L'ail des ours (Allium ursinum - liliacées): fleurs blanches en sous-bois
C'est la saison de l'ail des ours! Une plante qui éclaire les sous-bois frais et ombragés de jolies fleurs blanches. De la famille des lis (liliacées), cousine du muguet et plus proche parente encore des aulx cultivés que sont l'échalote, l'oignon, l'ail rose de Lautrec (le meilleur!) ou le poireau.
Une photo d'ail des ours: fleur blanche à 6 pétales et 3 fruits qui contiennent les graines
(cliquez pour agrandir)
Une photo d'ail des ours: fleur blanche à 6 pétales et 3 fruits qui contiennent les graines(cliquez pour agrandir)
Ail sauvage: En mai, il n'y a pas que le muguet...
L'ail des ours est une plante herbacée très commune, qui forme parfois de vastes colonies. Mai est le mois du muguet... Les promeneurs de printemps marchent à grand pas dans les chemins forestiers, focalisés sur les clochettes, sans un regard pour cet ail des ours pourtant charmant. Il faut dire que le parfum du muguet est plus agréable que l'odeur prononcée de l'ail des ours... Mais histoire de rétablir l'équilibre entre muguet et ail des ours, le premier est une plante très toxique, alors que le second est comestible et possède de nombreuses vertus médicinales.
Botanique: Description de l'ail des ours
L'ail des ours est une plante herbacée de 15 à 30 cm. Avant la floraison, on ne voit de la plante que deux feuilles linéaires semblables à celles du muguet. Mais il suffit d'en froisser une: l'odeur caractéristique d'ail permet d'éviter toute confusion.
La tige des hampes florales est triangulaire, à l'extrémité de laquelle se déploient des fleurs en ombelles en mai et juin. Ces fleurs sont d'un blanc pur, en forme de cloche à six pétales. Le fruit est une capsule triangulaire à trois loges qui contiennent de petites graines noires.
La tige des hampes florales est triangulaire, à l'extrémité de laquelle se déploient des fleurs en ombelles en mai et juin. Ces fleurs sont d'un blanc pur, en forme de cloche à six pétales. Le fruit est une capsule triangulaire à trois loges qui contiennent de petites graines noires.
l'ail des ours: une plante comestible
Voilà une plante comestible oubliée. Et pourtant, elle est consommée depuis la nuit des temps! Connue des celtes et des germains, on a même retrouvé du pollen d'ail des ours lors de fouilles d'habitats néolithiques.
On consomme les feuilles, cueillies avant la floraison. Crues, elles servent de condiment sur des crudités, pour parfumer du fromage blanc... Cuites, elles interviennent dans la confection de soupes, d'omelettes, ou à préparer comme des épinards.
Attention aux confusions dangereuses! En cuisine, il faut cueillir les feuilles avant floraison. Elles peuvent être confondues avec les feuilles de muguet, de colchique ou d'arum, toutes très toxiques. Alors, ne pas oublier de froisser les feuilles pour vérifier leur odeur.
On consomme les feuilles, cueillies avant la floraison. Crues, elles servent de condiment sur des crudités, pour parfumer du fromage blanc... Cuites, elles interviennent dans la confection de soupes, d'omelettes, ou à préparer comme des épinards.
Attention aux confusions dangereuses! En cuisine, il faut cueillir les feuilles avant floraison. Elles peuvent être confondues avec les feuilles de muguet, de colchique ou d'arum, toutes très toxiques. Alors, ne pas oublier de froisser les feuilles pour vérifier leur odeur.
- Dans le blog: recette de boutons de fleurs d'ail des ours au vinaigre
- Un autre site avec quelques recettes de "cuisine à l'ail des ours" en suivant le lien.
l'ail des ours: Propriétés médicinales
Les aulx ont des vertus médicinales qui ne sont plus à démontrer. L'ail des ours ne dépare pas: il est bactériostatique, antiseptique et antiputride.
