29/04/09

L'orchidée Orchis mâle d'Ophélia (Shakespeare) à Rimbaud: théatre, tableau et poésie

Les fleurs de la couronne d'Ophélie (Hamlet - Shakespeare)

Sur le guide botanique qui m'a aidée à rédiger mon article sur l'orchidée Orchis mâle, une petite phrase a aiguisé ma curiosité: L'orchis mâle serait la fleur qui a servi à tresser la couronne d'Ophélie juste avant sa noyade, dans la pièce Hamlet de Shakespeare. J'ai donc cherché à en savoir plus. Voilà un extrait d'Hamlet qui m'a semblé faire référence à cette orchidée:
La reine :
Un malheur vient sur les talons de l’autre
Tant ils se suivent de près. Votre sœur est noyée, Laërte.
Laërte:
Noyée ? Où s’est-elle noyée?
La reine:
Au-dessus du ruisseau penche un saule, il reflète
dans la vitre des eaux ses feuilles d’argent
Et elle les tressait en d’étranges guirlandes
Avec l’ortie, avec le bouton d’or,
Avec la marguerite et la longue fleur pourpre
Que les hardis bergers nomment d’un nom obscène
Mais que la chaste vierge appelle doigt des morts*.
Oh, voulut-elle alors aux branches qui pendaient
Grimper pour attacher sa couronne florale ?
Un des rameaux, perfide, se rompit
Et elle et ses trophées agrestes sont tombés
Dans le ruisseau en pleurs. Sa robe s’étendit
Et telle une sirène un moment la soutint,
Tandis qu’elle chantait des bribes de vieux airs,
Comme insensible à sa détresse
Ou comme un être fait pour cette vie de l’eau.

W. Shakespeare, Hamlet, IV, 7, 1600 env.
(La mort d'Ophélie)

référence à l'orchidée orchis mâle dans Hamlet? La symbolique des fleurs est complexe...

* Sans doute est-ce dans cette phrase que se cache l'orchis mâle. (J'avoue ne pas avoir pris le temps de lire l'intégrale d'Hamlet pour trouver confirmation...). Une fois encore, la symbolique des fleurs a deux visages: l'orchis mâle associée aux hommes sur terre est une plante de mauvaise réputation, alors qu'associée à la vierge, la belle orchidée devient un signe divin qu'adressent les défunts aux vivants.
A noter aussi cette facilité avec laquelle les auteurs classiques parviennent à faire figurer dans le même texte la très catholique vierge, et la sirène hérétique, vestige d'anciennes religions et qui fleure la sorcellerie (même si elle orne de nombreux chapiteaux d'église).
Rien n'est blanc ou noir, et la quête des fleurs nous mène là encore sur des sentiers hasardeux qui assurent la survivance de mythes anciens. Mais ce qui est certain, c'est que l'orchis mâle est effectivement chargée d'une lourde et ambigüe symbolique.

Le mythe d'Ophélie et les peintres (tableau de Waterhouse )

Le mythe d'Ophélie a inspiré de nombreux peintres. J'ai cherché un tableau de la mort d'Ophelia qui donnerait à voir cette couronne d'orchidées, en vain. Voilà donc l'"Ophelia" de John William Waterhouse (un peintre romantique anglais): Ophélie apparait la tête et les bras chargés de fleurs (beaucoup de marguerites et des coquelicots). Cachée dans le bouquet qu'elle tient de la main gauche, une unique tige violette, qui passe inaperçue. Une fleur d'Orchis mâle? Peut-être...
Ophelia-1910-tableau-waterhouse-couronne-fleur-noyade
"Ophelia" de John William Waterhouse (1910)
Une fleur violette perdue entre les replis de la robe d'Ophélie... Une orchidée orchis mâle?
(Tableau visible en grand format sur Wikipédia)

Le mythe d'Ophélie en poésie: le poète Arthur Rimbaud a succombé!

L'orchis mâle mène à Shakespeare, qui conduit à Ophélie et finit par nous entraîner dans l'univers du poète Arthur Rimbaud... Cette fleur est décidément une belle source de voyage, et Rimbaud une belle façon de conclure!

Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles ...
On entend dans les bois lointains des hallalis.

Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir.
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.

Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.

Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid d'où s'échappe un petit frisson d'aile:
Un chant mystérieux tombe des astres d'or.

II

Ô pâle Ophélia, belle comme la neige!
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté!
- C'est que les vents tombant des grands monts de Norvège
T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté;

C'est qu'un souffle inconnu, fouettant ta chevelure,
A ton esprit rêveur portait d'étranges bruits;
Que ton cœur entendait la voix de la Nature
Dans les plaines de l'arbre et les soupirs des nuits;

C'est que la voix des mers, comme un immense râle,
Brisait ton sein d'enfant trop humain et trop doux;
C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s'assit, muet, à tes genoux !

Ciel, Amour, Liberté : quel rêve, ô pauvre Folle!
Tu te fondais à lui comme une neige au feu:
Tes grandes visions étranglaient ta parole
- Et l'Infini terrible effara ton œil bleu.

III

- Et le Poète dit qu'aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis;
Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys

Arthur Rimbaud (mai 1870)
Encore une coïncidence totalement imprévue: Je redécouvre cette poésie et voilà qu'elle évoque le mois où je la publie dans le blog: Avril... le mois où fleurit l'Orchidée...
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Photo macro nature: L'Adèle (adelidae), un papillon doré sur une feuille jaune de pissenlit

Photo fleur sauvage et insecte: un papillon sur un pissenlit

Est-ce toujours beau, un papillon? je vous laisse en juger!
J'ai retrouvé en ce printemps un petit lépidoptère déjà repéré l'année dernière. Pas de grandes ailes colorées ni de beaux yeux verts comme l'aurore, mais des écailles dorées ourlées d'un duvet brun, des yeux de poisson qui saillent d'une tête blafarde et une crête rousse qui rappelle que le mouvement punk n'a pas dit son dernier mot.
photo-nature-marne-insecte-fleur-jaune-papillon-dore-pissenlit
Beau, pas beau... Une question qui n'a pas vraiment de sens pour moi, et j'aime l'originalité. Ce petit papillon doré a donc tous les atouts pour me plaire! Je suis en train de réaliser une série de photos sur les différents hôtes du pissenlit, et j'ai été ravie de l'y retrouver. C'est d'ailleurs lui ou un proche membre de sa famille qui figure sur une précédente photo de bouton d'or prise au printemps 2008. Ces papillons sont rarement isolés. Ils investissent en groupe herbes et fleurs. Cela pose d'ailleurs un problème au photographe macro qui cherche une faible profondeur de champ: comme avec les fourmis, il est difficile de concilier petite zone de netteté et plusieurs insectes sur une même photo.
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27/04/09

Balade de printemps en forêt: les fleurs jaunes de l'euphorbe des bois et photos de fourmis

Avril et balade en foret: l'euphorbe des bois est en fleurs

L'euphorbe des bois est en ce moment au meilleur de sa forme: Il commence à fleurir, et rayonne d'un magnifique jaune-vert absinthe dès le mois d'avril.

Euphorbe des bois (euphorbia amygdaloïde):

L'euphorbe des bois est une belle plante vivace commune dans nos forêts de chênes et de feuillus. Sa taille varie de 20 à 80 cm. Comme tous les euphorbes, elle sécrète un liquide blanc toxique appelé latex (voir plus bas).
L'euphorbe des bois reste stérile la première année, et ce n'est que la deuxième année qu'il fleurit et produit des graines.
fleur-jaune-euphorbe-bois-euphorbia-amygdaloide-printemps
Un euphorbe des bois tel que l'on peut l'observer en ce moment: de curieuses fleurs en entonnoir, et une couleur qui se magnifie à la lumière rasante de la fin d'après-midi
(photo macro nature flore sauvage en Champagne-Ardenne (Marne) - Balade de printemps en forêt)

d'autres euphorbes au jardin: Le réveille-matin et l'herbe à taupe

Il existe de nombreuses autres variétés d'euphorbes, dans nos campagnes ou dans nos jardin. L'euphorbe réveille-matin (Euphorbia helioscopa) est beaucoup plus petit et apprécie les terres riches en humus. C'est une "mauvaise herbe" de nos jardins, ou plutôt une délicate petite fleur indigène qui apparait et se multiplie toute seule sans jamais menacer les autres plantations.

