La photographie en hiver: lutte contre le froid, la neige et l'humidité!
En hiver, on hésite davantage à sortir. Pourquoi aller se geler à chercher quelques photos que l'on n'est même pas sûr de trouver, alors qu'il fait si bon au coin du feu? Si comme moi, vous ne parvenez pas à maitriser ce tic nerveux qui pousse votre index à appuyer sur un déclencheur même en hiver, voilà quelques conseils et précautions à prendre pour que la sortie photo d'hiver devienne un réel plaisir.Les deux "points noirs" de la photo en hiver sont le froid et l'humidité, dont les deux victimes potentielles sont le photographe et l'APN. Il convient donc de protéger notre organisme aussi bien que notre boîtier.
S'habiller en conséquence:
Collants ou caleçons longs, grosses chaussettes, bottes fourrées type après-ski, pantalon si possible étanche, ou encore le fin pantalon de K-way passé au dessus d'un pantalon chaud, pantalon de ski... Tout est permis et même recommandé, particulièrement si vous pratiquez la macro ou la proxi hivernale: si le photographe de paysage est un grand marcheur et peut se réchauffer, le photographe macro s'oublie longtemps dans la contemplation de cristaux de glace ou d'une plaque de mousse. Ce n'est que lorsqu'il se relève, qu'il se rend compte que ses orteils sont littéralement congelés. Et je ne parle pas des courageux photographes animaliers qui pratiquent l'affût!
Dans tous les cas, pensez que l'air est un très bon isolant: n'hésitez pas à superposer les couches de vêtements: des caleçons et sous-vêtements moulants (vive le retour du bon vieux sous-pull années 70!), puis des vêtements respirants (si possible) par dessus.
Après les pieds, place aux mains: là encore, mieux vaut avoir les doigts tièdes et souples pour déclencher. Plus facile à dire qu'à faire! Les moufles tiennent plus chaud, mais il faut les enlever pour faire la photo. J'ai fini par trouver une solution qui me permet de résister au froid de Champagne: de fins gants de soie et une grosse paire de mitaines par dessus. Lorsque je photographie, je n'ai pas besoin de retirer les gants pour faire ma mise au point manuelle. Il existe également des moufles dont l'extrémité s'ouvre pour devenir des mitaines, et qui peuvent elles aussi être couplées avec les gants de soie. Là encore, si le temps est humide, privilégiez les matières qui n'absorbent pas cette humidité.
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| Les moufles qui deviennent des mitaines. De préférence dans des matières moins absorbantes que celle de la photo. |
Je termine ma rubrique "mode et photographie nature en hiver" par les classiques parka, bonnet, écharpe: encore des matières chaudes, respirantes, étanches, et pas de matières qui retiennent trop l'humidité, qu'elle provienne de la transpiration ou du climat. Une astuce? J'ai fait une découverte au rayon "randonnée" ou "cyclisme" d'un grand magasin de sport bien connu: des pulls et des anoraks avec le poignet qui vient recouvrir la moitié de la main, un trou permettant de passer le pouce: une protection tout à fait adaptée aux photographes, qui maintient l'intérieur de la paume au chaud et me permets de me passer de gants, ou de me contenter des fins gants de soie tant que le froid reste modéré.
Où trouver tout ça? Il y a bien sûr les classiques grands magasins de sport ou de randonnée, bien implantés en ville. Mais vous pouvez également dénicher des vêtements adaptés dans les coopératives agricoles et magasins plutôt à destination des chasseurs, pêcheurs et agriculteurs, dans des petites villes et villages de régions encore rurales: mitaines, vêtements multipoches... (hélas, mesdames, ces magasins proposent surtout des vêtements masculins, et pas de petites tailles...)
Chasse et revue de mode hivernale: pensez fluo!
Une dernière parenthèse qui concerne l'un des "dangers" de la photo nature en hiver, bien connu par les photographes animaliers: la présence sur le terrain de chasseurs.Dans certains cas, en particulier lorsque les chasseurs investissent une forêt pour la "chasse au gros gibier", mieux vaut rebrousser chemin et renoncer à votre sortie photo. J'ignore ce qu'il en est ailleurs, mais dans "mes forêts", des panneaux informent de la présence d'une chasse et invitent à quitter les lieux (et le calendrier de ces chasses est d'ailleurs affiché dans les villages: on peut donc prévoir nos sorties). La chasse en plaine, au "petit gibier" est plus discrète (et moins dangereuse pour le promeneur ou le photographe). Si vous pensez que le lieu de votre sortie photo peut être également un terrain de chasse, n'hésitez pas à revêtir un gilet fluo orange ou jaune (type gilet que l'on a dans sa voiture - Les chasseurs eux-mêmes le font).
Protéger son boîtier du froid et de l'humidité:
Vous voilà donc paré pour une longue balade sans risque de congélation. Seulement, reste à savoir si votre boîtier sera d'accord pour vous suivre jusqu'au bout du monde!