Il est également bénéfique pour les troubles intestinaux et digestifs, et peut participer à la lutte contre l'hypertension.
Il est également bénéfique pour les troubles intestinaux et digestifs, et peut participer à la lutte contre l'hypertension.
l'ail des ours: étymologie et légende
Ail: Alium signifie "brûlant"
Ours: Ursinum signifie "ours"
Et le tout donne un nom de plante aux senteurs médiévales: l'ail des ours!
"Ail des ours"... Avec un nom pareil, je n'ai pas pu résister! Me voilà partie sur la piste du plantigrade. J'ai eu beau chercher aux alentours, aucune empreinte d'ours aux abords des fleurs, aucune trace visible d'un quelconque ours dans mes forêts de Champagne... Pas de trace visible pour expliquer le nom de cette plante? Qu'importe! Il reste toujours l'autre piste à suivre, celle qui se déroule de l'autre côté, dans le monde invisible...
L'ours, animal totémique et symbolique:
Tous les aulx ont des pouvoirs magiques: il y a la récente utilisation des gousses d'ail pour chasser les vampires, qui n'est pas sans rappeler le fait que le mot sanscrit qui désigne l'ail signifie littéralement "tueur de monstre". L'ail combat les monstres, il purifie le corps (en médecine) et quelques gousses jetées dans les rivières savoyardes en purifiaient jadis les eaux.
"L"ail des ours" combattait-il ces mammifères? Je ne crois pas que ça soit la bonne explication.
D'abord parce que l'ours n'est pas un monstre, au contraire! Il représente la puissance, a été l'emblème de rois mythologiques ou réels, sous sa bannière se sont remportées des guerres, et les plus grands mages, Merlin pour n'en citer qu'un, ont souvent revêtu son apparence pour arpenter le monde. Aujourd'hui encore, l'ours demeure l'emblème de la ville de Berne ou de Berlin (ces deux noms signifient "ours").
L'ours, avec sa capacité à marcher debout si rare dans le monde animal, n'est autre qu'un "homme sauvage", notre part d'homme-animal capable de métamorphoses et familier des esprits invisibles de la nature.
Anciennes armoiries de Berlin (1492).
L'ours figure aujourd'hui encore sur les emblèmes de la ville. Si j'ai choisi cet emblème médiéval plutôt qu'un blason plus récent, c'est à cause de l'attitude de l'ours: il se lèche la patte, vestige d'une croyance populaire qui affirmait au moyen-âge que l'ours réfugié dans sa tanière se nourrissait durant l'hiver en se "lichant" la patte.
"L"ail des ours" combattait-il ces mammifères? Je ne crois pas que ça soit la bonne explication.
D'abord parce que l'ours n'est pas un monstre, au contraire! Il représente la puissance, a été l'emblème de rois mythologiques ou réels, sous sa bannière se sont remportées des guerres, et les plus grands mages, Merlin pour n'en citer qu'un, ont souvent revêtu son apparence pour arpenter le monde. Aujourd'hui encore, l'ours demeure l'emblème de la ville de Berne ou de Berlin (ces deux noms signifient "ours").
L'ours, avec sa capacité à marcher debout si rare dans le monde animal, n'est autre qu'un "homme sauvage", notre part d'homme-animal capable de métamorphoses et familier des esprits invisibles de la nature.
Anciennes armoiries de Berlin (1492).L'ours figure aujourd'hui encore sur les emblèmes de la ville. Si j'ai choisi cet emblème médiéval plutôt qu'un blason plus récent, c'est à cause de l'attitude de l'ours: il se lèche la patte, vestige d'une croyance populaire qui affirmait au moyen-âge que l'ours réfugié dans sa tanière se nourrissait durant l'hiver en se "lichant" la patte.