La première fois que j'ai visité ma maison actuelle, j'ai remarqué disséminées dans le jardin, de hautes plantes graphiques qui m'étaient alors inconnues: il s'agissait d'euphorbes Euphorbia lathyris, autrement appelés "herbes à taupe". Ces euphorbes ont en effet la réputation de chasser les taupes. J'ignore si leur réputation est vérifiée, et il me semble plus probable que ce soient mes chats plutôt que les euphorbes qui empêche toute prolifération de rongeurs chez moi.
Cet euphorbe est très facile à introduire au jardin, à condition d'accepter une plante qui se ressème où bon lui semble. Sa belle allure et son feuillage gris vert foncé, qui se teinte de pourpre en vieillissant l'aident à s'accorder à toutes les autres fleurs. Décoratif, l'Euphorbia lathyris présente une caractéristique amusante: L'été, alors que les graines mûres ne demandent qu'à sortir, la plante les expulse à plusieurs dizaines de centimètres en produisant un son très reconnaissable, un petit claquement sec.
(Je m'aperçois que j'ai beau vivre en compagnie d'Euphorbia lathyris depuis des années, je n'ai même pas une photo en stock! Je tâcherais d'y remédier d'ici quelques semaines).

Le latex secrété par les plantes:

Une petite parenthèse sur le latex: (voilà un mot qui risque de m'attirer des visiteurs qui cherchent autre chose que des photos de fleurs...).
Le latex est différent de la sève. Il n'a pas la même fonction et emploie des canaux indépendants de ceux qui véhiculent la sève. La sève est nutritive, le latex serait plutôt impliqué dans des mécanismes de défense. Il répare les blessures d'une plante en séchant et formant une croûte protectrice.

Latex... on pense tout de suite au caoutchouc produit par l'hévéa. L'hévéa est de la même famille que l'euphorbe: les Euphorbiacées. Tous les euphorbiacés produisent du latex, mais on en trouve aussi chez les figuiers et leurs cousins les ficus (famille des Moracées), et dans des plantes aussi diverses que les pissenlits, la chélidoine, le coquelicot et même la laitue!

Si certains latex sont sans danger (laitue), d'autres, comme celui produit par les euphorbes, sont très toxiques en cas d'ingestion, et irritants pour la peau en cas de contact. Attention aux réactions cutanées en taillant un figuier ou en arrachant de la chélidoine: avec le soleil, le latex peut provoquer des lésions de la peau sous forme de tâches ou de brûlures.
Le latex de l'euphorbe réveille-matin, comme celui de la chélidoine servent traditionnellement à soigner les verrues.
D'autres latex, comme celui secrété par les pavots permettent l'extraction de substances stupéfiantes (dans le sens illégal du terme!)
Après avoir testé de nombreux latex aux propriétés "collantes", c'est celui de l'hévéa qui a définitivement été sélectionné pour fabriquer le caoutchouc.

Photographier l'euphorbe des bois et les fourmis (macro nature):

La meilleure heure pour réaliser des photos d'euphorbe des bois?
En général, je cherche les lumières "laiteuses", mais avec l'euphorbe des bois, rien de mieux qu'une franche lumière rasante et une prise de vue à contre-jour: on obtient alors des images avec un vert très chaud, presque doré.

Quelle entomofaune chercher sur le latex des bois?
L'euphorbe des bois abrite de petits coléoptères dans ses fleurs, mais on y trouve aussi très souvent des fourmis, qui assurent la dissémination des graines.
photo-marne-champagne-ardenne-euphorbe-bois-insecte-fourmi
Photo macro fleur et insecte: une fourmi qui vient prendre un dernier repas dans la coupe d'une fleur d'euphorbe des bois.

Les fourmis, voilà un insecte auquel je ne me suis pas encore trop frottée, en dépit de souvenirs cuisants! Concentrée sur un papillon, et les deux pieds plantés dans une grosse fourmilière... pire qu'un plat-ventre dans les orties!
photo-macro-nature-euphorbe-bois-insecte-fourmi
Photo macro fleur et insecte: une fourmi dans un euphorbe (suite)
La lumière rasante de fin d'après-midi permet d'éviter les ombres et les contrastes trop marqués. Mais elle donne aussi une belle occasion de jouer avec ces ombres. Ici, j'ai cherché à mettre en valeur la symétrie entre la fourmi et son ombre. Un petit coup de réflecteur pour donner un peu plus de lumière à la fourmi aurait été nécessaire... mais comme trop souvent, je n'ai pas eu le temps de le sortir!...


Je ne sais pas si c'est l'heure tardive (j'ai réalisé ces photos vers 7 heures du soir) ou si l'euphorbe des bois sécrète une substance qui ralentit la cadence effrénée des fourmis (son latex est-il un stupéfiant pour ces insectes?), mais celles-là étaient relativement calmes. Autre avantage à chercher les fourmis sur les euphorbes des bois: elles sont de taille relativement grande, alors que celles qui fréquentent les euphorbes réveil-matin de mon jardin sont minuscules.
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D'autres fleurs à voir en Avril-mai:

Nouveau dans le blog: un herbier "flore sauvage" en Champagne-Ardenne, et une catégorie Jardinage biologique

Balade de printemps: une succession de fleurs!

C'est le printemps! Un vrai bonheur de repartir en balade, et l'occasion de découvrir chaque semaine de nouvelles fleurs apparues le long des sentiers.
Lors de mes sorties, j'essaie de photographier ces nouvelles venues au fur et à mesure de leur floraison. La plupart de ces images restent dans mon disque dur: je sélectionne pour mon site photo nature des images moins documentaires et souvent plus personnelles et artistiques, et je mets en ligne sur mon blog photo des clichés plus originaux ou qui servent d'illustration à un sujet précis.

Une nouvelle série d'articles: flore sauvage à voir en cette saison

Histoire de faire vivre ces photographies de flore sauvage "classiques", je vais essayer de publier dans le blog une nouvelle série d'articles sur les plantes et curiosités botaniques au fil des mois. Pas un recensement exhaustif, mais chaque mois quelques nouvelles espèces à découvrir en balade, accompagnées d'un texte plus ou moins documenté (selon le temps dont je disposerais) sur les conditions de vie de la plante, et éventuellement quelques détails sur les conditions de la prise de vue.
photo-marne-champagne-ardenne-pature-prairie-fleurie-fleur-flore-sauvage-printemps-eteCette photo a été réalisée lors de l'été 2008: pas encore de prairies fleuries en Champagne Ardenne, et les ombellifères comme la carotte sauvage se préparent tout doucement à déployer leur ombelle.

L'archivage de la flore sauvage au fil des mois en cours d'élaboration

J'ignore encore comment archiver cette nouvelle catégorie dans le blog. Peut-être un calendrier des floraisons, accessible par un nouvel onglet ou dans un menu latéral en associant à chaque plante des tags correspondants à ces mois de floraison? J'y réfléchis... Je dois aussi trouver le moyen de lier ces articles à mon site photo, afin de l'ouvrir sur une dimension plus documentaire et textuelle. (Mon webmaster va finir par me haïr... Si je m'occupe seule du blog, c'est lui qui réalise toute la programmation et mise en ligne du site!)
(En, savoir + sur les catégories avec blogger? Voir l'article: classer ses articles en catégories dans un blog blogger)

Nouvelle catégorie du blog: jardinage biologique

Un nouveau chemin de traverse emprunté par le blog, qui m'entraîne toujours plus loin... Comment parler des plantes sauvages souvent qualifiées de mauvaises herbes et nuisibles, sans évoquer leur utilisation au jardin? Et voilà que ce projet "d'herbier de la flore sauvage de Champagne Ardenne" me conduit sur le thème du jardinage biologique: Certaines plantes, comme la prêle ou l'ortie se révèlent d'excellents substituts aux produits phytosanitaires, engrais, herbicides ou pesticides industriels et polluants. En plus de l'herbier au fil des saisons, je vais donc rajouter prochainement une catégorie "jardinage biologique" au blog (dans le menu droit). Dans cette catégorie, des trucs, astuces, recettes pour un potager ou des massifs de fleurs au naturel, dans un meilleur respect de l'environnement.

Info de dernière minute et billet d'humeur! La délinquance est à notre porte!

Alors que j'étais en train de rechercher ma recette de décoction de prêle, un souvenir pas si vieux que ça m'est revenu en mémoire. Mes mains se sont mises à trembler et un filet de sueur a coulé entre mes omoplates: j'étais en train de sombrer dans la délinquance! Dans l'illégalité!

