Suite de ma série d'articles sur le problème du vol de contenus "trouvés sur internet". Aujourd'hui, un article sur "toutes les façons faciles de ne pas respecter la propriété intellectuelle", histoire de se faire une idée de l'ampleur du non-respect du droit d'auteur dans les plaines sauvages de la toile. Bienvenus au far-ouest!
- Cet article prolonge "Trouver une image ou un texte sur le net: de la copie légale au vol"
L'emprunt abusif de contenu documentaire:
Il ne s'agit pas de devenir paranoïaque, mais conscient que si l'on veut réellement protéger un contenu, la seule solution consiste à ne pas le publier. De plus, la plupart des emprunts abusifs sont liés à de simples négligences ou à la méconnaissance de cette complexe notion de "droit d'auteur". De très nombreux blogueurs sont persuadés (ou se persuadent?) qu'ils peuvent reprendre n'importe quelle photo trouvée sur Google-images, ou n'importe quel texte documentaire, à partir du moment où ils ne l'utiliseront pas dans un cadre commercial.
Remarque: je ne développe pas ici tous les détails de cette fameuse notion de "droit d'auteur", mais le "droit d'auteur" s'applique à toute création originale. Il ne dépend pas du statut de l'auteur (professionnel ou amateur), ni de l'endroit où sera publié un contenu (page web personnelle ou site commercial)L'emprunt est une pratique courante dans des sites informatifs ou documentaires. L'article qui suit n'a pas la prétention d'être exhaustif, mais un simple retour d'expériences souvent désagréables.
Partage des connaissances: publier un article dans un site d'information:
En automne 2008, j'avais publié un article documentaire sur la coccinelle asiatique dans un site d'information en ligne (Notre planète info). Toutes les informations contenues dans ce site sont protégées: Notre planète info n'autorise pas la reprise d'un article entier (autorisation de reprendre les quelques premières lignes, puis un lien "lire la suite..." qui redirige vers l'article d'origine). Il faut également savoir que même lorsque l'on publie en dehors de son propre blog, on demeure l'auteur d'un texte ou d'une image (sauf si l'on choisit de céder ses droits explicitement).
Un an plus tard, en automne 2009, les coccinelles asiatiques ont refait leur apparition. Avant d'en parler sur ce blog, je suis retournée sur le site "notre planète info", voir mon article. Je me doutais qu'il avait sans doute été repris, et je voulais juste vérifier l'ampleur de ces copies, pour écrire mon nouveau billet en évitant tout risque de duplicate.
Je prélève donc une phrase en début de l'article de "notre planète info", et je la copie entre guillemets dans Google.
Surprise: cet article n'a pas été repris une seule fois selon la procédure autorisée (juste citation des premières lignes). Par contre, il a été intégralement recopié (texte et photos) 8 fois dans d'autres sites ou blogs. Parfois en citant le site de provenance, souvent en se retrouvant signé par le webmestre abusif.
Je précise que la rédaction de ce billet ne me rapportait rien: pas de liens vers mon site, pas de rémunération quelconque ni aucun avantage de type "référencement de mon blog". Je l'ai juste écrit pour faire passer une info.
Suite à ce constat, on hésite à partager nos infos, non? (Que l'information circule, passe encore, mais la "perte" de mes photos me pose plus de problèmes. Faut-il admettre une fois pour toute que tout texte documentaire doit forcément être illustré de photos "bas de gamme" et réserver nos "belles photos" pour un usage uniquement professionnel? Je trouve vraiment dommage de ne pas pouvoir illustrer correctement un tel billet sans accepter implicitement que ces photos seront volées. Je tenais aussi à préciser que je ne tiens absolument pas le site "Notre Planète info" pour responsable de ces utilisations illégales. J'étais consciente du risque, et les responsables demeurent les pilleurs)
Un an plus tard, en automne 2009, les coccinelles asiatiques ont refait leur apparition. Avant d'en parler sur ce blog, je suis retournée sur le site "notre planète info", voir mon article. Je me doutais qu'il avait sans doute été repris, et je voulais juste vérifier l'ampleur de ces copies, pour écrire mon nouveau billet en évitant tout risque de duplicate.
Je prélève donc une phrase en début de l'article de "notre planète info", et je la copie entre guillemets dans Google.
Surprise: cet article n'a pas été repris une seule fois selon la procédure autorisée (juste citation des premières lignes). Par contre, il a été intégralement recopié (texte et photos) 8 fois dans d'autres sites ou blogs. Parfois en citant le site de provenance, souvent en se retrouvant signé par le webmestre abusif.
