l'orienter en pleine lumière, utiliser un réflecteur, ne pas faire la photo et passer à autre chose. J'aurais sans doute opté pour la troisième solution, si je n'avais pas eu la bonne idée d'emporter mon réflecteur. (Je ne cite pas l'utilisation du flash incorporé aux appareils photos: il crée une lumière peu naturelle, même sous-exposé, et n'est pas adapté à des surfaces réfléchissantes comme les élytres brillantes de cette coccinelle.)
J'ai orienté le réflecteur de façon à ce qu'il éclaire le coeur. J'obtiens ainsi un double éclairage: le soleil éclaire par derrière, et fait ressortir toute la texture velue de la carotte sauvage. Le réflecteur éclaire la coccinelle et débouche toutes les ombres.

Une coccinelle à sept points (coccinella septempunctata) nichée dans l'ombre d'une fleur fanée
Et si vous regardez bien, une créature inconnue pointe la tête (orange) dans le coin en haut à droite...
(Débutant) Schéma de l'utilisation du réflecteur: fleur, ombre, soleil, coccinelle
Un petit montage pour concrétiser les conditions de prise de vue de cette image:
Le soleil éclaire directement l'arrière de la plante. Il éclaire indirectement la coccinelle, en se réfléchissant sur la surface brillante du réflecteur.
Remarques:
Plus de détails dans: Photographie: utilisation d'un diffuseur et d'un réflecteurRemarques:
La quantité de lumière renvoyée dépend de nombreux facteurs à prendre en compte. On peut citer:
- L'intensité du soleil (ciel plus ou moins nuageux)
- L'inclinaison des rayons du soleil (dans l'exemple de la coccinelle, le soleil est bas et les rayons se concentrent facilement sur le réflecteur. Résultat: la coccinelle est autant sinon mieux éclairée par ces rayons indirects que l'arrière de la plante est éclairé de façon naturelle)
- La courbure du réflecteur: une surface plane renverra moins de lumière, ou plutôt concentrera moins les rayons en un point précis, qu'une surface courbe concave.
- La surface du réflecteur: un miroir renverra beaucoup plus de lumière qu'une feuille de papier blanc (il renverra même une lumière trop violente dans la plupart des cas)
- ... J'oublie sans doute quelques facteurs?
La qualité de la lumière est fortement dépendante de la matière qui constitue le réflecteur (qu'il soit "fait maison" ou du commerce). On n'utilisera pas la même surface réfléchissante pour traduire l'atmosphère fraiche d'un petit matin, que pour photographier au chaud soleil rasant du crépuscule.
- Une surface dorée renverra une lumière chaude, jaune
- Une surface argentée renverra une lumière plus froide
- Toutes les expériences sont permises...
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Je dirais même qu'il y a 2 petites bêtes jaunes qui pointent le bout de leur nez : il me semble en voir une 2ème un peu plus bas, sur l'axe entre la coccinelle et celle en haut à droite ;)
RépondreSupprimerJe pense que le flash peut aider aussi dans ces cas là, mais en utilisant un diffuseur entre le flash et le sujet et avec les réglages adéquats biensûr. J'ai déjà vu de très bons résultats de cette façon, même si moi-même je ne maîtrise pas encore cette technique :)
En tout cas, c'est une très belle image!
Ouah ingénieux ton système. J'apprends tous les jours en visitant ton blog. tu crois que ca marche pour nos amis à plumes. je doute hein, puis il faudrai d'abord que j'ai du soleil ;-)
RépondreSupprimerSuperbe reportage encore une fois.
@ Coralie: Tu as raison pour l'utilisation du flash+diffuseur, et je suis comme toi: je l'utilise peu, et encore plus rarement en photo d'insectes. (Je le réserve à des situations style "nature morte" ou photos de fleurs) Pas assez à l'aise pour agir vite (et bien?), et je suis plus rapide à dégainer le réflecteur. Je craignais que cela n'effraie les insectes, mais ils sont étrangement plutôt indifférents à ce grand cercle.
RépondreSupprimerPour la seconde petite bête, je n'avais rien remarqué, et je pianote pendant quelques jours sur un ordinateur qui n'est pas le mien. Cet article a été rédigé à l'avance, et je n'ai pas accès à mes disques durs: je regarderai de plus près la version plein écran pour traquer les aliens ce week-end!
@ Chris: Coïncidence: j'étais justement en train de visiter ton blog! Réflecteur + oiseau? Je suis sûre que ça fait des merveilles... avec des oiseaux empaillés! Je ne crois pas que l'on puisse s'approcher assez près... Et pour l'utilisation du réflecteur par temps nuageux: ça marche! On n'obtient pas un éclairage aussi directionnel que dans mon article, mais ça réchauffe la photo d'une lumière très diffuse et l'on gagne généralement un cran. (Je parle de ciel gris... pas noir d'orage!)
RépondreSupprimerEn fait, le réflecteur rend beaucoup de services... et pourtant, je l'oublie très souvent!