Vous souvenez-vous de ce décret promulgué un certain mois de juillet 2006, alors que l'on était tous en train de siroter une boisson fraiche, les doigts de pieds en éventail et débranchés des médias?
Un petit décret de rien du tout... qui interdisait tout simplement le purin d'ortie: interdit à la vente, interdit à la préparation maison et à l'utilisation, interdit d'en transmettre la recette, et même d'en promouvoir les bienfaits.
Le risque? Seulement 2 ans de prison ou 75 000 euros d'amende... (Et bien sûr, même sanction pour faire l'apologie de toute autre préparation végétale maison!)
On a le droit de déverser des herbicides ultra-puissants, toxiques, polluants, mais pas de proposer l'utilisation d'une préparation végétale au jardin! On risque plus à transmettre une recette de purin d'ortie qu'à polluer la terre en y déversant des piles usagées dans une décharge sauvage!

Je pensais que ce décret avait été abrogé. Après une rapide recherche sur le net, je n'ai pas trouvé de réponse claire, et il serait encore en vigueur, avec quelques assouplissements. Apparemment, on ne serait plus passible de prison pour une fabrication et utilisation individuelle du purin d'ortie ou de toute autre préparation végétale, mais j'ignore s'il est légal d'en transmettre la recette dans un blog.
Je vais me renseigner... et en attendant, ma rubrique "jardinage biologique" sera réduite au silence avant même son inauguration!

26/04/09

A voir en Avril: l'orchidée orchis mâle (orchis mascula) en fleurs (photo nature dans la Marne)

Floraison de printemps (avril, mai juin): L'orchis mâle (orchidée, Orchis mascula)

L'orchis mâle: Encore une fleur de saison, largement répandue en France, mais qui n'en demeure pas moins une somptueuse orchidée. C'est même la première orchidée à fleurir dans nos campagnes.
orchis-mascula-male-fleur-orchidee-violette-violet-herbier-planche-botanique-ancienneCe genre d'articles est une occasion toute trouvée pour insérer dans le blog de vieilles planches botaniques: une description de l'orchis mâle encore d'actualité extraite d'un herbier ancien.
(Cliquez pour agrandir)

25/04/09

Curiosité de printemps (Avril): les pousses de la prêle (equisetum arvense) Balade photographique en Champagne Ardenne

Un chemin bordé de prêles...

Balade d'avril. Un chemin un peu humide, en forêt ou le long d'une pâture. Sur le bas-côté, d'étranges tiges brunes sortent de terre, terminées par un épi de la même teinte roussâtre. Il s'agit des tiges fertiles de la prêle.
photo-Equisetum+arvense-prele-champ-macro-nature-marne-printemps-avrilUne photo macro des pousses de prêle (Equisetum arvense), telles qu'elles sont visibles en cette saison (Photo nature printemps - Avril en forêt dans la Marne, Champagne Ardenne)

La prêle des champs (Equisetum arvense)

La prêle est une plante étrange. C'est une vivace à rhizome traçant, d'où partent des radicelles. En cette saison apparaissent des tiges brunes, et ce sont elles qui assurent la reproduction de la plante. La première fois que j'ai découvert les pousses de prêle, je me suis demandé quelle était cette fleur étrange: j'ai pensé à l'une des rares fleurs incapables de photosynthèse comme la Néottie nid d'oiseau, ou même à un champignon de la famille des morilles (on peut rêver, non?). Après quelques recherches, j'ai découvert qu'il s'agissait de la première pousse de la prêle. Plus tard en saison, se sera au tour de tiges vertes de rentrer en scène. Ces tiges vertes sont stériles et de plus grande taille que les précédentes. Ce sont à elles que l'on pense, lorsque l'on parle de prêle, et ce sont encore elles dont on utilise les multiples propriétés.
photo-etang-marais-prele-pousse-printempsUne seconde photo de pousse de prêle (Equisetum arvense), prise l'année dernière un peu plus tard en saison (au moment de la floraison jaune des iris des marais, au bord d'un étang)

Côté conditions de prise de vue: cette seconte photo a été prise à contre-jour: un vert très saturé en arrière-plan (constitué de feuilles de rubanier), et l'épi crème de la prêle qui devient translucide.

Etymologie et autres noms de la prêle

Comme nombre de plantes utilisées depuis longtemps en pharmacopée, la prêle possède toute une floppée de noms communs: queue de cheval, queue de renard, ou encore queue de rat.
Equisetum vient du latin Equus qui signifie Cheval, et de Seta qui signifie Soie: le nom commun "queue de cheval" est donc une traduction littérale, ou plutôt une survivance de son nom latin.
Equisetum_arvense-prele-champ-plante-planche-botanique-herbier-ancien-dessin-plume-aquarelleUne planche botanique extraite d'un ancien herbier qui retrace tout le cycle de la prêle, parties souterraines et aériennes (dessin au trait et lavis aquarellé)
(Cliquez pour agrandir)

Usage populaire de la prêle: un message à l'intention des jeunes filles!

Une tradition bourguignonne veut que l'on dépose la nuit sur la fenêtre d'une jeune fille un bouquet de prêle, qui signifie qu'il est grand temps qu'elle se rende utile et qu'elle cesse de jouer les princesses.
(Extrait de Secrets des plantes de Michel Pierre et Michel Lis)

Propriétés médicinales de la prêle

La prêle est très riche en silice, et reconnue depuis des siècles pour ses propriétés reminéralisantes: elle contribue au bon état des os et des dents, mais aussi des ongles et des cheveux. Elle régule l'humeur et est également hémostatique et diurétique. Une plante aux maintes vertus!
Commune dans les lieux humides partout en France jusqu'à 2500m d'altitude, on récolte ses tiges vertes de mai à octobre. Il faut ensuite les faire sécher au soleil et les stoker au sec si l'on souhaite les utiliser en décoction.

Elle appartient à la pharmacopée française: elle est interdite à la vente libre, et ne peut être distribuée que par l'intermédiaire de professionnels de la santé, comme les pharmaciens.

La prêle utilisée en jardinage biologique(pulvérisation de décoction)

La prêle est aussi appréciée des jardiniers qui pratiquent le jardinage biologique. Tout le monde connait le purin d'ortie, mais de nombreuses autres plantes peuvent servir en jardinage bio, sous forme de purins, d'infusions ou de décoctions.
Pour le jardin, la prêle se prépare en décoction (plantes plongées dans l'eau puis portée à ébullition). Une fois filtrée, la décoction est pulvérisée sur les plantes.

La prêle possède des propriétés antifongiques. La décoction de prêle renforce les plantes et aide à lutter contre les champignons et maladies cryptogamiques, comme la rouille, la cloque du pêcher, le mildiou...

Il y a quelques années, on trouvait encore dans certaines jardineries des concentrés de décoction de prêle à diluer. Mais il me semble que depuis, ces préparations ont été retirées de la vente. Sans doute n'est-ce pas assez rentable? A moins que ce ne soit pas une bonne idée de suggérer aux jardiniers soucieux de l'environnement qu'il est tout à fait possible de préparer seul et à moindre coût ses propres produits bios? (Juste un petit accès de mauvaise humeur lorsque j'évoque ce sujet, mais ceci est un autre débat!...)

Trucs et astuces: la prêle à la maison pour lustrer et polir

Grâce à sa teneur élevée en silice, la prêle a été utilisée pour polir les cuivres et les étains. Les cendres de prêle n'auraient pas leur pareil pour faire briller de mille feux nos cuivres les plus précieux sans les rayer.
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Titre d'article blog, référencement et statistiques

Un petit billet SEO (référencement) sur les titres, qui confirme l'importance de soigner le titre de chaque article blog pour attirer le flair faillible des petits robots fouisseurs de maître Google.
On ne le dira jamais assez: un titre, c'est important! Vous en voulez la preuve? la voilà:

La fermeture de mon premier blog chez Over-blog ou comment déménager son blog?

Ce blog remplace un premier blog ouvert chez Over-Blog. Je n'ai pas fermé mon premier blog. J'y ai même laissé presque tous les articles, du moins les titres. Pour chacun de mes anciens articles chez over-blog, j'ai effacé le texte et je l'ai remplacé par un texte standard du style:
"Ce blog a déménagé, maintenant rendez-vous sur champagne-balade photographie..."
Un peu plus long que de tout supprimer, mais j'espérais récupérer quelques visiteurs d'over-blog sur blogger.
Cette méthode a moyennement marché: les internautes sont impatients et ils veulent tout, tout de suite. La majorité ne clique pas sur le lien du nouveau blog.
Par contre, cela a été très intéressant en matière de référencement:

Mes statistiques (et mon blogrank!) chez Over-Blog depuis sa fermeture:

Petit rappel des dates et du fonctionnement d'OB:
Le 5 février 2009, je mettais officiellement en ligne ce présent blog et je disais adieu à Over-blog.
Over-blog est une plateforme qui offre des statistiques relatives aux blogs, et qui leur attribue un blogrank propre à la plateforme. Les blogueurs d'Over-Blog savent de quoi je parle... Tyrannie de ce fameux blogrank: s'il monte, nos articles sont mis en première ligne chez over-blog. S'il descend, le moral baisse au même rythme et on se dépêche de publier pour voir la petite barre verte reprendre une taille convenable. Tout ça pour être visible sur le portail d'Over-Blog, en oubliant que la blogosphère est immense et qu'Over-Blog n'est pas google (pour citer le grand manitou des visites par moteurs).