Je précise que la rédaction de ce billet ne me rapportait rien: pas de liens vers mon site, pas de rémunération quelconque ni aucun avantage de type "référencement de mon blog". Je l'ai juste écrit pour faire passer une info.
Suite à ce constat, on hésite à partager nos infos, non? (Que l'information circule, passe encore, mais la "perte" de mes photos me pose plus de problèmes. Faut-il admettre une fois pour toute que tout texte documentaire doit forcément être illustré de photos "bas de gamme" et réserver nos "belles photos" pour un usage uniquement professionnel? Je trouve vraiment dommage de ne pas pouvoir illustrer correctement un tel billet sans accepter implicitement que ces photos seront volées. Je tenais aussi à préciser que je ne tiens absolument pas le site "Notre Planète info" pour responsable de ces utilisations illégales. J'étais consciente du risque, et les responsables demeurent les pilleurs)
Partage des connaissances: publier des photos dans des sites documentaires
Dans la même intention de partager des informations, j'ai publié il y a deux ans quelques photos dans un site naissant qui projetait de mettre en place un recensement de la flore en France. J'ai vite arrêté (manque de dynamisme du site), mais j'y ai laissé 12 photos, pensant qu'elles pourraient servir. Suite à ma récente mésaventure avec la photo volée des faux de Verzy, j'ai supprimé mes 12 photos de ce site il y a quelques jours... sans résister à une petite recherche préalable.
Les photos mises en ligne sur ce site comportent toutes dans leur adresse le nom de la plante et le nom du site. J'ai donc tapé le nom de la plante+nom du site dans google-images. Et je suis tombée sur (seulement) 2 emprunts abusifs sur 12. (Réglés vite et bien, et même dans une extrême courtoisie pour l'une d'entre elle. Merci à elle si elle passe par là)
Les photos mises en ligne sur ce site comportent toutes dans leur adresse le nom de la plante et le nom du site. J'ai donc tapé le nom de la plante+nom du site dans google-images. Et je suis tombée sur (seulement) 2 emprunts abusifs sur 12. (Réglés vite et bien, et même dans une extrême courtoisie pour l'une d'entre elle. Merci à elle si elle passe par là)
Le contenu wikipédia: Recherche sur le coquelicot
Et wikipédia, dans tout ça?
Par curiosité, et pour mesurer l'ampleur du phénomène, je suis allée sur l'article de Wikipédia consacré au coquelicot.
J'ai sélectionné une phrase de cet article entre guillemets, et hop, recherche google!
Les résultats? Pour la recherche "Par ses propriétés émollientes, sédatives et béchiques, le coquelicot est un calmant", on obtient quand même 750 réponses en ce jour (+ une maintenant: ce billet)!
Cette photo de coquelicot, c'est la mienne... Toute reproduction ailleurs est interdite sans autorisation ;-)
Pour connaitre les conditions à respecter pour avoir le droit de citer une page de wikipédia, il suffit de cliquer sur le lien "citer cette page", dans le menu gauche de l'encyclopédie. L'article Coquelicot est sous licence créative commons.
Je n'ai pas parcouru chacun de ces 750 sites qui reprennent l'article de wikipédia pour vérifier s'ils citaient leur source. Mais j'en ai quand même visité quelques-uns. La source est très rarement citée, l'article est souvent intégralement recopié. Les photographies de l'article de wikipédia sont également reprises, parfois recadrées et/ou en laissant sous-entendre qu'elles sont l'oeuvre de l'auteur du blog. Les "recopieurs de wikipédia" sont divers et variés: on y trouve de nombreux blogs personnels, des sites commerciaux, des forums. Il y a également les sites documentaires communautaires de type "herbier", qui encouragent ces pratiques et se couvrent en attribuant la responsabilité des articles rédigés aux membres qui les déposent (et qui participent du même coup à la bonne santé des revenus publicitaires des sites en question!)
Parmi ces 750 pages web, j'ai sélectionné quelques blogs qui affichaient de nombreux articles documentaires. J'ai prélevé au hasard quelques phrases dans d'autres articles de ces mêmes blogs pour les rechercher sur google. Mauvaise pioche: la plupart du temps on découvre qu'il s'agit d'articles empruntés ailleurs (wikipédia ou autre) Très souvent, ces blogs s'alimentent en recopiant des textes trouvés par l'intermédiaire de google: souvent ceux de wikipédia, et les vôtres de temps en temps...
