Faire de la photo macro en hiver?
Il n'y a pas de saison pour la photo macro... Ou plus exactement, il n'y a pas de saison sans macro! A chaque mois de l'année son odeur, sa lumière, ses plaisirs et ses contraintes.L'été, c'est l'heure de l'emballement: on papillonne d'une fleur à l'autre, et partout, des insectes butinent, s'affairent et posent pour nous! Pas le temps de réfléchir: réflexes couplés au reflex et "clic-clac": les portraits de papillons jouent au coude à coude avec les photos de libellules. Parfois, une simple mouche, une abeille, une punaise ou une coccinelle parviennent à se frayer un chemin jusqu'au disque dur.
En hiver au contraire le temps ralentit. Le petit monde des insectes ne bruisse plus. La campagne entre en sommeil alors que la ville oublie la tombée précoce de la nuit à grand renfort de réverbères.
L'hiver, c'est le temps de s'arrêter, de regarder autrement. Finis les sujets qui s'imposent à notre capteur. Place à la quête non plus d'un sujet, mais d'une image. C'est le temps de chercher des ambiances parfois grises et sombres, des fonds flous. Se remettre en cause, scruter dans un branchage nu des lignes graphiques, des arrières-plans gribouillés au fusain. Plus d'emballement, mais au contraire une lenteur, des essais, des erreurs et des taches de couleur qui surgissent par surprise.
Un dernier fruit de fusain...
Ils sont de plus en plus moches, tachés par la pluie, rongés, ou tout simplement disparus, avalés par les merles, mes buissons de fusains! Alors, lorsque j'ai vu ce petit fruit rose bonbon sous une douce lumière, je n'ai pas résisté au plaisir de faire de nouvelles photos.

Une photo construite sur le contraste de couleur et de lumière entre la baie de fusain et le fond, mais aussi construite en utilisant les lignes graphiques qui s'ordonnent en arrière-plan.

Une photo construite sur le contraste de couleur et de lumière entre la baie de fusain et le fond, mais aussi construite en utilisant les lignes graphiques qui s'ordonnent en arrière-plan.
En rouge et gris: quelques baies d'églantine un triste jour d'hiver
En hiver tout est gris: le ciel, l'écorce des arbres... Mais ici et là, les paysages se mouchettent de points rouges: églantines et aubépines hissent fièrement leurs couleurs au coeur d'un entrelacs de rameaux nus.

Doit-on forcément attendre un soleil radieux pour sortir l'APN, ou au contraire assumer cette atmosphère grisâtre, que relève le rouge vif d'une poignée de baies d'églantine? Fond crayonné de gris colorés, une épine à peine visible dans un coin, un simple rameau d'églantine: l'hiver n'est pas si désespérant!

Doit-on forcément attendre un soleil radieux pour sortir l'APN, ou au contraire assumer cette atmosphère grisâtre, que relève le rouge vif d'une poignée de baies d'églantine? Fond crayonné de gris colorés, une épine à peine visible dans un coin, un simple rameau d'églantine: l'hiver n'est pas si désespérant!
Photographier la mousse: sujet macro de saison
Il y a eu mes premières photos de mousse de la saison, sur lesquelles poussaient de petits champignons. Les champignons se font rares aujourd'hui... reste la mousse, qui s'enrichit de jour en jour de nouvelles promesses photographiques.

