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| Musées de la ville de Reims: art, architecture, histoire |
Pour fêter la mise à jour toute fraîche de mon album "Reims Ville d'art", je viens de rajouter une nouvelle page culturelle dans mon port-folio consacrée aux musées de la ville de Reims. Vous y trouverez la liste des musées dans lesquels j'ai réalisé des séances photos, avec des liens pour chaque album, mais aussi les liens vers les sites de ces musées, ainsi que de ceux dont mon appareil photo n'a pas encore eu le bonheur d'arpenter les cimaises.
(Bientôt, d'autres lieux touristiques culturels (villages, autres villes de Champagne) viendront enrichir ma photothèque.)
Photographie d'oeuvres d'art: balade au musée
Lorsque je pars en expédition dans les dédales d'un musée, mon intention n'est pas de rapporter des photographies documentaires de chaque œuvre. La reproduction la plus fidèle possible d'une oeuvre est un travail que je respecte, mais qui exige souvent des conditions particulières: pouvoir travailler avec un trépied, éventuellement un aménagement de l'éclairage et le l'environnement proche de l'oeuvre. Des photographes sont spécialisés dans ce style de prise de vue, et c'est grâce à leur talent que nous pouvons découvrir objectivement des oeuvres au travers d'affiches, livres, cartes postales.Pour dire les choses clairement, je ne vois pas l'intérêt pour moi de rapporter une photo d'œuvre d'art "personnelle" qui sera le reflet à l'identique de celle qui se trouve au rayon cartes postales de la boutique du musée... en moins bien.
L'artiste sait que ses oeuvres ne lui appartiennent plus. Non pas en terme de droits d'auteur, mais dans le sens où il ne peut pas décider du regard que l'on portera sur son travail, une fois l'oeuvre exposée. Et c'est toute la richesse des œuvres d'art: chacun les regarde différemment, chacun s'émeut d'un détail propre. "Tous les goûts sont dans la nature", et si l'on prend le temps de contempler une oeuvre en laissant parler ses émotions, nous y verront tous une œuvre différente. C'est cette approche totalement subjective et émotionnelle qui m'intéresse, en photographie d'oeuvre d'art. Parfois, je morcelle mon sujet pour en dégager un détail, je m'apitoie sur cette sculpture emprisonnée dans une cage de verre, je souris en découvrant le contraste entre une sculpture de pierre millénaire et les reflets néon glacé qui courent au plafond. J'aimerais que ces morceaux de pierre inerte, que ces visages peints, prennent soudain vie, trouvent la liberté d'exister en dehors du carcan du musée, distillent de l'émotion et du plaisir.
Comment programmer une séance photo dans un musée?
Concrètement, si vous envisagez de photographier des œuvres d'art dans les musées, mieux vaut préparer votre visite, et éventuellement à téléphoner au préalable, pour poser des questions:- Tout d'abord, les photos ne sont pas autorisées partout. Musées privés, nationaux... Certains lieux opposent des restrictions, d'autres non.
- Il y a ensuite les œuvres récentes, qui ne sont pas encore tombées dans le domaine public: par respect pour les ayants-droits, les photos ne sont généralement pas autorisées.
- Enfin, renseignez-vous sur les collections (format, peut-on s'approcher...), les "heures creuses" du musée (moins de monde), sans oublier l'éclairage (conditions lumineuses). Car il vous faudra faire la plupart de vos photos à main levée, l'usage d'un pied n'étant généralement pas autorisé. A vous de choisir ensuite la journée favorable à votre séance photo en fonction des informations récoltées.
Photo d'œuvres d'art: contraintes et matériel photographique
- Côté focale, tout dépend des sujets photographiés, et de votre intention photographique. Personnellement, je cherche à faire de véritables "portraits" des oeuvres, qu'il s'agisse de tableaux ou de sculptures. Je privilégie donc une focale "naturelle" qui ne déforme pas les lignes, type 50 mm lumineux. Le grand angle permet lui aussi des approches très intéressantes. Évitez par contre les longues focales, qui sont moins lumineuses.
- Côté éclairage: pas de flash, pas de trépied ni même de monopode... Il ne reste qu'une solution: monter dans les ISO (mais pas trop) et ouvrir son objectif, avec pour conséquence une faible profondeur de champ et un fond flou. (D'où l'intérêt d'une optique lumineuse!)