Par curiosité, et pour mesurer l'ampleur du phénomène, je suis allée sur l'article de Wikipédia consacré au coquelicot.
J'ai sélectionné une phrase de cet article entre guillemets, et hop, recherche google!
Les résultats? Pour la recherche "Par ses propriétés émollientes, sédatives et béchiques, le coquelicot est un calmant", on obtient quand même 750 réponses en ce jour (+ une maintenant: ce billet)!
Cette photo de coquelicot, c'est la mienne... Toute reproduction ailleurs est interdite sans autorisation ;-) Pour connaitre les conditions à respecter pour avoir le droit de citer une page de wikipédia, il suffit de cliquer sur le lien "citer cette page", dans le menu gauche de l'encyclopédie. L'article Coquelicot est sous licence créative commons.
Je n'ai pas parcouru chacun de ces 750 sites qui reprennent l'article de wikipédia pour vérifier s'ils citaient leur source. Mais j'en ai quand même visité quelques-uns. La source est très rarement citée, l'article est souvent intégralement recopié. Les photographies de l'article de wikipédia sont également reprises, parfois recadrées et/ou en laissant sous-entendre qu'elles sont l'oeuvre de l'auteur du blog. Les "recopieurs de wikipédia" sont divers et variés: on y trouve de nombreux blogs personnels, des sites commerciaux, des forums. Il y a également les sites documentaires communautaires de type "herbier", qui encouragent ces pratiques et se couvrent en attribuant la responsabilité des articles rédigés aux membres qui les déposent (et qui participent du même coup à la bonne santé des revenus publicitaires des sites en question!)
Parmi ces 750 pages web, j'ai sélectionné quelques blogs qui affichaient de nombreux articles documentaires. J'ai prélevé au hasard quelques phrases dans d'autres articles de ces mêmes blogs pour les rechercher sur google. Mauvaise pioche: la plupart du temps on découvre qu'il s'agit d'articles empruntés ailleurs (wikipédia ou autre) Très souvent, ces blogs s'alimentent en recopiant des textes trouvés par l'intermédiaire de google: souvent ceux de wikipédia, et les vôtres de temps en temps...
La licence créative commons
Un étrange phénomène, que toute cette portion du web qui se nourrit de recopiages... Quant à la belle idée de partage des informations par l'intermédiaire d'une "licence créative commons", elle sert en réalité d'alibi. La plupart des blogueurs pensent qu'elle autorise à la copie, mais ignorent qu'elle oblige à la citation des sources par un lien URL. D'ailleurs, certains moteurs de recherche renforcent cette méconnaissance, en proposant une recherche personnalisée d'images "libres de droit ou sous licence CC".
Vol de photos incité par de nouveaux moteurs de recherches:
Après avoir parlé "vol de textes", un dernier paragraphe plus spécifique au vol d'images.
Google met gratuitement de nombreux outils à disposition des webmestres. (La plateforme Blogger en est un exemple.) Je ne peux qu'approuver cette offre gratuite d'outils et services, mais certains outils sont problématiques.
Une interface de google permet de créer son propre moteur de recherche. (Je pense que l'on trouve les mêmes outils chez Bing, ou Yahoo.) Ce moteur peut être un moteur interne, ou un moteur généraliste, qui va effectuer des recherches thématiques ou dans une liste de sites sélectionnés par le webmaster: moteur sur un sujet précis (bio, éducation, bâtiment...), ou encore moteur "éthique", "artistique", "pour enfants"... avec renvoi sur des sites considérés comme tels par le webmestre.
C'est ainsi que des webmestres souvent pleins de bonnes intentions créent des moteurs de recherche spécifiques. Et c'est là que les problèmes commencent.
Ces petits moteurs de recherche fonctionnent comme les géants: on peut effectuer une recherche web, et parfois une recherche images. Dans la plupart de ces moteurs, lorsque l'on fait une recherche-images, on obtient une mosaïque d'images, sur lesquelles il suffit de cliquer pour avoir accès à l'image d'origine.
Comme Google, pensez-vous? Pas tout à fait, et la différence entre ces moteurs et Google est de taille: Google images affiche seulement les illustrations de nos pages web, mais il précise qu'elles ne sont pas forcément autorisées à la copie, et surtout, il affiche en même temps l'article d'origine avec lien URL. On peut ainsi en un clic accéder au site dont nous convoitons l'image, et vérifier les conditions d'utilisation stipulées par l'auteur.