Mes visites sur Over-Blog depuis 3 mois:
Jusqu'au début du mois d'avril, mon blog vide d'Over-blog enregistrait toujours au moins 70 visites par jour environ! Toutes ou presque venues de google. (Pas google images, j'avais effacé toutes mes photos). Et après deux mois d'abandon total... mon blogrank était toujours de 50 (petit clin d'oeil à destination de ceux qui ont un blog sur Over-Blog: à méditer pour relativiser la pertinence de ce fameux blogrank destiné à récompenser les bons élèves).
Depuis une semaine, Google a du remettre son moteur à l'heure, car les visites sont passées de 70 à 50... et mon blogrank est enfin descendu à 30.

Des dizaines de visiteurs sur mon blog fantôme grâce à de simples titres d'articles?

Comment attirer 70 visiteurs ou plus dans un blog fantôme? La seule explication que j'ai trouvé, ce sont mes titres d'articles. C'est en effet tout ce qui reste de mon blog. De simples titres qui ouvrent tous sur un même texte. Je sais que Google déteste le duplicate: la présence de deux contenus trop similaires. D'office, il sélectionne arbitrairement l'un des deux articles qui se ressemblent, et jette l'autre aux oubliettes. Pourtant, il recense apparemment encore tous mes articles d'Over-Blog, non pas sur le contenu des articles eux-mêmes (tous identiques), mais sur les titres. Des titres différents suffisent à cacher la similitude de contenu entre deux articles! Pour la défense de google, le texte de remplacement de mes articles est très court. Un texte court et un titre bien construit: le titre prend sans doute beaucoup plus d'importance. Un long article dupliqué sera probablement plus vite repéré et sanctionné, un bon titre ne suffisant plus à masquer le copier-coller du contenu du billet.

Encore et toujours soigner et varier ses titres!

Qu'en déduire? Que l'on n'accordera jamais trop d'attention aux titres de ses articles. Il faut choisir des mots-clés qui auront des chances d'être tapés par les utilisateurs de moteurs, et surtout varier ses titres pour éviter que google n'y voit du duplicate. Si tous les articles d'un blog de cuisine sont sous la forme: "La cuisine d'Amélie. Recette du jour: le xxx", il n'est pas certain que google comptabilise tous les articles. Les titres se ressemblent trop, ils ne varient que sur le dernier mot (xxx).

Des titres qui se ressemblent? Google sanctionne!

J'ai rencontré le problème du duplicate au niveau des titres sur mon autre blog. Suite au mauvais référencement de mon premier blog Over-Blog, je me suis penchée sur le sujet. J'ai appliqué certaines de mes découvertes à mon blog maternelle, mais j'ai voulu trop bien faire: je plaçais dans chaque titre d'article des mots-clés très génériques comme maternelle, scolaire... au détriment de mots qui décrivaient vraiment l'article: un lapin et un poussin. (Ne riez pas, ce blog fournit des ressources pour les enfants de moins de 5 ans!)
Les conséquences se sont faites sentir au bout de quelques semaines: une baisse flagrante des visites google, passées de 75% à 50%. Sur ce blog qui passe souvent les 1500 visites/jour, ça fait plusieurs centaines de visiteurs en moins chaque jour. J'ai donc arrêté de chercher les mots magiques qui attirent google, et j'ai repris mes habitudes: Un exercice de lapin et de poussin s'appelle lapin et poussin, et pas exercice scolaire maternelle. De toute façon, les mots "exercice", "scolaire", "maternelle" sont déjà dans la description de mon blog et figurent dans le corps de texte de très nombreux billets. Largement suffisant.
Depuis, la courbe des visites par moteur a repris sa forme ascendante, et j'ai fini par retrouver mon niveau initial.

Un titre idéal?

En fait, tout cela est plutôt rassurant: la meilleure façon de trouver le bon titre? C'est d'y mettre les mots-clés de chaque article, ceux qui distinguent l'article du jour de l'article précédent. Il suffit d'être honnête et de varier ses contenus. Inutile de se poser trop de questions, mais appliquer des petits trucs (comme la double publication titre/adresse pour les blogs blogger) donne un coup de pouce à notre blog. Améliorer le référencement de son blog, ça n'est pas se lancer dans les grands travaux. C'est avant tout faire un blog au contenu soigné et varié.

Réécrire les titres d'anciens articles?

Changer les titres de ses anciens articles pour les optimiser est-il une bonne idée? Pas certain. Il y a d'abord le temps perdu à ce genre d'opérations répétitives. Est-il préférable de réouvrir d'anciens articles pour une modification, ou d'en réécrire de nouveaux? Les nouveaux articles d'un blog sont toujours mieux référencés, et la fréquence de publication (de nouveaux articles) compte beaucoup pour les moteurs. D'autre part, si votre blog a déjà un certain âge, certains articles sont mieux référencés que d'autres. Réintervenir sur de nombreux articles d'un blog peut avoir des conséquences... bonnes ou mauvaises, à court terme comme à long terme. C'est un peu pile ou face!

A l'intention des blogueurs chez Over-blog: Dernières nouvelles des statistiques de mon ancien blog:

J'ai commencé cet article il y a une semaine. Entre temps, j'ai définitivement supprimé tous les articles-fantômes de mon premier blog over-blog. J'ai également "nettoyé" les différents modules de mon menu: j'ai presque tout supprimé. Mon blog OB se résume aujourd'hui à un seul article d'accueil qui renvoie ici.
Les conséquences ne se sont pas faites attendre, mais ne sont pas celles que l'on croit: dès le lendemain, mon fameux blogrank OB a fait une remontée vertigineuse et je suis revenue à 50!... Je n'y suis pas retourné depuis, mais je pense qu'OB finira bien par comprendre que je n'existe plus et que mon blogrank redescendra enfin?...

Une info à faire passer à tous ceux qui sont victimes des cruels aléas de la courbe du BR... Cet indice, c'est quand même un peu n'importe quoi!
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Plus de détails sur l'optimisation de son référencement? Voir les billets suivants:

(Petit rappel: je ne suis pas une pro du référencement de blogs, même si je suis plutôt contente de l'indexation des articles et images de champagne-balade photographies. J'exprime ici des hypothèses déduites de mon expérience, et rien d'autre. Si vous avez des objections ou des compléments d'information, n'hésitez pas à laisser un commentaire: ce sujet intéresse nombre d'entre nous et rien de mieux que de débattre et comparer nos expériences pour progresser!)

23/04/09

Sujet photo macro nature de printemps: le charançon (insecte coléoptère)

Edit septembre 2011: Dire que j'ai un jour espéré que mes photos de charançon connaissent le succès! Hélas, c'est chose faite. Elles sont à ce jour diffusées sans autorisation dans un site dont le webmestre refuse obstinément d'entendre raison... triste sort que ce personnage a réservé à mes charançons: il les a publié altérés, et bien sûr, signature rognée... Et si ce monsieur passe par là, qu'il ne m'y cherche pas: je pars immédiatement lire et relire un petit texte écrit justement en réponse à ces personnages désagréables, heureusement peu nombreux, qui hantent la toile. Vous l'avez deviné: je suis de retour dans le Grand bal des casse-pieds!

 

Soleil en avril: vive le charançon!

En coup de vent, ou plutôt en coup de soleil car enfin le beau temps sévit, voilà quelques images de l'un de mes sujets de prédilection en avril: le charançon.
photo-macro-nature-insecte-charaçon-coleoptere-gris-rose-tremiere
Un minuscule charançon au revers d'une feuille de rose trémière au pied d'un cerisier. La texture duveteuse de la feuille donne du relief à une photo à la composition très basique. Photographie macro réalisée dans le jardin.