L'ours médiéval et le passage des saisons: solaire et lunaire
Pourquoi l'ail purificateur est-il associé à l'ours? Tout simplement parce qu'à leur réveil, les ours consommeraient cette plante pour se purger. Mais rien n'est si simple, et si l'on a choisi de la nommer "ail des ours" plutôt qu'"ail des bois" ou de l'associer à tout autre nom d'animal, c'est à cause de l'importance de l'ours dans notre inconscient collectif.
Les feuilles, la partie consommable de la plante, poussent au printemps, à l'heure où le monde doit se purifier des noirceurs de l'hiver et prie désespérément pour que le soleil revienne. Et le grand médiateur symbolique entre le froid souterrain et le fertile soleil d'été, la créature qui décide de la fin de l'hiver et indique aux hommes qu'il est temps de songer aux semailles n'est autre que notre ours:
Il n'est pas que symbole de puissance terrestre, cet ours. Il est aussi symbole du renouveau et marque les saisons (ou provoque le changement de saisons?). Il est le lien entre l'hiver et l'été, mais aussi le lien entre les esprits souterrains avec qui il converse durant son hibernation et le monde solaire qu'il arpente debout, à la manière des hommes, durant l'été. L'ours est respecté, car il connait les mystères du monde. A la fois animal lunaire parmi les ombres d'hiver et animal solaire qui se gave de miel doré l'été. C'est de là que lui vient sa grande sagesse, et son pouvoir de prédiction ou de décision sur l'arrivée du printemps.
Comme la plante nourricière qui porte son nom, il disparait sans les tréfonds du monde souterrain chaque hiver, puis sort de sa tanière pour renseigner le paysan sur l'avancée du printemps:
Les feuilles, la partie consommable de la plante, poussent au printemps, à l'heure où le monde doit se purifier des noirceurs de l'hiver et prie désespérément pour que le soleil revienne. Et le grand médiateur symbolique entre le froid souterrain et le fertile soleil d'été, la créature qui décide de la fin de l'hiver et indique aux hommes qu'il est temps de songer aux semailles n'est autre que notre ours:
Il n'est pas que symbole de puissance terrestre, cet ours. Il est aussi symbole du renouveau et marque les saisons (ou provoque le changement de saisons?). Il est le lien entre l'hiver et l'été, mais aussi le lien entre les esprits souterrains avec qui il converse durant son hibernation et le monde solaire qu'il arpente debout, à la manière des hommes, durant l'été. L'ours est respecté, car il connait les mystères du monde. A la fois animal lunaire parmi les ombres d'hiver et animal solaire qui se gave de miel doré l'été. C'est de là que lui vient sa grande sagesse, et son pouvoir de prédiction ou de décision sur l'arrivée du printemps.
Comme la plante nourricière qui porte son nom, il disparait sans les tréfonds du monde souterrain chaque hiver, puis sort de sa tanière pour renseigner le paysan sur l'avancée du printemps:
"La veille de la saint-Blaise, l'ours sort de son antre. S'il y retourne en s'y lichant la patte, l'hiver nous reste encore quarante jours. S'il n'y retourne pas, les grands froids sont passés".(La saint-Blaise est le 11 février. Je ne développe pas ici, mais saint-Blaise est associé à l'ours, et est entre autre le patron des drapiers et cardeurs)
L'ours et les saisons: masculin (saint-blaise) et féminin (sainte-ursule)
L'ours symbole calendaire a deux visages: solaire en été et lunaire en hiver. Dans la symbolique mythologique, on associe le soleil à l'homme (qu'il soit dieu ou roi) et la lune à la femme (qu'elle soit fée ou sorcière). J'ai donc cherché le visage féminin de l'ours dans le calendrier, et je l'ai vite trouvé!