De nombreux moteurs de recherches de moindre importance procèdent totalement différemment: dans leur onglet "recherche d'images", on obtient tout simplement la photo grandeur nature, sans aucune mise en garde sur le droit d'auteur, et sans lien vers l'article d'origine. Il figure souvent quelque part une adresse "écrite", mais non URL. Et cette adresse est parfois l'adresse de l'image, ou du serveur qui accueille nos photos, pas cette du blog où elle figure. Au final, même celui qui serait attentif à respecter le droit d'auteur serait dans l'incapacité de le faire, s'il utilise certains moteurs de recherche.
Le vert étant tendance en ce moment, voilà deux exemples de moteurs de recherche dits "éthiques" ou "solidaires" qui procèdent de cette façon:
Allez donc y faire un tour et voyez à quoi ressemble leur recherche d'images. Elle s'apparente en réalité à une banque d'images qui aspire toutes les images des sites référencés par ces moteurs. Les créateurs de ces moteurs ne peut-être sont pas conscient de ce problème, mais voilà des moteurs qui ne sont pas très éthiques ou solidaires envers les conditions difficiles dans lesquelles doit évoluer le photographe dans ce monde du non respect du droit d'auteur!
Je ne suis pas juriste, je serais donc incapable d'affirmer que ces moteurs contournent la loi sur la propriété intellectuelle. Je constate juste qu'entre les onglets-images de ces moteurs, et une banque d'images bâtie illégalement en aspirant purement et simplement les illustrations du web sans les lier à leur source et sans autorisation, la nuance est faible. Et je suis ravie de ne pas être référencée sur ces moteurs: google-images suffit largement à mon référencement et à mes déboires en matière de vol. (Je m'abstiens d'ailleurs depuis quelques mois de soigner le référencement de mes photos pour google-images)
Concrètement, un site automatise les illustrations de ses pages en prélevant des images directement sur Google-images. Il le stipule clairement et se réfugie derrière cet argument pour justifier la présence de votre photo à côté de ses produits.
En voilà un exemple tout frais trouvé en quelques secondes la semaine dernière:
Vol de photos incité par de nouveaux moteurs de recherches:
Après avoir parlé "vol de textes", un dernier paragraphe plus spécifique au vol d'images.Google met gratuitement de nombreux outils à disposition des webmestres. (La plateforme Blogger en est un exemple.) Je ne peux qu'approuver cette offre gratuite d'outils et services, mais certains outils sont problématiques.
Une interface de google permet de créer son propre moteur de recherche. (Je pense que l'on trouve les mêmes outils chez Bing, ou Yahoo.) Ce moteur peut être un moteur interne, ou un moteur généraliste, qui va effectuer des recherches thématiques ou dans une liste de sites sélectionnés par le webmaster: moteur sur un sujet précis (bio, éducation, bâtiment...), ou encore moteur "éthique", "artistique", "pour enfants"... avec renvoi sur des sites considérés comme tels par le webmestre.
C'est ainsi que des webmestres souvent pleins de bonnes intentions créent des moteurs de recherche spécifiques. Et c'est là que les problèmes commencent.
Ces petits moteurs de recherche fonctionnent comme les géants: on peut effectuer une recherche web, et parfois une recherche images. Dans la plupart de ces moteurs, lorsque l'on fait une recherche-images, on obtient une mosaïque d'images, sur lesquelles il suffit de cliquer pour avoir accès à l'image d'origine.
Comme Google, pensez-vous? Pas tout à fait, et la différence entre ces moteurs et Google est de taille: Google images affiche seulement les illustrations de nos pages web, mais il précise qu'elles ne sont pas forcément autorisées à la copie, et surtout, il affiche en même temps l'article d'origine avec lien URL. On peut ainsi en un clic accéder au site dont nous convoitons l'image, et vérifier les conditions d'utilisation stipulées par l'auteur.
De nombreux moteurs de recherches de moindre importance procèdent totalement différemment: dans leur onglet "recherche d'images", on obtient tout simplement la photo grandeur nature, sans aucune mise en garde sur le droit d'auteur, et sans lien vers l'article d'origine. Il figure souvent quelque part une adresse "écrite", mais non URL. Et cette adresse est parfois l'adresse de l'image, ou du serveur qui accueille nos photos, pas cette du blog où elle figure. Au final, même celui qui serait attentif à respecter le droit d'auteur serait dans l'incapacité de le faire, s'il utilise certains moteurs de recherche.