Le charançon: un sujet photo macro d'insecte de saison

20/04/09

Sortie photo aux pâtis (suite): papillon et bourdon sur fleur jaune de pissenlit

Balade aux pâtis du mesnil et d'oger (marne champagne-ardenne) suite: les prairies fleuries

Suite de ma balade dans ce petit coin de paradis protégé que sont les tourbières des pâtis du Mesnil et d'Oger. Un paradis pour une flore rare et pour des milliers d'insectes, mais aussi pour le photographe macro. Si les odonates, libellules, demoiselles et agrions n'ont pas encore envahies les tourbières proprement dites, les prairies alentours explosent joyeusement de nuées de butineurs.
Alors, voilà tout d'abord une série un peu classique, mais d'une fleur qui mériterait de perdre son statut de mauvaise herbe nuisible: le si banal pissenlit!

Photo macro d'insecte: êtes-vous du soir ou du matin?

Cette série de photos a été réalisée assez tard, en fin d'après-midi. Un beau temps clair et ensoleillé, une lumière plus chaude que la lumière matinale, et les butineurs bien plus calmes qu'en milieu de journée.
On arrive facilement à approcher les insectes le matin, surtout au printemps alors que les nuits sont fraîches: les insectes commencent souvent la journée par un bain de soleil pour dérouiller leurs articulations engourdies par la nuit.
A midi, peu de chance d'obtenir une belle macro: abeilles, mouches, bourdons et papillons sont surexcités et passent leur temps à voler de fleur en fleur.
En fin d'après-midi, à nouveau s'opère un grand retour au calme. C'est le moment de retenter sa chance. Les insectes profitent des derniers rayons du soleil pour se gaver encore un peu de nectar. Ils se toilettent, emmagasinent un peu de chaleur avant de disparaître pour la nuit.

Si soir et matin sont les deux moments propices à la photo macro d'insectes, les ambiances lumineuses sont très différentes. Le matin, la lumière est plus fraîche, des gouttes de rosée agrémentent souvent les images. Le soir, place à une lumière plus chaude, même à intensité égale. Au lieu de se couvrir de rosée, les insectes sont souvent auréolés de pollen.

Sujet photo macro classique: le bourdon et le pissenlit

Aucune originalité dans le sujet. Pour compenser, reste à soigner l'image: cadrage, lumière, choix précis de la zone de netteté et de là où commence le flou. Une prairie en cette saison devient souvent un véritable champ de pissenlits. Autant profiter de ces jolis soleils pour placer quelques fleurs jaunes en arrière-plan. Estompées par la faible profondeur de champ, ces taches jaunes entrent dans les choix de composition.
photo-nature-insecte-hymenoptere-bourdon-recadrage-pissenlit
Photo macro nature en prairie naturelle aux abords des pâtis du Mesnil et d'Oger: bourdon (insecte hyménoptère) qui butine une fleur jaune de pissenlit

Balade aux pâtis du Mesnil et d'Oger (Marne): fleur rose à identifier (Pédiculaire des bois)

Retour aux pâtis du mesnil et d'oger (marne, champagne-ardenne)

Rien de mieux pour tourner la page d'une mésaventure, que de partir à la rencontre d'un territoire vierge. Rendez-vous pris Dimanche, avec un lieu très particulier que je vais essayer de suivre tout au long de l'année 2009: les pâtis du Mesnil et d'Oger.
Il s'agit d'une zone de tourbières protégée, qui abrite une faune et une flore très riche, parfois rare, et dont j'ignore encore beaucoup. C'est d'ailleurs là que j'ai déjà réalisé les photos de clématite vigne blanche (clematis vitalba) et de Bois joli (daphne mezereum).
Je consacrerai (un jour...) un article-reportage de ce site protégé, à la manière des articles sur les faux de Verzy.

Sortie photo en zone protégée inconnue: les Pâtis du Mesnil et d'Oger

Le problème, lorsque l'on se lance dans ce genre de projet, c'est que l'on pénètre en territoire inconnu: plantes, insectes ne ressemblent en rien à celles que l'on peut rencontrer quelques kilomètres plus loin. Parfois, on ignore même ce qu'il faut chercher. Une grosse partie du travail ne ne se passe donc pas sur le terrain, APN en bandoulière, mais à la maison, avant et après la sortie: découvrir l'écosystème, mais aussi identifier les sujets photographiés.


Photo de plante (protégée?): petites fleurs roses et rosette de feuilles pourpres à identifier

Voilà une bouteille à la mer: une petite fleur trouvée hier, dont j'ignore tout. Je ne l'avais jamais rencontrée. D'une petite rosette de feuilles pourpres sortent quelques fleurs roses qui ressemblent vaguement à des fleurs de lamier. Je vais essayer de l'identifier cette semaine, mais si quelqu'un passe par là avant et a un indice, je l'en remercie à l'avance!

photo-fleur-rare-protegee-patis-mesnil-oger-rose-feuille-pourpre
Plante mystère: rosette de feuilles pourpres au départ, qui se teintent de vert au fur et à mesure de la pousse. Petites fleurs roses teintées de blanc au coeur. Quelques centimètres de haut.
Voilà l'une des rares photos d'ensemble correctes que j'ai pu réaliser hier. Les fleurs émergent à peine d'un enchevêtrement d'herbes sèches, sous lesquelles percent des tas de petites pousses d'autres plantes, qui peuvent être des plantes en voie de disparition... donc à préserver!

Photographier des plantes basses: les problèmes rencontrés

Ce genre de plantes est assez difficile à photographier. Il est bien sûr simple de réaliser une photographie documentaire suffisante à l'identification. Mais j'aime chercher un bel écrin pour présenter ces petits trésors de la nature.
Le problème? Ils sont multiples.
  • Côté obscur: la petite taille (à peine quelques centimètres au dessus du sol) rend difficile des vues autres que la "vue de dessus". On se retrouve alors avec des zones sombres si souvent associées aux postillons disgracieux autrement appelés "bruit numérique". Pour tenter d'obtenir une qualité correcte d'images, il est nécessaire de ne pas trop monter en ISO. Il est donc préférable de faire sa sortie photo par temps lumineux.
  • Côté lumière: cette petite fleur fleurit tôt en saison. Sa rosette de feuilles transperce une couche d'herbes et feuilles séchées par l'hiver. Une rosette pourpre au milieu d'un nid d'herbes sèches blanches: cette fois, c'est la lumière cramée qui menace. Les herbes sèches ont tendance à réfléchir le soleil, et à "cramer" la photo!
  • Enfin, si les deux premières difficultés sont communes à toutes les petites fleurs rampantes de ce début de printemps, j'ai été confrontée à une troisième difficulté propre à la situation: Lorsque l'on se déplace dans un tel environnement, on hésite à se rouler par terre pour trouver l'angle de prise de vue idéal. Une zone protégée abrite des espèces... protégées (!). J'essaie donc autant que possible de ne pas abîmer ce fragile écosystème avec mes gros pieds ou en m'allongeant pour une contre-plongée. C'est typiquement le genre de situation où l'on regrette d'avoir arrêté le yoga au bout de 3 séances!

Le photographe nature et le respect de l'environnement

Comment se sortir de ces difficultés? Il n'y a pas de solution miracle. La meilleure solution, c'est de renoncer à la photo si l'on doit pour l'obtenir écrabouiller une zone en dehors d'un chemin. Le but n'est pas de faire une photo, mais avant tout de découvrir un environnement, et éventuellement de pouvoir en ramener un témoignage de sa singularité et de sa fragilité. Il serait aberrant de repartir avec une carte mémoire remplie au détriment d'une micro-faune ou flore malmenée.
J'ai pris quelques images de la première rosette de fleurs que j'ai trouvée. Pas de belles photos, mais le moyen de l'identifier. Ensuite, j'ai continué ma balade attentive. Sur la dizaine de ces plantes dénichées par la suite, une seule était placée de façon à me permettre d'en tirer une image d'ensemble pas trop moche, où on la reconnaisse bien, et en respectant l'environnement.
A d'autres endroits, j'ai pu réaliser quelques gros plans sur les fleurs, mais plus abstraits, et même faire quelques macros animales...

Photo macro nature: petites fleurs roses et acarien rouge

...Alors que je cherchais vainement un bel angle de vue pour prendre l'ensemble de cette autre plante, un petit point orange a soudain agacé mon capteur. Une petite bête très occupée à effectuer des aller et retours dans la fleur. J'ai donc changé mes plans pour me concentrer sur ce nouveau sujet photo. Il est toujours intéressant de découvrir les animaux liés à une plante précise. Cela peut aider à l'identification des uns et des autres. Je suis passée d'une petite ouverture (avec une grande zone de netteté pour avoir toute la plante nette sur la photo), à une grande ouverture (beaucoup de flou, et tant pis si on ne reconnait plus la fleur: les tâches d'herbe, de terre sombre, de feuilles pourpres se fondent dans un flou d'arrière-plan).