Si l'ours-homme est cité sous le couvert de saint-Blaise pour annoncer le retour du soleil, voilà qu'en automne, une certaine Sainte-Ursule (= petite ourse) est associée au dicton "A la saint-Ursule, le froid recule." (21 Octobre)
Sainte-Ursule, comme Saint-Blaise, est également patronne des drapiers, associée au "peigne", un objet magique que l'on retrouve d'ailleurs dans de nombreux contes et légendes. Le peigne carde la laine, participe à la création de ces manteaux qui nous protègent du froid, et démêle l'écheveau du destin ou les cheveux des fées. Quant aux drapiers et autres cardeurs, ils étaient les grands acteurs des foires médiévales, celles-là même où l'on procéda à de nombreuses arrestations d'hérétiques et où l'on exhiba des ours vaincus, un anneau dans les naseaux. Ursule est également patronne des jeunes filles (pures et vierges de préférence) et on la prie pour avoir une "bonne mort" au combat.
Si l'ours de printemps, celui qui mange de l'ail pour chasser les monstres tapis dans les ombres de l'hiver est masculin, en automne, il devient "Ourse", qui dans un dernier sursaut, fait reculer un bref instant l'arrivée de l'hiver.
Si l'ours-homme est cité sous le couvert de saint-Blaise pour annoncer le retour du soleil, voilà qu'en automne, une certaine Sainte-Ursule (= petite ourse) est associée au dicton "A la saint-Ursule, le froid recule." (21 Octobre)
Sainte-Ursule, comme Saint-Blaise, est également patronne des drapiers, associée au "peigne", un objet magique que l'on retrouve d'ailleurs dans de nombreux contes et légendes. Le peigne carde la laine, participe à la création de ces manteaux qui nous protègent du froid, et démêle l'écheveau du destin ou les cheveux des fées. Quant aux drapiers et autres cardeurs, ils étaient les grands acteurs des foires médiévales, celles-là même où l'on procéda à de nombreuses arrestations d'hérétiques et où l'on exhiba des ours vaincus, un anneau dans les naseaux. Ursule est également patronne des jeunes filles (pures et vierges de préférence) et on la prie pour avoir une "bonne mort" au combat.
Si l'ours de printemps, celui qui mange de l'ail pour chasser les monstres tapis dans les ombres de l'hiver est masculin, en automne, il devient "Ourse", qui dans un dernier sursaut, fait reculer un bref instant l'arrivée de l'hiver.
La fin annoncée des ours
L'ail des ours est une plante oubliée. Quant à l'ours, il a également perdu de sa superbe et de sa force symbolique au fil des siècles... Et lorsque l'on voit les débats houleux que provoquent les tentatives de réintroduction en montagne, on devine que l'animal n'est pas prêt de retrouver ses pouvoirs. De toute façon, qui aujourd'hui aurait besoin d'un ours pour prédire l'arrivée du printemps alors que les Monsieur ou Madame météo le font si bien, pilotés par satellites?
Pourtant, avec la fin de l'ours, c'est toute une part de rêve qui s'est évaporée de notre vie. Plus personne pour nous rapporter les mystères du monde souterrain. L'ours sage et mage n'a pas résisté. Le moyen-âge a lutté bec et ongles contre cet ours païen qui générait des pratiques hérétiques. On a cessé de l'écouter, puis on a cessé de le respecter. On l'a chassé, combattu, éradiqué. Cet animal qui marche debout est sans doute trop proche des hommes pour que l'on accepte de vivre en harmonie avec lui.
L'ours mené par un bateleur (oeuvre de saint-Augustin)
Si l'église a combattu les croyances populaires liées à l'ours, elle a toléré les montreurs d'ours, très présents dans les foires dès le XII ème siècle.
Pour quelques sous, on pouvait tenter sa chance, car "Quiconque peut chevaucher un ours pendant neuf pas d'un seul tenant sera affranchi de neuf paires de maladies"
Ce discrédit de l'ours mené tambour battant par l'église médiévale lui a été fatal. Le raconter mènerait trop loin, dans d'autres histoires, dans d'autres légendes, avec en toile de fond l'épopée de Saint-Martin. J'y reviendrais peut-être un jour, et Martin, grand christianisateur de nos campagnes, qui n'a eu de cesse de lutter contre les croyances populaires, féériques et païennes, a d'ailleurs donné son nom à l'ours que nous connaissons aujourd'hui: "Martin", l'ours de foire, celui que l'on dompte à coup de baguette et que l'on exhibe, un anneau dans le nez. Martin, l'ours ancêtre de nos petits "teddy bears", du nounours de notre enfance.