Le vert étant tendance en ce moment, voilà deux exemples de moteurs de recherche dits "éthiques" ou "solidaires" qui procèdent de cette façon:
Allez donc y faire un tour et voyez à quoi ressemble leur recherche d'images. Elle s'apparente en réalité à une banque d'images qui aspire toutes les images des sites référencés par ces moteurs. Les créateurs de ces moteurs ne peut-être sont pas conscient de ce problème, mais voilà des moteurs qui ne sont pas très éthiques ou solidaires envers les conditions difficiles dans lesquelles doit évoluer le photographe dans ce monde du non respect du droit d'auteur!
Je ne suis pas juriste, je serais donc incapable d'affirmer que ces moteurs contournent la loi sur la propriété intellectuelle. Je constate juste qu'entre les onglets-images de ces moteurs, et une banque d'images bâtie illégalement en aspirant purement et simplement les illustrations du web sans les lier à leur source et sans autorisation, la nuance est faible. Et je suis ravie de ne pas être référencée sur ces moteurs: google-images suffit largement à mon référencement et à mes déboires en matière de vol. (Je m'abstiens d'ailleurs depuis quelques mois de soigner le référencement de mes photos pour google-images)
Des sites illustrés illégalement grâce à l'interface "google-images"
Je n'entrerai pas dans les détails de programmation (j'en serais incapable), mais il est possible d'utiliser l'interface-google pour webmestre qui génère une recherche automatique d'images pour illustrer les pages de son site. (J'ai déjà été confrontée à cette dérive, et j'ai exigé que les adresses de mes sites soient exclues du site en question.)Concrètement, un site automatise les illustrations de ses pages en prélevant des images directement sur Google-images. Il le stipule clairement et se réfugie derrière cet argument pour justifier la présence de votre photo à côté de ses produits.
En voilà un exemple tout frais trouvé en quelques secondes la semaine dernière:
Un hôtel au nom fleuri de "bois-joli" qui se fait sa pub grâce aux images trouvées par google-images sur le daphné mezereum ou bois-joli... L'arbuste est rare, j'ai réalisé un billet sur lui (suivre le lien). Résultat: mes photos sont en première ligne!
Je crois que cette fois, je vais laisser tomber. Le site prélève ses images en hotlink (il fait l'équivalent d'un "glisser-coller" et la photo qui figure sur ce site garde l'adresse que je lui ai donnée.) Il s'agit d'un site étranger, et j'ai déjà bien du mal à obtenir la suppression de mes images sur des sites francophones! Je vais juste supprimer la photo de mon billet et la remplacer par la même, mais qui aura une autre adresse.
Il est très difficile de justifier du droit d'auteur lorsque l'on contacte les sites qui utilisent ces fameuses interfaces de recherche d'images qu'offre google aux webmestres. Ils se réfugient tous derrière la phrase "C'est pas moi, c'est Google...". Mais Google ne fait que proposer un outil, il n'est absolument pas responsable de l'usage que l'on en fait, il me semble?
Un vol de contenu par un blog personnel est moins grave en apparence qu'un vol à destination d'un site commercial. Dans le premier cas, on exige juste le retrait de l'image, dans le second, on peut être amené à facturer la diffusion de notre photo. Grave, pas grave... je ne me prononce pas car certains emprunts sont très blessants, et certains emprunteurs très désagréables. Un préjudice à évaluer au cas par cas, et ça n'est sûrement pas au voleur de nous expliquer que "ça n'est pas bien grave...".
Il y a quand même une justice à tout ça, au niveau d'internet: google n'aime pas le duplicate. Il déteste retrouver un contenu identique dans plusieurs blogs. Alors, en matière de référencement, tous ceux qui font de sites comme wikipédia leur base de contenus principale ne risquent pas de voir décoller leur audience.
Le mot de la fin? De temps en temps, je me rends compte que l'on cite l'un de mes articles ailleurs et "dans les règles": en évoquant très brièvement mon article et en y renvoyant par un lien URL. Merci à eux pour leur respect, et un merci particulier à ceux qui m'en ont demandé l'autorisation. Ça n'est pas forcément nécessaire, mais c'est toujours agréable. En comparaison à ces blogs respectueux, j'ai eu 10 fois plus (au moins) d'emprunts abusifs (à ma connaissance). Je sais maintenant que la pratique est courante et lorsque cela se produit, j'espère juste que ces problèmes se règlent vite et bien (en général par retrait immédiat de ce qui m'appartient).