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Suite de la balade photographique aux patis du Mesnil et d'Oger. Un gros plan sur l'occupant de cette fleur rose. Un petit acarien rouge (photo nature fleur ... et acarien)

Cette petite bête m'a demandé un peu de concentration. Elle passait son temps à entrer et sortir, et étant donné sa petite taille, il me fallait la figer dans une posture où elle soit bien reconnaissable. Il ne s'agit pas d'un insecte, mais d'un acarien. (Certitude à 99%, mais marge d'erreur de 1%... je n'ai pas une confiance absolue en mes connaissances sur le sujet!).


Différentes façons de photographier, selon la destination de la photo:

A la fin de l'été 2008, j'ai dû photographier certaines plantes et champignons. Un travail qui répondait à une demande extérieure, et qui change complètement la façon d'aborder la photographie.
Lorsque j'ai illustré le livret pédagogique sur la biodiversité pour la Ligue ROC, je n'ai pas eu besoin de mettre le nez dehors. Il s'agissait de sélectionner dans mon disque dur des illustrations déjà faites, qui correspondaient à un texte. Je n'avais pas à me poser la question "Cette photo est-elle réussie?", mais "Cette photo illustre-t-elle le texte?". Je faisais un tri dans des archives qui ne contenaient pas de photos "ratées", celles-ci ayant pris la direction de la corbeille des mois auparavant.

Lorsqu'au contraire on doit se rendre quelque part et revenir avec des images, l'enjeu est tout autre. Il s'agissait de photos de flore et paysage plutôt documentaires. Le tri opéré à la visualisation devait se faire selon les critères de quelqu'un d'autre, et non pas uniquement mes critères propres: la photo devait convenir pour son usage, mais je devais aussi la trouver assez réussie pour accepter qu'elle soit diffusée.

Pour moi qui cherche avant tout une image qui parle d'elle-même, qui travaille mes photos comme je travaille une toile, l'expérience a été vraiment enrichissante. C'est ce genre de photo-reportage que je me force à faire maintenant lorsque je me rends dans des endroits à l'écosystème remarquable. Obligée d'être moins exigeante parfois, pour obtenir des photos qui soient des compromis entre le documentaire et l'esthétique. Chaque nouvelle expérience est propice à de nouvelles réflexions sur sa propre pratique photo.

A suivre: une série photos macros beaucoup plus commune: insectes et pissenlit, toujours lors de cette balade aux Pâtis.

19/04/09

Vol d'article: Epilogue et stupéfaction!

Dernier volet de ces histoires de vol de documents et photos internet: je viens de réécrire mon premier billet sur les riques de vols de contenus blogs (textes / photos) sur internet.
J'y ai supprimé les références à un premier vol, puisque tout est réglé depuis. Par contre, j'y ai détaillé l'histoire de "la dame à la ficaire" et moi. J'ai pensé que raconter concrètement à quoi pouvait ressembler un blogueur malhonnête, un blog qui se nourrit de pillage et comment ces gens-là pouvaient réagir était susceptible de vous intéresser.
Maintenant, place au soleil et à la photo. promis, je publie très bientôt un nouvel article en images, cette fois!
Un grand merci à tous pour vos témoignages de soutien et d'amitié. Dans certains moments, ils procurent un réconfort bien nécessaire! Un peu de douceur dans un monde de brutes...

18/04/09

Dépot du blog photo en copyright

Petit travail du soir: dépôt de mon blog en copyright. Une chose que je voulais faire depuis longtemps. Peut-être devrais-je remercier la "dame à la ficaire": grâce à sa malhonnêteté et à son absence totale de réactions depuis ma mise en demeure de retirer de son blog ce qui m'appartenait, je me suis décidée à m'atteler à cette tâche. (Je déteste toute démarche de ce genre, et je trouve toujours dommageable d'afficher de tels logos sur un site: on paraît soupçonneux à tort... et hélas parfois à raison.)

Tout contenu, qu'il soit déposé ou non, demeure la propriété de son auteur. Il existe d'ailleurs de nombreuses façons de protéger ses textes ou images (en photo, détenir le fichier RAW, un format d'images qui est forcément antérieur à tout autre format, constitue une preuve de propriété irréfutable). Déposer son blog sur un tel site de copyright, c'est avant tout se faciliter la tâche en cas de réclamations. Cela ne change pas les droits de l'auteur, mais il est plus simple et rapide d'apporter des preuves en cas de litige, le tout pour un coût très modéré (10 euros pour toute la vie! Je les rajouterai sur la facture que je vais adresser à la "dame à la ficaire": en farfouillant un peu, je me suis rendue compte qu'elle m'avait aussi volé les deux photos qui illustraient l'article sur la ficaire fausse renoncule).
J'arrête là pour ce soir, je veux vraiment clore le sujet. Je publierai un billet détaillé sur le droit d'auteur, le risque de plagiat ou de copie illégale et sur les solutions que nous avons pour nous en protéger dans quelques temps... Besoin de digérer avant.

Vol sur internet: article, photo... certains blogs pillent les autres!

Historique de ce billet:

J'ai publié initialement cet article le vendredi 17 avril 2009. Un billet d'humeur "à chaud", pour soulager ma colère. Depuis, les choses ont changées et la page peut être enfin tournée. Je le réécris donc en fonction des évènements qui se sont produits depuis.

Ce vendredi 17 avril, je suis tombée par hasard sur deux blogs qui avaient utilisé abusivement des ressources m'appartenant. Pour l'un d'entre eux, il s'agissait d'une maladresse. L'auteur du blog s'en est expliquée et excusée. Le problème s'est résolu de façon très courtoise et civilisée. Je supprime donc du présent article les paragraphes qui y faisaient allusion. (Pour ceux qui avaient lu la première version de cet article, il s'agissait des "poissons").

Le second blog à m'avoir emprunté des contenus a été une découverte beaucoup plus désagréable. Je réécris donc partiellement mon article, pour le consacrer uniquement à "la dame à la ficaire", surnom donné à cette voleuse. Mon intention n'est pas de la montrer du doigt (je ne livrerais pas son pseudo réel, ni l'ancienne adresse de son blog), mais de vous emmener avec moi à la découverte des bas-fonds de la blogosphère. Car comme dans la vraie vie, le monde du net est vaste et rempli de belles rencontres. Et comme dans la vraie vie, des individus trouvent dans cet espace virtuel des voies détournées pour leurrer et léser les autres. Et qui sait s'ils ne se leurrent pas eux-mêmes?...

Premier épisode: le flagrant délit de vol d'article:

Vendredi 17 avril...
Il y a des jours où la vie est belle est d'autres où l'on va de désagréments en désagréments. Ce vendredi était l'un de ces jours grisâtres. Du coup, quitte à plonger dans les choses désagréables, j'ai fait quelques recherches Google sur le contenu de mon blog photos. Pas très compliqué: j'ai recopié dans la barre de recherche une phrase extraite de certains de mes articles, dont l'un avait déjà été plagié par le passé (il suffit de choisir une phrase qui contient des mots clés et qui présente une tournure un peu personnelle, et de la copier entre guillemets dans un moteur). Bingo! Mon billet sur la ficaire fausse renoncule s'était démultiplié. Un petit jeu où l'on voudrait ne jamais gagner... Vous n'y croyez pas? Moi non plus, sur le coup. Alors je vous ai ramené de ce voyage dans les bas-fonds de la blogosphère une capture d'écran de ce blog.
vol-internet-blog-ficaire-fausse-renoncule-texte-articleIl suffit de cliquer dessus pour y lire mon texte, illustré à l'origine de photos bien plus laides que les miennes (une petite pique à l'intention de ma voleuse, histoire de me défouler).
Pour comparer à l'original, c'est ici: La ficaire fausse renoncule de champagne-balade.
(Je n'ai pas capturé tout son texte, mais ma voleuse n'a pas oublié de recopier jusqu'à mes dernières lignes.)

Conséquences indirectes d'un vol de texte sur un blog:

En fait, j'aurai du me douter plus tôt que cet article avait été plagié. C'est un article importé de mon précédent blog, et qui m'a toujours rapportée un bon taux de visites moteur (je ne détaille pas pour quoi, mais si Lajemy passe, elle comprendra). Depuis quelques temps, finies les arrivées par des recherches "ficaire fausse renoncule" sur mon blog. Injuste et aveugle maître Google qui sanctionne le duplicate! Deux articles identiques = pas de référencement moteur. Merci à ma voleuse!