Un brin de mousse couvert d'humidité, et une feuille d'arbre tombée en arrière-plan qui uniformise le fond et diffuse la lumière.
D'autres articles sur les sujets photo d'automne?
Tes photos sont belles, très graphiques mais la dernière est bien plus que remarquable : magnifique !
RépondreSupprimerBonsoir Cathy,
RépondreSupprimerLe petit bonbon fusain me plaît ainsi que la dernière image: avec celle-ci on dirait que tu navigues dans la science-fiction.
Je me suis promenée ces derniers jours, l'appareil en bandoulière, mais je n'ai rien photographié. Ce n'est pas que le paysage était déplaisant (je me sens bien quand la nature se recroqueville), mais ce sont plutôt les odeurs qui ont captivé mon attention.
J'ai passé longuement hier soir sur tes articles consacrés aux faux de Vercy. Un très bon moment en compagnie de tes photos et de tes textes.
J'ai adoré te lire. Tes photos sont toujours magiques, à la limite du flou, ce qui leur donne tellement de force. Tu m'as communiqué un autre regard sur cette saison triste et tu a raison, elle n'est pas si triste, faut juste chercher un peu plus. Merci pour ce partage!
RépondreSupprimerJ'aurai toujours un faible pour les fondus. Les photos 1 et 2 me touchent particulièrement, surtout la deuxième.
RépondreSupprimerPuis-je la voler ? CE N'EST QU'UNE MAUVAISE PLAISANTERIE... :-)))
Roger G.
@ Darthmagus: Merci pour ce commentaire, mais il va me faire rougir.
RépondreSupprimer@ Monic: Je t'avoue que j'aime la SF, et en regardant en gros plan mousse ou insectes, j'ai souvent l'impression de voir leur source d'inspiration. La mousse a quelque chose de vivant, en hiver. Et ton allusion aux odeurs me touche: en automne hiver, il y a vraiment des parfums particuliers auxquels je suis aussi très sensible.
@ Titane333: Je crois que l'hiver est un peu "triste", surtout lorsqu'il fait gris. Mais j'aime ce passage obligé par une période plus discrète, toute en retenue. Un moment où l'on sent que déjà le printemps se prépare, sous terre, à l'abri de nos regards.
@ Roger: Merci, et si tu me demandes à l'avance, ça n'est plus un vol ;-)
De superbes images! J'aime particulièrement celle du fusain avec ce joli fond.
RépondreSupprimerC'est vrai que les sujets macro sont moins évident à dénicher en hiver, il faut faire preuve de plus d'imagination.
@ Coralie: C'est ce que j'aime, en cette saison. Voir la couleur, la délicatesse, dans un univers souvent hostile en apparence. Merci
RépondreSupprimerHier, j'ai laissé l'APN au fond du sac et j'ai mangé les gratte-cul, ramollis à souhait par les premières gelées... Plus prosaïque que moi, tu meurs !... Je me sauve, je vous laisse entre artistes !!!!
RépondreSupprimer@ Foise: ce sont l'oeil et la fantaisie qui font l'artiste, et tout ça, tu ne peux pas cacher l'avoir aussi ;-)
RépondreSupprimerBon réveil des papilles, avec la dégustation de cynorhodons, non? (J'adore croquer les prunelles avant les gelées)
Bon week-end
La mousse j'ai essayé pas si évident que cela !!!
RépondreSupprimer@ Xavier: le problème de la mousse, c'est que l'on a facilement une image surprenante (on n'a pas l'habitude de voir ça à l'oeil nu). Mais les photos sont vite "désorganisées", et entre le manque de lumière et les reflets parasites dûs à l'humidité, il faut vraiment chercher le "bon" brin de mousse.
RépondreSupprimerSalut,
RépondreSupprimerAh ben tiens toi z'aussi. ;)
La sensibilité des apn me surprend.
J'ai remarqué qu'il y avait pas mal de minis champignons cachés dans la mousse qui recouvre les arbres en ce moment.
J'aime bien ces compositions.
Bonne journée.
@ Zipanu: Ces sujets-là ont déjà fait et referont bientôt leur apparition ici (et ailleurs): ils sont de saison.
RépondreSupprimerPour la sensibilité, et surtout la qualité du bokeh en macro, c'est davantage l'objectif que l'APN qui fait le travail: certains objectifs ont un meilleur bokeh que d'autres.
Trois très belles photos!
RépondreSupprimerJ'aime bcp la première pour les raisons que tu as énoncées: beau graphisme des branches en arrière plan!
Mais la dernière est également magique! Quand on pense à la petitesse du sujet qui grâce à cette photo prend une importance tout autre!
Et la feuille à l'arrière donne le juste ton!
Bravo!
Mes amitiés et bon WE!
PS:
Quant à mon sanglier, je le crois en sécurité dans cette partie de forêt!
Bravo pour la photo de la mousse; c'est un sujet qui recèle bien des trésors vu par ton oeil! C'est un test que je ne pourrais pas faire, pas de mousse dans le jardin !
RépondreSupprimerJ'admire aussi les bonnets d'évêque de tes fusains, les miens font très peu de fruits et je dois vraiment chercher pour en dénicher un ou deux!
Bon dimanche(pas trop hivernal quand même)!
@ Carlib: Merci :-) La photo de mousse offre vraiment beaucoup de possibilités, et on profite de la lumière qui passe en sous-bois, lorsque les feuilles des arbres sont tombées. Bon dimanche
RépondreSupprimer@ Lucie: J'en ai un peu dans le jardin, sur le vieux mur d'enceinte qui est en pierre et qui sera bientôt au "plus gras" de sa forme. Et j'en trouve un peu partout en forêt (avantage du nord de la Loire?) Il faudra un jour que je me penche là-dessus, car il existe vraiment des sortes de mousses très différentes.
Ici, la récolte de fruits sauvages (et cultivés) a été globalement très bonne, mais les fusains font exception, peu nombreux et souvent abimés.
Bon dimanche
jolies baies, et la dernière photo est vraiment trés belle, c'est ma préférée...
RépondreSupprimerTu as raison Cathy, il y a toujours quelque chose à faire en photo nature, y compris de la macro sur du givre si nous en avons un jour. Paradoxalement, j'aurai presque envie d'écrire que l'été est la plus mauvaise saison à cause de sa lumière dure trop longtemps dans la journée mais il est vrai que l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt ... et qui se couchent tard.
RépondreSupprimerBonne semaine !
Non, il ne faut pas attendre le soleil qui n'est pas forcement un ami pour la macro avec les forts contrastes qu'il génère ... mais une optique lumineuse et bien piqué semble indispensable par temps gris, si on veut réussir comme toi de belles images de fruits d'églantiers !
RépondreSupprimerCdt,
Jma
Bonjour Cathy,
RépondreSupprimerL'hiver est un peu comme une salle de théâtre vidée de ses spectateurs après la descente du rideau. Il en reste encore pour s'attarder sur les décors de mise en scène.
@ Anne-Marie: Merci :-)
RépondreSupprimer@ Jipehel: Tout à fait d'accord avec toi, juillet et aout ne sont pas les meilleurs mois. J'aime les photos de mai et de septembre, et en plein été, je suis souvent contente d'habiter dans une région sans vent et familière des ciels couverts.
@ Jma: Tu as raison de parler de l'objectif plutôt que du boîtier. C'est le plus important, dès que les conditions ne sont plus idéales.
@ Raphaël D: Merci pour la visite, et pour ce joli commentaire. J'aime cette idée de scène vide, sur laquelle il reste des traces, des empreintes, des vestiges abandonnés.