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Les articles liés: :
Il est très difficile de justifier du droit d'auteur lorsque l'on contacte les sites qui utilisent ces fameuses interfaces de recherche d'images qu'offre google aux webmestres. Ils se réfugient tous derrière la phrase "C'est pas moi, c'est Google...". Mais Google ne fait que proposer un outil, il n'est absolument pas responsable de l'usage que l'on en fait, il me semble?
Y a-t-il des voleurs partout?
La paranoïa commence à vous gagner?... Inutile de paniquer, mais autant être lucide et informé. L'information gagnerait d'ailleurs à être largement diffusée auprès des blogueurs: bon nombre d'emprunteurs évitent de se poser des questions, et ne savent pas exactement quelles sont leur responsabilité, ni les conditions dans lesquelles on peut ou non inclure la photo ou le texte d'un autre dans son propre blog.Un vol de contenu par un blog personnel est moins grave en apparence qu'un vol à destination d'un site commercial. Dans le premier cas, on exige juste le retrait de l'image, dans le second, on peut être amené à facturer la diffusion de notre photo. Grave, pas grave... je ne me prononce pas car certains emprunts sont très blessants, et certains emprunteurs très désagréables. Un préjudice à évaluer au cas par cas, et ça n'est sûrement pas au voleur de nous expliquer que "ça n'est pas bien grave...".
Il y a quand même une justice à tout ça, au niveau d'internet: google n'aime pas le duplicate. Il déteste retrouver un contenu identique dans plusieurs blogs. Alors, en matière de référencement, tous ceux qui font de sites comme wikipédia leur base de contenus principale ne risquent pas de voir décoller leur audience.
Le mot de la fin? De temps en temps, je me rends compte que l'on cite l'un de mes articles ailleurs et "dans les règles": en évoquant très brièvement mon article et en y renvoyant par un lien URL. Merci à eux pour leur respect, et un merci particulier à ceux qui m'en ont demandé l'autorisation. Ça n'est pas forcément nécessaire, mais c'est toujours agréable. En comparaison à ces blogs respectueux, j'ai eu 10 fois plus (au moins) d'emprunts abusifs (à ma connaissance). Je sais maintenant que la pratique est courante et lorsque cela se produit, j'espère juste que ces problèmes se règlent vite et bien (en général par retrait immédiat de ce qui m'appartient).
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Les articles liés: :
- Trouver une image ou un texte sur le net: de la copie légale au vol (ou comment insérer légalement dans son blog des contenus sur la toile)
- Comment savoir si nos articles ont été volés? Comment limiter les risques?
- Comment savoir si nos photos ou images ont été volées? Comment limiter les risques?
- Comment réagir face à un vol?
Ton article est très complet, il sera sans doute "repris" ici ou là sans scrupules, ne crois-tu pas ? ;-)
RépondreSupprimerCe que tu écris à propos des licences CC est juste, ce n'est souvent qu'un alibi pour les "emprunteurs" : rares sont ceux qui citent les sources complètes, très rares sont ceux qui prolongent l'œuvre initiale empruntée et créent une nouvelle œuvre, encore plus rares sont ceux qui placent la nouvelle œuvre sous licence CC... 3 conditions obligatoires prévues et décrites par la licence ! Voilà pourquoi je n'ai aucun scrupule à dénoncer les abus en y mettant les formes certes mais sans courtoisie.
@ Darthmagus: un article sur le vol volé par des voleurs compulsifs? J'attends de voir ça!
RépondreSupprimerD'un autre côté, on m'a bien volé une photo, en prétendant que ça n'était pas un vol puisque la photo menait à un lien qui disait "toute utilisation interdite sans autorisation" ;-)
Avec mon artillerie de filigranes et mises en garde, j'ai déjà du mal ne pas me faire envoyer promener en cas de vol. Alors je suppose que lorsque cela t'arrive, tu dois entendre des choses du genre "tu l'as bien cherché en plaçant ton contenu sous CC"?
A part une scrappeuse qui découpait mes fleurs, s'en ventait et les montrait en ayant tout simplement oublié de m'en parler avant... Je n'ai pas connaissance des vols qui ont sans aucun doute pu se produire depuis que je mets mes images en ligne...
RépondreSupprimerJe m'imagine mal me mettre à fouiller tout ce qui navigue pour tenter d'en reconnaître.
Je n'ai pas le temps ce soir mais je relirai ton article dès que possible.