Contacter un voleur de contenu internet:

Suite à ces constatations désagréables, il me restait la tâche non moins désagréable de contacter ma voleuse. Comme par hasard, si j'indique clairement dans mes blogs comment m'envoyer un mail, il est rare de trouver une adresse mail sur les blogs de ces personnes malhonnêtes. A croire qu'elles souhaitent conserver l'anonymat. Étonnant, non?
Pour joindre ma voleuse de ficaire, j'ai été contrainte de m'ouvrir un compte sur sa plateforme . Pas d'autres moyens de lui adresser un message, et une demi-heure de perdue!

Une fois mon compte créé, je lui adresse un message privé assez sec: "Je suis en colère... vous avez recopié intégralement l'un de mes articles en le signant... Il s'agit d'un usage abusif, d'un vol... Merci de me contacter au plus vite par mail pour résoudre ce problème..."

Les heures passent. Pas de nouvelles de la voleuse. Un peu écoeurée et toujours en colère, je me connecte à mon blog pour m'épancher auprès de vous, et peut-être aussi pour lui mettre un peu la pression. Je tenais à régler cette petite histoire en privé, mais je crois que rien de mieux qu'une capture d'écran pour montrer ce qu'est un vol dans la réalité.
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Parenthèse: les voleurs répondent-ils aux auteurs?

La notion de droit d'auteur
En préambule, quelques précisions: toute personne qui crée un texte, une image, une musique est auteur. Il n'y a aucun rapport entre le fait d'être auteur et le fait d'être professionnel ou amateur, quelque soit le domaine d'activité. Tout auteur est légalement propriétaire de ses oeuvres. Lorsque je suis victime d'un vol (ce qui m'est arrivé de nombreuses fois, hélas), il s'agit en général d'un vol sans grandes conséquences, parfois par simple méconnaissance de cette notion de droit d'auteur, souvent par négligence (le fameux "pas vu pas pris"), et de rares fois de façon malhonnête et délibérée.
Lorsqu'il s'agit d'un contenu dont je suis l'auteur, retrouvé dans un autre blog, je demande simplement le retrait immédiat de ce contenu. cela me paraît la moindre des choses. (Dans certains cas, il aurait suffi que les personnes me demandent l'autorisation et les conditions pour que j'accepte de leur prêter un contenu. )

Les réactions des voleurs:
Les voleurs répondent-ils aux mails de réclamation? La plupart du temps, bien sûr que non. Ils se dépêchent de supprimer de leur blog ou site ce qu'ils ont volé. A postériori, je me rends compte que j'ai eu de la chance: les premières personnes qui ont diffusé dans leur blog des ressources qui m'appartenaient ont été très honnêtes. Elles ont eu la courtoisie de me répondre et de s'excuser. L'une d'entre elle l'a même fait publiquement sur son propre blog. Je la remercie (et je ne la cite bien sûr pas pour ne pas lui faire de tort, mais c'est l'illustration que ce genre de chose peut arriver à tout le monde, et qu'entre personnes de bonne volonté, tout se règle vite et bien).

Il y a quelques semaines, un blog d'enseignante affichait une fois de plus des ressources de mon propre blog petite enfance, et les présentait comme des créations personnelles. (Pour info: je partage dans ce blog des ressources à destination des parents et enseignants de maternelle. Mes exercices sont gratuits, téléchargeables pour un usage privé ou en classe, mais je n'autorise pas qu'ils soient diffusés sur d'autres blogs, encore moins si quelqu'un d'autre se les approprie en oubliant de citer mon blog!). Envoi d'un mail qui stipulait que les exercices m'appartenaient, que je les laissais en libre usage pour l'impression, mais pas pour la diffusion sur d'autres sites. Je priais donc l'auteur de ce blog de retirer mes documents de son blog. Réponse exaspérée de la voleuse, qui n'avait pas que ça à faire de s'occuper de son blog, et qui ne comprenait pas que des gens comme moi fasse perdre du temps à des gens comme elle! De mauvaise grâce, elle a retiré les images utilisées abusivement. L'affaire était close et j'ai pris conscience un peu écœurée que jusque là, je n'avais pas à me plaindre: soit j'avais eu affaire à des gens très lâches qui retiraient dans la seconde les documents volés sans me répondre, soit j'avais eu affaire à des gens courtois qui s'excusaient et réglaient le problème avec civilité. Je découvrais là que la victime d'un vol pouvait se retrouver accusée d'empêcher le monde de tourner en rond. Un monde qui tourne à l'envers, non? (Mais j'étais loin d'imaginer jusqu'où pouvaient aller des voleurs tordus...)
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Qu'en sera-t-il de ma voleuse à la ficaire? Mystère. Aucun mail dans la boîte ce vendredi soir. Demain peut-être?

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Un petit mot de remerciement à tous ceux qui m'ont témoigné leur solidarité aussi rapidement et mention particulière pour Lajemy pour sa gentillesse.
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Deuxième épisode: la réponse du voleur à la volée...

Samedi matin: suite de l'histoire...

Moi qui voulais passer à autre chose... La "dame à la ficaire" est décidément quelqu'un que l'on a du mal à oublier. Pas de nouvelles par mail ce matin: j'en ai conclu qu'elle n'avait pas eu mon message. Quelle naïveté!
Je commence vraiment à en avoir ras le bol de cette minorité qui ne respecte pas les autres. Je suis allée refaire un tour du côté de son blog. Je n'aurai jamais du! Si le plagiat est le genre de désagrément que je préfère résoudre "en privé", la "dame à la ficaire" appartient à cette catégorie de personnes qui aime s'exposer sur la place publique.

J'ai été sidérée:
Dans la nuit, elle a publié un nouvel article constitué de mon mail privé. J'avais bien sûr signé mon message, et le voilà publié sans signature, tel un message anonyme et incompréhensible pour le lecteur de passage.
Mais la "dame à la ficaire"ne s'arrête pas là: mon article plagié est toujours présent dans son blog, et dans le fil des commentaires qui succède à mon mail de réclamations, elle se lamente d'être victime (de mes mauvais traitements!) et assure qu'elle "n'en a rien à foutre" et "que les gens sont méchants". Elle se définit aussi comme quelqu'un de rebelle et d'intègre qui met un point d'honneur à ne pas céder à la pression. Un ramassis de bêtise humaine relayé par deux ou trois rares visiteurs qui la plaignent, m'accusent de violence à son égard, et l'encouragent à ne pas céder à ma requête. Les arguments: si on n'accepte pas de se faire voler, on ne tient pas un blog!
Pour tout vous avouer, sur le coup, il y avait de quoi pleurer. Lire de telles accusations alors que l'on est victime (même si un vol d'articles n'est pas ce qui arrive de plus grave au monde), c'est déstabilisant, écoeurant, blessant.

J'arrête là, juste après un extrait d'un commentaire laissé par la "dame à la ficaire" dans son propre blog, sous sa publication de mon mail de réclamation:
Arrf j'ai mis son adress, com ça elle pourra bouster le nombre de ces visites...
Explication: j'avais indiqué l'adresse de mon blog dans le mail privé que je lui ai adressé hier soir, au cas où elle aurait oublié l'origine de son article sur la ficaire. Elle a eu la gentillesse de laisser visible l'adresse de mon blog lorsqu'elle a choisi de rendre ce mail public. Une sorte de compensation? Un peu prétentieux, non? Dois-je la remercier?!!!...

Et ma"dame à la ficaire", qui ne réalise pas qu'en tant que blogueuse, elle a la responsabilité du contenu qu'elle publie, et qu'en tant qu'être humain, elle fait preuve d'indécence et d'égoïsme! Je ne comprends pas quel plaisir on peut retirer à prétendre être l'auteur de textes que l'on n'a pas écrits. C'est un manque de respect vis à vis de l'auteur du texte, mais aussi vis à vis de ses propres lecteurs.
Je regrette vraiment d'être tombée sur ce blog (ou tombée si bas?...). J'aurais préféré ignorer ce plagiat, et ignorer par la même occasion que la blogosphère pouvait être aussi peu civilisée!
Pour répondre au commentaire de Marc, je répugne à livrer son adresse. Par nature, je préfère régler les situations désagréables en coulisses, et surtout ne pas les imposer sur mon blog: ce sont des ondes négatives, du temps perdu pour tout le monde.