Ton article est très intéressant, il faudra que j'essaie d'utiliser un réflecteur. Reste à trouver une astuce ou assez d'adresse pour faire la mise au point du 60mm et réfléchir la lumière avec 2 mains sans rentrer avec une belle collection de flous. Au vu de tes résultats, ça vaut la peine de s'échiner !
RépondreSupprimerPar ailleurs, si tu as évoqué la surface du réflecteur, peux-tu donner une idée des dimensions utiles ? Merci !
@ Darthmagus: Effectivement, c'est parfois du sport (et parfois impossible) de le positionner lorsque l'on est seul et sans aucun bras ou pied pour le fixer. Pour les prises de vue assez basses (comme celle-là), je le coince entre le sol et un genou, un coude... comme je peux pour garder mes deux mains libres. En hauteur, il m'arrive de le coincer dans des branches, avec des pinces (pinces à linge ou à dessin). Parfois, il est plus facile d'utiliser une feuille de papier blanc.
RépondreSupprimerEn macro, pas besoin d'une très grande surface (la petite feuille de papier A4 sous une plante peut suffire pour donner un peu de lumière sous une plante. Elle n'aurait pas suffit pour la coccinelle). J'ai le réflecteur le plus petit que j'ai trouvé, et il fait quand même 50 cm de diamètre. L'avantage des réflecteurs du commerce, c'est leur rigidité pour les coincer (contour en "métal à mémoire" qui se plie sans se déformer). Comme il est grand, il m'arrive de le positionner à l'avance assez loin (cailloux ou branche derrière) vers une touffe de fleurs, en pariant sur le fait qu'elle sera bientôt visitée. ça marche... ou pas! Mais pour insectes + carotte sauvage (ou autre plante basse, je ne suis pas monomaniaque à ce point!), c'est la bonne hauteur pour le coincer et il est très utile.
(Voir aussi les commentaires de l'article que je cite en lien sur les réflecteurs)
Merci pour cet exposé, j'ai enfin compris l'utilité du réflecteur comme quoi il ne faut jamais désespérer !!!
RépondreSupprimer@ Xavier: les réflecteurs, c'est typiquement le genre d'accessoire qui peut paraître réservé à des photographes confirmés, mais qui en réalité est bien plus simple à utiliser qu'un menu de compact ou de téléphone portable! (Simple à utiliser en théorie... En pratique, c'est le règne de la débrouille!) Idéal pour les photos de fleurs au jardin ;-) On a le temps, et les pinces à linge pas loin!
RépondreSupprimerBonjour Cathy,
RépondreSupprimerVoilà de nouveau un article qui me sera très utile. Je retiens l'idée de la feuille de papier blanche A4 ... pour tester d'abord ma souplesse dans des situations plus qu'acrobatiques!
Je file vite afin de lire l'article complémentaire que tu nous proposes.
Merci pour le partage de ton savoir-faire.
j'utilise aussi un reflecteur de temps en temps mais si je te dit ce que je me sert comme reflecteur tu va rire , bon aller je le dit
RépondreSupprimerun plaquette qui servait a maintenir un paquet de saumon fumé rigide , celles qui sont argenté d'un coté et dorée de l'autre :) bien nettoyé par contre autrement y'aurais trop de mouche dans le champs :) le gras avantage a cela ça coute rien... C'est bon pour l'environnement , ça se plie dans tout les sens et ça tien dans une poche de pantalon de treillis :)
mais par contre le reflecteur s'utilise bien pour les insecte stables , punaises coccinelles coleopteres en general mais pour les papillons et libellules c'est pas trop evident ...
Bravo Cathy !!!
RépondreSupprimerMerci pour cette magnifique photo.
Merci pour ton support pédagogique que je vais utiliser.
Moralité .... j'ajoute un déflecteur dans mon sac.
Cordialement,
Lionel
@ Monic: L'avantage de la feuille de papier, c'est que tu peux la déchirer, faire un trou dedans pour la coincer. Pour la souplesse... Essere, mon assistant qui ne tient plus mes réflecteurs depuis qu'il a récupéré mon premier boîtier, a fait quelques photos où je tente de me plier en 4 pour faire mon cliché. Un de ces jours, je vais finir par en publier quelques unes...
RépondreSupprimer@ Laubaine: Tu as raison de pratiquer le recyclage. Pour les papillons, j'ai été surprise de constater que certains (comme les lycènes) y étaient indifférents (mais peut-être n'apprécient-ils pas le saumon fumé ;-) ?). A chacun de trouver son outil idéal. J'ai personnellement besoin d'un réflecteur assez grand que je peux coincer au sol (+ la feuille blanche). De plus, la housse réfléchissante s'enlève et il se transforme en diffuseur: encore un truc indispensable... quand on pense à le mettre au fond du sac!
@ Lionel: En cette saison où les sujets sont moins actifs et la lumière moins bonne, c'est un accessoire utile. (En été, je m'en sers beaucoup moins: les sujets sont tellement nombreux que je sélectionne souvent en fonction de la qualité de l'éclairage)
Un super article qui explique bien tout comme il faut !
RépondreSupprimerCdt,
Jma
@ Jma: Merci.
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