@ Foise: c'est tout le problème: je préfère 100 fois aller faire des photos que passer des heures à traquer les plagiats. Je ne découvre donc que quelques vols (avec quelques trucs pour trouver rapidement les voleurs: sujet à suivre). Et si je me suis décidée à rédiger une série de billets sur le sujet, c'est en réalité pour me faire gagner du temps: marre de raconter toujours la même chose à des emprunteurs mal embouchés. Je les renverrai donc sur mes articles... à moins que tout vol cesse en 2010?
RépondreSupprimer"Avec mon artillerie de filigranes et mises en garde, j'ai déjà du mal ne pas me faire envoyer promener en cas de vol. Alors je suppose que lorsque cela t'arrive, tu dois entendre des choses du genre "tu l'as bien cherché en plaçant ton contenu sous CC"? "
RépondreSupprimerLa licence CC doit permettre le partage mais partage et vol sont souvent synonymes dans les faits. En réalité aucune licence ne protège de quoique ce soit. Soit on est amateur et voué à être pillé, soit on est pro ou pro-am et on dispose de quelques moyens pour payer une protection.
Je ne nourris aucune illusion au sujet de la licence CC, je l'ai adopté pour mettre aux instits et aux élèves d'utiliser mes photos. Pour le volet "prolongement de l'œuvre" et "partage à l'identique", je sais que c'est du pipeau !...
@ Darthmagus: dans un monde idéal, j'aurai défini des "autorisations de copie" à vocation documentaire ou pédagogique pour mes contenus sans difficulté. Dans les faits, j'ai choisi l'inverse: si quelqu'un veut l'un de mes contenus, qu'il prenne la peine de me demander. Mais au final, (depuis le filigrane), j'ai beaucoup plus de vols de textes et de documents-éducation (mon autre blog) que de photos.
RépondreSupprimerPar contre, je suis très mal à l'aise avec cette interface google dont je parle: c'est une véritable brèche qui s'ouvre et qui ne va pas dans le bon sens: là, plus de droit d'auteur, plus de CC, juste des images à la pelle livrées sur un plateau.
Bonsoir Cathy,
RépondreSupprimerJ'ai lu avec beaucoup d'intérêt tes derniers articles consacrés au pillage et au respect du droit d'auteur. Je comprends de mieux en mieux les difficultés que tu as rencontrées et ta colère qui affleurait parfois.
J'aimerais que tu me dises si j'ai fait “juste” à la fin de mon dernier message (Conte de Noël) lorsque je donne le lien qui permet au lecteur de parvenir sur tes pages. Fallait-il que je te demande ton autorisation D'ABORD? Excuse-moi pour cette question stupide, mais je tiens à saisir au mieux le protocole qui permet avant tout de respecter la production d'une autre personne.
@ Monic: Ton commentaire me fait plaisir, car j'ai parfois l'impression de jouer les rabat-joie grincheux en évoquant ce sujet. J'apprends à ne plus être en colère quand ça arrive, et j'espère que cette série d'articles va m'aider à faire passer le message sans me perdre en mails parfois agressifs (pas de ma part) la prochaine fois que je retrouve l'un de mes contenus dans le blog d'un autre.
RépondreSupprimerPour le lien, pas de problème, au contraire. Et pas nécessaire de demander une autorisation. Et ton blog est un exemple: dans chaque billet, tu cites tes sources.
Pas le temps aujourd'hui, mais je reviens demain lire ton conte de Noël.
C'est pas simple de vouloir offrir du contenu de qualité tout en prenant des mesures de protection.
RépondreSupprimerIl faut rester vigilant.
Ton billet est déjà utile pour nous alors pour les pilleurs il faut espérer que cela leur mettre du plomb dans la cervelle!!
J'ai mis la licence cc sur mon site, ma foi...J'ai enlevé le sigle copyright qui n'a aucun sens il me semble car il devrait signifier que l'on a déposer son site, pas très pertinent donc si l'on est pas dans ce cas. De plus déposé ou non qui irait devant un tribunal hormis un pro? Seulement quels cas le justifierait?