Troisième épisode: passer à l'action:

Puisque la "dame à la ficaire" choisit de réagir avec lâcheté, pas d'autre solution que de m'exprimer dans le fil de ses commentaires: un premier commentaire à l'égard de ses visiteurs, pour me présenter comme l'auteur du mail reproduit dans son article et en détailler les circonstances. Demander ensuite à la voleuse de se rendre à la raison, et de prendre contact en privé avec moi ou de retirer mon article de son blog.

Dernier épisode: samedi soir...

Samedi soir, un petit tour par ma boîte mail après un après-midi consacré à tout autre chose.
Toujours pas la moindre réponde de la "dame à la ficaire", mais un changement de ton dans le dernier commentaire rajouté sous son article: Si de rares visiteurs lui avaient témoigné leur soutien et m'avaient trainée dans la boue dans la nuit de samedi à dimanche, mes explications ont du éclairer les esprits. Plus personne pour la défendre et m'accuser. Et même l'une de ses "amies" qui me présentait ses excuses par le fil des coms "Suite à vos explications, je tenais à m'excuser des propos que j'ai pu tenir... j'espère que tout se règlera à l'amiable". Et moi donc!

Ce petit commentaire m'a fait chaud au coeur, après tout ce déballage de conn... Non! Je n'étais pas tombé dans la quatrième dimension! Les tordus sont minoritaires, et l'individu civilisé possède cet esprit critique capable de lui faire prendre conscience de certains excès. L'auteur de ce commentaire a même plutôt eu du courage de se désolidariser de ma voleuse et de me présenter publiquement des excuses. Merci à elle si elle me lit un jour.

A part ce minuscule rayon de soleil, le blog de la "dame à la ficaire "demeurait un mur aveugle et sourd à mes messages. Je n'avais pas envie de me lancer dans de longues réclamations, épuisantes et jamais enrichissantes. Mais j'étais choquée et blessée par son attitude. Tout en réfléchissant à la suite des évènements (Allais-je prévenir sa plateforme blog qu'elle diffusait des contenus volés? Un dernier recours "à l'amiable", et si je n'aime pas dénoncer, j'étais toutefois résolue à le faire). Pour patienter, et essayer de cerner un peu mieux la personnalité de la "dame à la ficaire", j'ai farfouillé dans les différentes rubriques de son blog. Je suis arrivée dans ses albums photos personnels...

Voyage au bout de l'affaire: les albums photos (pardon pour ce jeu de mot dont je ne suis pas fière... je suis fatiguée!)

Quelques albums photos que la "dame à la ficaire" avait placé en "libres de droit". Cela signifie qu'elle cède tous ses droits sur ses images, et qu'elle accepte que quiconque les télécharge pour en faire ce que bon lui semble. Cela impose au préalable qu'elle reconnaisse être l'auteur de chaque image placée dans ces albums, ou qu'elle n'y mette que des images elles-mêmes libres de droit.
Devinez ce qui traînait au fond de son album "Flore"?... Les photos extraites de mon article sur la ficaire fausse renoncule! Bien sûr, "la dame à la ficaire" n'est pas stupide. Elle a pris soin de rogner les photos pour faire disparaître le filigrane, et les a même passées dans un logiciel de retouche pour en changer partiellement l'apparence (plus saturées et contrastées). Les photos ainsi dénaturées ne lui ont pas servies sur son blog. Je suppose que la plupart des images de ses albums étaient des photos volées. Pas si futée que ça, elle les légendait en recopiant des phrases extraites des blogs où elle les volait.

Par curiosité, j'ai rentré la légende de l'une de ses photos (un accouplement de coléoptères) dans "google image": j'ai retrouvé en première position cette même photo, sous copyright d'une agence photographique professionnelle!
Sous chacune de mes deux photos, j'ai à nouveau laissé un commentaire qui lui demandait de les retirer immédiatement de ses albums. Si elle avait refusé, je lui aurais envoyé la facture.
Si le vol d'un article n'est pas facilement "facturable", il est beaucoup plus simple de trouver des "tarifs + dédommagements" couramment appliqués dans ces situations (et encore une fois que l'on soit amateur ou professionnel). Un moyen dissuasif parmi d'autres... (Le but n'est pas d'encaisser un chèque, mais de voir ses images supprimées d'un blog, dans le cas présent).

Jusqu'où peut aller un voleur? Très loin!

Ma "dame à la ficaire" n'avait pas eu de coup de coeur particulier pour mon blog. Mon article n'était qu'un emprunt parmi des dizaines... On ne s'en sent pas moins seule, et c'est encore plus révoltant. Voilà à titre indicatif de quoi était constitué son blog:
  • Des articles documentaires (thèmes: art, plantes médicinales...): j'ai sélectionné au hasard dans une dizaine de ces articles une phrase représentative, je l'ai rentrée dans la barre de recherche de google. A chaque fois, verdict imparable: ses articles étaient tous recopiés à partir d'autres sites. Les plus anciens sur des sites encyclopédiques style wikipédia, les plus récents sur des sites ou blogs de particuliers comme vous et moi. A chaque fois, elle signait ces articles et prétendait en être l'auteur.
  • Des extraits de livres: là encore aucun écrit personnel, mais des recopies de paragraphes entiers d'auteurs divers. Dans cette catégorie, elle ne prétendait pas être auteur (un peu gonflée!), mais je ne sais pas où est la frontière légale entre "citation" et "copie illégale". On peut citer un auteur pour illustrer des propos personnels, mais recopier telles quelles des pages entières de Houellebecq (dont elle était fan) ou Eric Emmanuel Schmitt, je ne suis pas certaine que cela soit très légal.
  • Enfin, pour sa défense, la "dame à la ficaire" se définissait comme poétesse nihiliste et quelques fois par mois, elle se fendait d'une petite poésie personnelle pour se lamenter sur la méchanceté du monde qui l'entourait.

Les voleurs internet n'ont pas d'âge:

Eh oui! Certaines idées reçues ont la vie courte! Lorsque l'on parle plagiat, on pense tout de suite à de jeunes blogueurs peu soucieux de ce genre de choses, qui recopient des articles comme l'on télécharge illégalement de la musique. Alors que je crois que les pires voleurs sont ceux qui, comme la "dame à la ficaire", se créent un personnage en empruntant à droite à gauche des textes et des images. Cette personne n'avait rien d'une jeune écervelée. Elle affichait fièrement sa connaissance des philosophes grecs et contemporains, son amour de l'art et sa passion pour l'écriture... Son blog tournait depuis longtemps, bâti dès le départ sur des contenus volés. Elle avait des amis, des lecteurs fidèles qui trouvaient son blog merveilleux, instructif, intéressant... Difficile à admettre, mais internet, c'est aussi ça! On se construit plus facilement que dans la vraie vie une fausse identité. D'ailleurs cette personne avait pris beaucoup de soin à ne livrer aucune information personnelle. Juste un pseudo anonyme. Je me demande si l'on n'est pas moins méfiant sur le net que dans la vraie vie. Jamais, en lisant un blog, je ne soupçonne l'auteur d'être un usurpateur. Trop naïve?

Dépôt internet sous huissier: prévention des vols?

En réalisant jusqu'où allait la malhonnêteté de la "dame à la ficaire", je me suis décidée à déposer le soir même et une bonne fois pour toute mon blog en copyright internet (voir le logo qui a fait son apparition dans mon menu). Ce vol dont j'étais victime ne m'était pas préjudiciable outre mesure. Un petit vol de rien du tout, mais commis par une personnalité tordue.
J'espère que ce petit logo "blog déposé" m'assurera un peu plus de tranquillité, et s'il peut m'éviter à l'avenir de croiser le chemin d'individus tels que cette voleuse, cela vaut bien les 10 euros versés! C'est le genre d'expérience dont on sort sali, même si tout fini par s'arranger.

Fin de l'histoire: le blog sacrifié

Dimanche matin...
Très souvent, le matin, j'allume l'ordinateur pour m'occuper de quelques mails de la veille, et publier les commentaires déposés. Allais-je avoir enfin un signe de vie de la "dame à la ficaire"?
Bien sûr que non. Je suis donc retournée sur son blog. Surprise: la page n'existait plus! Plutôt que de simplement retirer mon article et mes 2 photos, elle a choisi de rayer son blog de la blogosphère. Le web n'y perdra pas grand chose, puisque le contenu existe dans les sites d'origine, mais c'est vraiment radical. Ce blog avait déjà "du vécu", il ne s'agissait pas d'un petit blog tout neuf que l'on vient de lancer. Décidément, voilà une personne stupéfiante, obstinée et bizarre, que j'espère ne plus jamais croiser!
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