- Et le filtre polarisant? Un filtre polarisant est un filtre qui se fixe à l'avant de l'objectif, et dont le but est de réduire les reflets. Cela semble bien utile, dans des environnements peuplés de cubes de verre... Pourtant, le filtre polarisant possède un défaut majeur: il fait perdre de la luminosité. Et si l'on parvient à gommer les reflets, on y gagne souvent un vilain bruit. Je ne l'utilise donc (presque) pas dans les musées, et je me débrouille avec les reflets. Et pour tout dire, j'aime jouer avec ces reflets! Ils font partie intégrante de certaines de mes images.
Quel matériel photographique? Je n'ai pas pour habitude de mettre en avant dans le blog la qualité du matériel photographique. Pourtant, pour la photo dans des musées aux éclairages parcimonieux ou variables, un boîtier qui gère bien les contrastes, qui peut monter dans les ISO sans trop bruiter, et un objectif lumineux permettront de réaliser des images avec une netteté et un bon piqué, même en plein format.
Cadrage et composition:
- Cadrage: Dans les musées, le cadrage doit être particulièrement soigné. Il faut faire avec de nombreuses contraintes, en particulier si l'on souhaite occulter certains éléments, comme les petits cartons informatifs placés à proximité des objets. Il faut de l'imagination, parfois se contorsionner pour trouver le bon angle, parfois renoncer. Il est bien sûr toujours possible de supprimer les étiquettes indésirables à grand coup de photoshop magique. Mais c'est beaucoup moins drôle... Et comme je l'évoquais dans mon article sur le musée de l'automobile, la contrainte est un excellent stimulateur de notre imaginaire. Alors, autant faire avec, et chercher l'approche imprévue. Ne pas oublier de prendre en compte dans son cadrage toutes les lignes d'arrière-plan: un bord de cadre, un chambranle de porte... Autant de lignes de construction qui doivent servir d'écrin à votre sujet, et s'intégrer dans votre composition.
- Composition: Si l'on veut un portrait classique d'une œuvre, on trouvera sans doute son bonheur au rayon carte postale. Alors, autant se détacher de ces portraits classiques, et oser. Cherchez à donner un sens à votre image, exploitez les contrastes (pas lumineux, mais les contrastes de texture, d'époque...), jouez avec les symboles et mettez en scène vos sujets comme s'ils étaient animés. Tout est permis, ces œuvres sont là pour nous faire rêver. Inutile de les condamner à passer de leur cage de verre étouffante au cadre strict d'une photo documentaire classique. Comment oser? Tout simplement en laissant s'exprimer l'émotion, et en vous approchant de votre sujet avec une véritable intention photographique nourrie par cette émotion.
Autant dire que la photo d'œuvre d'art est pour moi assez éprouvante: l'émotion, c'est quelque chose qui vous malmène, qui vous emmène ailleurs, qui vous vide l'esprit. Je suis incapable de réaliser des photos à la chaîne. Je parcours les lieux et j'attends d'être happée par une œuvre. Je m'approche, je tourne autour, j'y reviens parfois plus tard. Pendant ce temps, je suis aveugle aux autres tableaux ou objets. Pas assez d'énergie pour porter un regard neuf sur toute une collection. Et je préfère m'immerger dans quelques œuvres, plutôt que de papillonner en surface d'une collection entière.
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| Cette sculpture se trouvait là, toute seule et un peu perdue devant sa fenêtre. J'ai excentré le sujet, pour renforcer ce sentiment de solitude. Son visage est tourné vers le bord de l'image, ce qui l'"enferme" et provoque un sentiment d'emprisonnement, renforcé par les barreaux des fenêtres en arrière-plan.(Une photo à retrouver en plus grand format dans l'album "musées de Reims" - Musée des beaux-arts) |
Tri et post-traitement:
Un dernier mot sur le tri et le post-traitement des images:Plus encore qu'en photo nature, j'ai besoin de laisser reposer mes photos avant de trier. Je crois que c'est parce-que le sujet est trop dans l'émotion. Si je visualise mes photos juste après la visite, impossible d'y porter un regard objectif, car je suis encore sous l'influence de l'émotion suscitée par l'œuvre elle-même. J'ai donc pris l'habitude de laisser dormir plusieurs semaines mes photos. J'y reviens tranquillement, souvent en plusieurs fois, parfois des mois plus tard.
Et une fois les photos sélectionnées, il faut les post-traiter. Les conditions lumineuses sont rarement idéales, il est donc nettement préférable de développer des fichiers raw plutôt que des fichiers jpeg. Vous pourrez ainsi ajuster en particulier votre balance des blancs.