Le froid sera son premier ennemi: plus les températures sont basses, plus la batterie risque de vous lâcher. Pensez donc à vous munir d'une ou plusieurs batteries de rechange, et placez-les dans une poche intérieure pour qu'elles se maintiennent à la chaleur de votre corps. (Personnellement, je me contente de deux batteries par sortie, mais tout dépend de votre matériel, et du froid.)
Vient ensuite un ennemi beaucoup plus sournois que le froid: il s'agit de l'humidité. En effet, les APN sont bourrés d'électronique, et l'humidité peut causer des dommages irréversibles.
Il y a tout d'abord l'humidité directe, qui peut menacer votre boîtier: neige, brouillard, pluie... Plus le boîtier est haut de gamme, plus il a des chances d'être "tropicalisé": un boîtier tropicalisé ne craint pas les intempéries, mais il faut alors que l'objectif le soit aussi!
Si votre boîtier n'est pas prévu pour les "sorties humides", il vous faudra être particulièrement prudent. Quelques gouttes ne vont pas forcément le mettre en péril, mais mieux vaut ne le sortir qu'au sec (par exemple, dans un affût, ou à l'abri d'une voiture). Autre solution: le protéger avec une housse étanche du commerce ou faite maison (toile plastique fixée avec du scotch type gaffer).
Vous vous êtes chaudement arnaché pour votre sortie photo, votre appareil aussi bien protégé que vous, et vous avez même réussi quelques jolies vues. Attention, ça n'est pas le moment de vous relâcher! Car le plus grand risque pour votre APN reste à venir: la condensation lorsque vous rentrerez dans la douce chaleur de votre foyer! Il faut absolument protéger les APN des chocs thermiques, car ceux-ci provoquent de la condensation sur l'électronique. La meilleure solution? Rangez votre boîtier dans votre sac à dos avant de rentrer, et laissez-le tranquillement se mettre à température ambiante (selon la température extérieure, parfois plusieurs heures).
La photographie par temps de neige: gare aux sous-expositions!
Un dernier petit mot sur la photo par temps de neige: je ne développerai pas le sujet, car je suis loin d'être une spécialiste. Ici, les flocons sont denrée rare... La photo de paysage sous la neige présente toutefois une caractéristique: cela crée des images... blanches! Et si vous avez réglé votre APN en automatique ou semi-automatique, toute cette blancheur trompera le cerveau de votre boîtier. Je n'entrerai pas dans les détails, mais vous avez toutes les chances de vous retrouver avec une neige non pas blanche mais grise, votre image sera sous-exposée. Lorsque vous photographiez une scène trop blanche, pensez donc à sur-exposer votre image (grâce à la molette de surexposition, par exemple). Le même conseil, mais inversé, s'applique d'ailleurs aux photos de scènes très sombres: l'écorce noire d'un arbre demandera au contraire une sous-exposition.
Cet article n'est rien d'autre que le partage de mon expérience. Et si les hivers de Champagne sont toujours trop froids et trop longs, cette saison est bien plus rigoureuse ailleurs. Alors, si vous affrontez de tels hivers, n'hésitez pas à distiller vos conseils pour corriger ou compléter ce billet.
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Bonjour Cathy,
RépondreSupprimerje te remercie pour tes explications. Je confirme qu'il faut être très attentif aux problèmes de condensation, même avec un boîtier de qualité.
Quant au chien roux du début, il est magnifique sur ta photo. Et "en vrai", je sais qu'il est très beau aussi.
Bonjour Cathy,
RépondreSupprimerTout ce qui capte mon attention, c'est le regard tendre de ton chien :)
Un fort joli blog Bravo!!
RépondreSupprimerChez moi il ne fait pas si froid : 22° dans l'appartement sans chauffage et dehors plus de 10 la journée et plus de 5 la nuit mais je prend note de la technique
RépondreSupprimerLe chien me fait penser au chien de Toulouse Lautrec vu à Albi
Amitiés
Merci à tous pour vos commentaires, Finn en sera fier ;-)
RépondreSupprimerMerci Olivier pour ta visite.
Bonsoir Cathy!
RépondreSupprimerJe souris en lisant ton article, car je me suis posée toutes ces questions lorsque 50 cm de neige nous sont tombées sur la tête il y a une semaine.
Alors, ni une ni deux, j'ai décidé que je ne sortirai pas avec mon boîtier. Je me suis amusée à préparer des affûts depuis les fenêtres, bien à l'abri, et pour cet hiver, je vais pouvoir attendre des heures... bien au chaud, une tasse de thé à proximité... que les visiteurs ailés et non moins ailés s'approchent de la maison.
Non mais, des fois!
@ Monic: Je te comprends. J'ai aussi du mal à sortir: s'arnacher en cosmonaute, affronter le froid...
RépondreSupprimerPourtant, une fois dehors, je trouve ça plutôt vivifiant, surtout lorsqu'il y a un beau tapis blanc.