Cet article est aussi le fruit de recherches passées sur le bestiaire médiéval et d'associations d'idées personnelles qui suggèrent des pistes et produisent des hypothèses, pas des vérités (en particulier dans l'interprétation des dictons populaires en liaison avec l'ambivalence masculin/féminin de l'ours). J'ai dû procéder à de nombreux raccourcis pour condenser mon texte.
J'ai évoqué ici uniquement "notre ours", l'ours brun hôte des forêts, celui de "Boucle d'or" , de Saint-Gal et de la légende arthurienne. Le culte de l'ours existe dans de nombreuses autres cultures: germains, scandinaves, amérindiens, Japon, Chine, Russie, et bien sûr l'Arctique...
Pourtant, avec la fin de l'ours, c'est toute une part de rêve qui s'est évaporée de notre vie. Plus personne pour nous rapporter les mystères du monde souterrain. L'ours sage et mage n'a pas résisté. Le moyen-âge a lutté bec et ongles contre cet ours païen qui générait des pratiques hérétiques. On a cessé de l'écouter, puis on a cessé de le respecter. On l'a chassé, combattu, éradiqué. Cet animal qui marche debout est sans doute trop proche des hommes pour que l'on accepte de vivre en harmonie avec lui.
L'ours mené par un bateleur (oeuvre de saint-Augustin)Si l'église a combattu les croyances populaires liées à l'ours, elle a toléré les montreurs d'ours, très présents dans les foires dès le XII ème siècle.
Pour quelques sous, on pouvait tenter sa chance, car "Quiconque peut chevaucher un ours pendant neuf pas d'un seul tenant sera affranchi de neuf paires de maladies"
Ce discrédit de l'ours mené tambour battant par l'église médiévale lui a été fatal. Le raconter mènerait trop loin, dans d'autres histoires, dans d'autres légendes, avec en toile de fond l'épopée de Saint-Martin. J'y reviendrais peut-être un jour, et Martin, grand christianisateur de nos campagnes, qui n'a eu de cesse de lutter contre les croyances populaires, féériques et païennes, a d'ailleurs donné son nom à l'ours que nous connaissons aujourd'hui: "Martin", l'ours de foire, celui que l'on dompte à coup de baguette et que l'on exhibe, un anneau dans le nez. Martin, l'ours ancêtre de nos petits "teddy bears", du nounours de notre enfance.
Et si l'ours était encore là, quelque part? Si dans sa tanière, à cet instant précis, il continuait à se bercer en secret des murmures des esprits de la terre?...
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Sources:
Articles liés:
- L'ours dans l'iconographie médiévale: l'ours de l'Eglise Saint-Martin (Vertus, Champagne-Ardenne)
- L'ail des ours et insecte: macrophotographie d'un charançon balanin sur fleur d'ail des ours
- En savoir plus sur les ours: un fil du forum des babéliens consacré aux ours
- Un livre qui m'a aidée à rédiger la partie botanique de cet article: Secrets des plantes de Michel Pierre et Michel Lis
- Un livre dans lequel j'ai trouvé le dicton de Saint-Blaise et quelques autres informations: "Dans le sillage des Sirènes" de Michel Thiebaut (Casterman): livre d'histoire médiévale autour de la trilogie "Les compagnons du Crépuscule" de Bourgeon. Et la part de rêve de cet article est largement nourrie par cette bande dessinée que je relis régulièrement: "Les compagnons du Crépuscule".