Une remarque au sujet des poussières: si vous photographiez un objet placé derrière une vitrine, il peut arriver que votre image présente toutes les poussières de cette vitrine! Il faudra donc procéder à un dépoussiérage soigneux dans votre logiciel de retouche.
Cela faisait un moment que cet article me trottait dans la tête. L'une des pages les plus visitées de mon blog est "L'oeuvre d'art devient la muse d'un 50 mm" (certains habitués en seront sans doute surpris... mon blog est plutôt nature. Il faut croire qu'art et nature font décidément bon ménage, et tant mieux!). Alors, j'ose espérer que cet article vous sera utile, à vous, visiteurs silencieux, mais aussi à ceux qui d'habitude, traquent plutôt les libellules et les papillons.
Sur le même sujet: séance photo au musée de l'automobile (Reims Champagne)
Très bonne fin de semaine à tous, au musée ou ailleurs!
Quant à moi, un rayon de soleil me tape à l'instant sur l'épaule... Enfin l'occasion d'une belle balade photo aux couleurs de l'automne!


Bonjour Cathy :
RépondreSupprimerTon article sur les photographies au musée me fait "tilt" !
En effet, j'ai eu la chance de participer à une journée spéciale au Muséum de Toulouse : 30 photographes amateurs avaient le droit, pour une journée, de tout photographier : le petit plus autorisé : le trépied (très sombre, le muséum !)
A la clé, petit concours organisé et remise des prix dimanche prochain. (j'ai pas été retenue... mais on fera mieux la prochaine fois !)
Suis pas encore très au point dans les salles obscures !
Pour l'occasion, j'ai ouvert une petite galerie dans Flickr (pour pouvoir participer au concours) !
Voici l'adresse :
http://www.flickr.com/photos/christineeeee/
Une bonne réserve de photos pour mon Ardoise !
Biseeeeeeeeeeeeeees de Christineeeee
Bravo Cathy pour ton article très complet dans sa forme et riche de ta sensibilité. Je m'intéresse peu au sujet et tu as su capter mon attention.
RépondreSupprimerJ'apprécie ton approche subjective et personnelle de la photo d'oeuvre d'art. Cette façon d'envisager ce genre de photo est pour moi vraiment attrayante mais pas si simple à apprivoiser et à maîtriser. J'aime beaucoup la première photo de ton article!
RépondreSupprimerTrès bel article et très intéressant. J'ai été agréablement intéressée par la partie sur le 'maturage' des photos et tu as raison, il faudrait être moins impatient à visualiser de suite ses photos, et y revenir plus tard, pour avoir un regard plus objectif. Merci Cathy pour ton partage!
RépondreSupprimerConcernant le filtre polarisant, il me semble que les modèles communs perdent 3% de luminosité, ce qui n'est pas dramatique en soi. En revanche, je reste un peu surpris qu'ils ajoutent du bruit à l'image. De fait, ça pourrait me poser problème dans certains cas de figure. Notamment avec mon 17-40mm L non stabilisé quand je monte les ISOs pour déclencher à main levée. En effet, utilisant le polariseur pour le paysage, je le laisse en tant que protection quand il n'est plus indispensable (reportage).
RépondreSupprimer@ Christineeeee: ça a dû être une belle expérience! Demain, je prends le temps de visiter ton album.
RépondreSupprimer@ Darthmagus: Merci :-)
@ Spiruline: Je suis toujours en pleine recherche... et parfois, ça bloque: impossible de sortir une image d'une oeuvre que j'adore.
@ Titane: On fait rarement un "bon" tri à chaud, et pour moi, c'est encore plus vrai en photo d'oeuvres d'art. Prendre son temps fait partie du processus, je crois.
@ Raf: En général, on perd un diaph ou un cran en vitesse. En fait, ça n'est pas le filtre polarisant lui-même qui peut générer du bruit (je crois), mais plutôt la pose plus lente ou la montée en ISO conséquentes, en particulier dans les zones d'ombres.
A faibles ISO et vitesse pas trop lente, aucun problème pour utiliser un polarisant.
Le bruit varie d'un APN à l'autre (avec des constantes: plus prononcé dans les ombres, en pose lente, ou en montée en ISO). Il faut connaitre son boitier: avec mon précédent boîtier, j'obtenais de meilleurs résultats en pose + lente, et sans monter en ISO. Avec mon boîtier actuel, il vaut mieux que je monte en ISO, avec une vitesse plus élevée.