@ Zipanu: En fait, le copyright n'est pas inscrit dans la loi française mais américaine. En France, je crois que la protection légale à priori de toutes créations intellectuelles est plutôt bien faite, et ne nécessite aucune démarche particulière. Le dépôt sous huissier n'est pas une mesure de protection (à part l'aspect dissuasif) mais une preuve qu'une oeuvre nous appartient. Quant à revendiquer ses droits, je ne crois pas que ça soit lié au côté pro ou non (pas besoin d'être "pro) pour être auteur", mais à l'ampleur du préjudice et à la détermination. Voir à ce sujet le témoignage très intéressant et peu réjouissant d'Annie dans un précédent billet: http://champagne-balade.blogspot.com/2009/12/copier-glisser-voler-photo-du-net.html
RépondreSupprimerEffectivement, ceci dit un pro est souvent mieux informé et motivé car ses travaux ont d'office un potentiel de commercialisation, c'est un petit plus non négligeable.
RépondreSupprimerCe que je me demande dans le cas d'Annie(scandaleux...), c'est ce qu'elle pourrait obtenir comparé aux frais de justice engagés, car je n'ai aucune idée de ce que cela peut coûter.
Le dépôt est quand même une bonne assurance juridique.
D'ailleurs le coup de l'enveloppe que l'on s'envoie à soi même c'est pas si pertinent puisque l'on publie en permanence...
Est-ce que le système de dépôt que tu utilise est une protection dynamique en fonction de ce que j'ai dis précédemment?
Sur aubenature j'ai découvert le site TinEye, tu connais?
@ Zipanu: Je ne saurais pas te répondre au sujet d'Annie.
RépondreSupprimerL'enveloppe que l'on s'envoie est bien adaptée pour un manuscrit (même si ça n'est pas une preuve absolument incontestable), mais pas du tout pour un contenu blog. Et le coût n'est pas à négliger: envoi impératif en recommandé avec accusé de réception. Le dépôt sous huissier via le net permet de redéposer régulièrement (une fois pas mois dans mon cas) de nouveaux contenus sans repayer à chaque fois. Et le coût reste très modéré, surtout par rapport à plusieurs envois postaux en recommandé.
Je connais Tineye (on peut l'ajouter à firefox, on l'utilise alors directement par un clic droit sur une image). Mais les résultats en matière de recherche d'images volées sont nuls (pour mon blog en tout cas): il ne retrouve même pas des images que je sais publiées sur différents sites, dont des sites à fort pagerank.
Je reparlerai de tout ça dans de prochains articles...
Une suite d'articles pour le moins très intéressante pour nous bloggeur ... avec une question qui me taraude : a t'on déjà volé une de mes photos ?
RépondreSupprimerCdt,
Jma
Bonsoir Cathy,
RépondreSupprimerJe viens de lire ton billet concernant le piratage de ton travail.
Cette pratique est malheureusement courante.
Il est honteux de mettre à profit personnel le travail de quelqu'un d'autre.
La seule chose "positive" que je me permettrais de t'écrire, c'est que ceux qui prennent ton travail, ne sont pas capables de réaliser ce que tu nous offres.
Ton site est d'une propreté, d'une qualité et d'un intérêt très enrichissant.
Cordialement,
Lionel
@ Jma: pas par moi en tout cas, promis ;-)
RépondreSupprimer@ Lionel: Merci beaucoup pour ce commentaire qui me touche. Je ne crois pas être plus victime qu'un autre du piratage, et je sais que j'en prends le risque. D'ailleurs, je choisis délibérément de ne pas publier certaines photos auxquelles je tiens, tant qu'une (petite) partie de la toile s'apparentera à une jungle.
RépondreSupprimerChère Cathy,
RépondreSupprimerBravo pour ces articles ! Moi aussi le plagiat et le vol me hérissent, et j'ai lu avec grand intérêt tes deux articles (vivement le 3ème sur le repérage des contenus volés !). J'ai bien aimé les "excuses" des voleurs, hélas du vécu pour moi aussi !
Figure-toi que les photos de mon blog monpotager.net, avec mes enfants mineurs dessus, se sont carrément retrouvées dans la presse quotidienne payante, sans que RIEN ne m'ait été demandé !!!
Je me suis permis de te citer dans l'article traitant de ce sujet : http://www.amaranthe.be/blog/publication/peut-on-prendre-une-photo-sur-internet (curieusement, c'est un des articles les plus lus sur mon blog !!!).
Et pour info, sur le plagiat de contenus, j'ai aussi écrit ceci : http://www.amaranthe.be/blog/publication/duplicate-content-et-plagiat-sur-internet
Continue ton magnifique travail en photo, je suis certaine que ces pratiques seront condamnées et que les auteurs seront mieux protégés à l'avenir.
Bien amicalement,
Sylvie