- L'iconographie (hors photo) provient de wikipédia (illustrations tombées dans le domaine public)
Cet article est aussi le fruit de recherches passées sur le bestiaire médiéval et d'associations d'idées personnelles qui suggèrent des pistes et produisent des hypothèses, pas des vérités (en particulier dans l'interprétation des dictons populaires en liaison avec l'ambivalence masculin/féminin de l'ours). J'ai dû procéder à de nombreux raccourcis pour condenser mon texte.
J'ai évoqué ici uniquement "notre ours", l'ours brun hôte des forêts, celui de "Boucle d'or" , de Saint-Gal et de la légende arthurienne. Le culte de l'ours existe dans de nombreuses autres cultures: germains, scandinaves, amérindiens, Japon, Chine, Russie, et bien sûr l'Arctique...

L'ail des ours est très présent dans les forets semi-immergées des bords du Rhin : de vastes tapis blancs ignorés par les promeneurs. Mon APN s'en régale...
RépondreSupprimerTon long article est fort intéressant, l'ail des ours, l'ours et même ces Compagnons vieux de 20 ans (tu me donnes envie de relire la série) y sont montrés sous un jour neuf à mes yeux.
@ Darthmagus: Je ne suis pas vraiment surprise que tu ais lu "les compagnons" ;-) J'ai trouvé en Bourgeon un défenseur de "nos forêts", celles du nord, sombres, froides, lieux de passage de nombreux peuples que l'on a dit "barbares", asiles des exclus et des légendes. Et dès que je m'embarque à chercher le nom d'une plante, je m'emballe...
RépondreSupprimerTu as réalisé là un grand travail de recherche et de lecture et je me plais à découvrir dans ton écriture les réponses que je me posais.
RépondreSupprimerD'abord, je m'imaginais (et je continue à y croire) que les références à l'ours proviennent de la forme des fleurs qui ressemblent aux griffes de l'animal.
Ensuite, je préfère dans les bois l'odeur de l'ail au parfum du muguet, mon choix, mon goût plutôt, est dicté par les saveurs culinaires davantage que par les fragrances.
Je ne vais pas discuter davantage ton article qui est très complet mais j'aurai plaisir à le relire avec encore plus d'attention.
PS Durant mes dernières balades en forêt, j'ai en effet croisé beaucoup de sous-bois couverts d'ail des ours.
@ Monic: J'aime ton image de "griffes des ours", et je suis comme toi, pas du tout allergique à leur odeur.
RépondreSupprimerPour la longueur de l'article, à chaque fois je me fais piéger: je commence tranquillement, et de fil en aiguille, je déroule... ça me permet d'apprendre des tas de choses, et de me rafraichir la mémoire sur des sujets sur lesquels j'ai déjà lu pas mal de choses, mais que j'oublie si ça n'est pas entretenu...
Et j'adore ces histoires qui ont toujours plusieurs sources et ouvrent plusieurs portes!
J'aime beaucoup cette fleur. Son nom est étonnant et pourtant je trouve qu'il lui va à merveille.
RépondreSupprimerJ'ai presque la sensation que lorsque je vois cette fleur, un ours va surgir :) :)
Bien amicalement.
Véro
Je me suis régalée à lire cet article, qui m'a fait penser, par association d'idées, au roman de Arto Paasilinna Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen.
RépondreSupprimerTrès bien ton article.
RépondreSupprimerJ'ai découvert l'ail des ours ici en Suisse et c'est l'une des premières plantes comestibles à apparaitre dans les bois et aux abords des ruisseaux après la fonte des neiges.
J'en mange tous les jours quelques feuilles sur une tartine de pain tant qu'il y en a.
Pour ne pas le confondre avec le muguet, c'est comme tu dis l'odeur d'ail mais aussi noter que chaque feuille est individuelle alors que le muguet s'enroule en plusieurs feuilles comme un cône.
Merci pour ce blog, je reviendrai souvent
@ Marie: merci pour ce commentaire, et je ne connais pas ce roman, mais je vais aller voir ça de plus près.
RépondreSupprimer@ Isabelle: Merci à toi pour la visite, et à bientôt.